joseph Bialot

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

joseph Bialot

Message  bergamote le Mer 8 Avr 2015 - 13:17

Joseph Bialot (Joseph Bialobroda1), né à Varsovie le 10 août 1923 est un écrivain français et survivant de la Shoah. Il est mort à Paris le 25 novembre 20122.
Biographie

Juif polonais d'origine, sa famille s’installe en France en 1930 dans le quartier de Belleville. En 1940, il est victime de l'exode et se réfugie à Bordeaux, à Pau, puis dans la région lyonnaise où il est tour à tour paysan, apprenti ébéniste, puis étudiant à l'Institut commercial de Grenoble et employé à Roanne. Il deviendra résistant, mais piégé par un contrôle d'identité, il sera arrêté à Grenoble le 25 juillet 1944, déporté depuis la gare de Bobigny vers Auschwitz par le Convoi No. 78 en date 11 août 1944, puis libéré par l’Armée rouge en janvier 1945.

De retour à Paris en mai 1945, il rejoint l'entreprise de prêt-à-porter de ses parents, miraculeusement retrouvés. En 1969, il passe une licence de psychologie à l’Université de Paris VIII (Vincennes). Son premier roman, il l’écrit à l’âge de 55 ans. Le Salon du prêt-à-saigner obtient le grand prix de littérature policière en 1979.
Ses récits respirent le vécu, ses personnages sont des êtres simples. Piéton de Paris, Joseph Bialot fait de la ville l'héroïne de ses romans avec le quartier du Sentier (Le Salon du prêt-à-saigner) ou Belleville (Babel-ville). S’il est connu pour son humour noir et aussi dévastateur que la violence de certains de ses personnages, Bialot dépeint avec beaucoup de tendresse et d’émotion les petites gens dans leur vie quotidienne.
Après avoir attendu plus de cinquante ans pour le faire - « Il m’a fallu plus de vingt-cinq ans et une psychanalyse pour réussir à sortir du camp », dit-il lui-même -, Joseph Bialot publie en 2002 le témoignage de sa déportation C'est en hiver que les jours rallongent, devenant ainsi l'un de ceux qui ont le mieux su rendre compte du traumatisme laissé par l'expérience concentrationnaire. Qui donc a écrit que les « rescapés des camps hitlériens étaient des revenants, dans le sens du mot "spectres" »? Deux des livres qu'il a publiés, La station Saint-Martin est fermée au public et C'est en hiver que les jours rallongent, sont des textes écrits en hommage à ceux qui n'ont pas su "re-vivre", une fois revenus des camps de la mort.
Il se consacre également à deux sagas historiques Le Vent du Sud et surtout Le Semeur d'étincelles, vaste fresque sur les luttes ouvrières depuis la Commune jusqu'au début des années 1950.

En 1999, il inaugure une série policière ayant pour héros récurrent Jean-Loup Fresnel, surnommé Loup, un ancien policier qui porte un masque après avoir été défiguré au chalumeau par un tueur et dont les récits sont narrés par le capitaine Valentin Welsch, chef d'une brigade parisienne à laquelle l'homme masqué prête main-forte.

En 2005, il choisit de parler de son enfance dans Belleville Blues. Retour au roman historique quand paraît, en 2009, son ouvrage 186 marches vers les nuages qui évoque des événements peu connus de laSeconde Guerre mondiale, comme la mort de milliers de déportés des camps de Neuengamme et du Stuthof embarqués de force par les SS sur des navires qui seront coulés par la Royal Air Force. Il rappelle aussi les crimes de guerre nazis commis contre des prisonniers de guerre à Mauthausen, captifs assassinés sur les 186 marches de la carrière de granit du camp. Son personnage central, Bert Waldeck, fait partie des antinazis qui par leur attitude ont sauvegardé un peu d'humain dans l'Allemagne des années 1933-1945.
Son dernier roman historique À la vie ! est une saga se déroulant de 1871 à 1948, retraçant l'histoire d'une famille d'imprimeurs de Belleville, les Mongeon, au travers des grands événements de la fin du xixe - début du xxe siècle, des assauts versaillais contre la commune de Paris à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en passant par les tranchées de la Première Guerre mondiale, la Révolution russe, les Années folles, la montée du nazisme et la Guerre d'Espagne.


