Bernard Clavel

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Bernard Clavel

Message  bergamote le Dim 26 Avr 2015 - 14:44


Bernard Clavel,
né le 29 mai 1923 à Lons-le-Saunier, mort le 5 octobre 2010 à La Motte-Servolex, et inhumé à Frontenay,


Elève peu studieux, il entre en apprentissage chez un patissier à l'âge de quatorze ans, expérience qui le marquera à tout jamais. Il pratique ensuite de nombreux métiers et commence alors à peindre et à écrire, mais personne ne le prend au sérieux.

Il détruit même ses romans, poèmes et nouvelles jusqu'à 'L'ouvrier de la nuit' en 1956. Encouragé alors par de nombreux écrivains dont Marcel Aymé et Hervé Bazin, il continue d'écrire. En vingt-sept années, il publie cinquante livres, traduits dans une vingtaine de pays. Bernard Clavel a reçu plus de vingt prix littéraires dont le Prix