Romans policiers

Série LoupNursery Rhyme, Seuil,
Points no 640, 1999
• Ô mort, vieux capitaine, Seuil, Points no 707, 2000
• Le Sténopé, Seuil, Points no 756, 2000
• Numéro 10, Seuil, Points no 883, 2001

Autres romans policiers


Le Salon du prêt-à-saigner, Gallimard, Super noire no 110, 1977 ; réédition Série noire no 1749, 1979 ; réédition Carré noir no 548, 1985 ; Folio policier no 114, 2000.
• Babel-ville, Gallimard, Série noire no 1745, 1979.
• L'annonce faite à Matcho, en collaboration avec Claude Courchay, Gallimard, Série noire no 1847, 1981.
• Matcho et les fourmis blanches, en collaboration avec Claude Courchay, Gallimard, Série noire no 1873, 1982.
• Sigmund Fred ne répond plus, Denoël, coll. Sueurs froides no 10, 1982.
• Rue du Chat Crevé, Gallimard, Série noire no 1903, 1983.
• Le Manteau de Saint-Martin, Gallimard, Série noire no 1994, 1985.
• Un violon pour Mozart, Gallimard, Série noire no 2184, 1989.
• La Nuit du souvenir, Gallimard, Série noire no 2215, 1990.
• Le Royal Bougnat, Gallimard, Série noire no 2239, 1990.
• Les Bagages d'Icare, Gallimard, Série noire no 2259, 1991.
• La Main courante, Fleuve noir, coll. Crime no 47, 1994.
• Vous prendrez bien une bière, Gallimard, Série noire no 2443, 1996.
• Route Story, Gallimard, Gallimard, Série noire no 2503, 1998.
• La Chronique de Montauk Point, Seuil, 2004.
• Java des bouseux, Suite noire no 10 aux Éditions La Branche, 2006.
• La Ménagerie, Rivages/Noir no 635, 2007.
• Le jour où Albert Einstein s'est échappé, éditions Métailié, 2008.
• L'Héritage de Guillemette Gâtinel, Rivages/Noir no 821, 2011.
• Le puits de Moïse est achevé, Rivages/Noir no 888, 2012.
Série Le Vent du Sud
• Élisabeth ou le Vent du Sud, Belfond, 1988.
• Judith, Belfond, 1990.
Série Le Semeur d'étincelles
• Le Semeur d'étincelles, Seuil, 1996.
• La Gare sans nom, Seuil, 1998.

Autres romans historiques
• 186 marches vers les nuages, éditions Métailié, 2009
• À la vie !, éditions La Manufacture de Livres, 2010.

Textes hommagesC'est en hiver que les jours rallongent, Seuil, 2002.
• La station Saint-Martin est fermée au public, Fayard, 2006.
• Votre fumée montera vers le ciel (nouvelle édition de C'est en hiver que les jours rallongent), éditions Archipels, 2011.

Recueil de nouvelles[
• 8,20 g de cholestérol, éditions Fayard, 2006.


J’ai lu 186 marches vers les nuages


On ne peut pas dire que c'est un roman drôle, mais il est tellement bien écrit qu'il ne fait pas "gore" non plus. Pourtant que d'atrocités décrites, de maltraitances dans les camps de la mort!.
Après avoir subi le pire dans ces camps, Bert survit.

Mais hélas, ces morts qui ont été son quotidien, ces exactions qu'il hait, il ne peut rien faire pour oublier. Alors, il va vivre avec mais en sachant que les nazis, les ss, les savants pourront encore continuer, car pour des raisons "politico-militaires", on ne va faire beaucoup d'efforts pour les retrouver. Au contraire, les autres pays vont se les accaparer pour s'en servir aussi ...

Beaucoup de raison pour Bert, de ne plus se retourner et d'avancer pour lui, que pour lui.
Un bel hommage rendu aux prisonniers, à leur courage sous les coups des assassins.

Une révolte contre ces mêmes assassins.

Voilà ce que j'ai compris de ce roman qui m'a fortement impressionnée.
avatar

bergamote
Le sage ArtiLittere


http://mariechevalier.over-blog.fr/

Revenir en haut Aller en bas

Re: joseph Bialot

Message  Sapho le Jeu 9 Avr 2015 - 16:21

Je n'ai lu qu'un livre de lui intitulé : la ménagerie

J'ai énormément apprécié son humour décalé !

RESUME


Malo Rottweiler, dit " le chien ", règne sur la ménagerie, une unité d'enquêtes spéciales de la police judiciaire. Au sein de l'équipe, baptisée ainsi par son ex-patron " Loup " Fresnel, chacun a sa fonction et son surnom. Pour l'heure, la ménagerie est en deuil car Loup a été retrouvé assassiné d'une balle dans le dos, non loin du pavillon de banlieue où il avait pris sa retraite. Pour le capitaine Rottweiler, c'est comme si son père était mort. Il a une dette envers son ancien patron et le meilleur moyen de la payer, c'est de retrouver son meurtrier. Une quête qui va l'emmener très loin, dans les profondeurs du passé, à une époque où personne n'était innocent. Cette histoire policière menée tambour battant débouche sur un paysage noir et désenchanté, rehaussé par une verve et un humour constants.


Joseph Bialot écrit serré. Les mots se suivent comme les balles d’une rafale. Et font des dégâts. Les policiers portent des totems comme des scouts. Des animaux violents, à l’image du héros, Rottweiler – son vrai nom – surnommé « le chien ». Une ménagerie en pagaille depuis que « Loup », l’ancien patron de l’équipe, a été assassiné. A partir de là, une enquête aux pistes brouillées. Un passé flou dont il faut préciser l’image. Et, pour tenir le coup, quantité de CRS : citron, rhum, sucre. Les catastrophes succèdent aux catastrophes. Le rythme tient en haleine. Un bon polar où toutes les ficelles du genre sont présentes, masquées par mieux que du savoir-faire.
avatar

Sapho
Le sage ArtiLittere


Revenir en haut Aller en bas

Re: joseph Bialot

Message  bergamote le Jeu 9 Avr 2015 - 17:16

Oui Sapho, je l'ai lu aussi "la ménagerie "

j'en disais cela

J’ai trouvé ce roman formidable et  je reconnais être séduite par l’écriture de cet auteur.
Ce labyrinthe d’histoires enchevêtrées et la recherche de la vérité du « chien » nous emmène dans des chemins sans issue.  Nous cherchons en même  temps que le « Chien » qui a  pu tuer « Loup » ?
Jusqu’à la fin, on attend :  de pistes en pistes nous arrivons enfin au dénouement. On a envie de dire : Ouf !
C’est d’ailleurs ces dernières  pages qui m’ont un peu lassée : un peu trop long  peut-être ?
Bref, il n’empêche que c’est un bon polar à recommander.


je crois que nous avons le  même ressenti sur  ce roman et son auteur, dru, serré et il nous garde en haleine  !
avatar

bergamote
Le sage ArtiLittere


http://mariechevalier.over-blog.fr/

Revenir en haut Aller en bas

Re: joseph Bialot

Message  bergamote le Jeu 9 Avr 2015 - 17:19

et puis que l'on est dans Bialot
le troisième roman que j'ai lu est :

La nuit du souvenir

4 ème de couverture :

Rescapé des camps de la mort à vingt ans, Lucien Perrain a reconstruit sa vie. Il possède une entreprise florissante et adore son petit-fils qui symbolise, pour lui, sa victoire sur la mort. Jusqu'au jour où le garçon est enlevé. Pas question pour Lucien Perrain de payer la rançon exigée par les ravisseurs. Il s'est juré, en sortant des camps, que plus personne n'aurait de pouvoir sur lui. L'attaque étant la meilleure des défenses, Lucien va montrer les dents. Il prend l'offensive, quitte à entreprendre un voyage au fond de la mémoire qui pourrait bien le mener, de nouveau, en enfer.

Mon avis :

J’ai lu deux romans de cet auteur et la nuit su souvenir est mon troisième. J’y ai retrouvé sous couvert d’une histoire de kidnapping d’un jeune garçon, la plume alerte et sans fioriture de Bialot.
Cette histoire tout en racontant les angoisses d’un grand-père prêt à tout pour retrouver son petit-fils mélange souvent les souvenirs de cet ancien prisonnier. Il se souvient et en même temps vit le présent. Très bien harmonisées ces deux époques se complètent parfaitement. J’ai beaucoup aimé.


je pense que je vais de nouveau regarder les titres et m'en procurer au moins un à ma prochaine commande! Very Happy
avatar

bergamote
Le sage ArtiLittere


http://mariechevalier.over-blog.fr/

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum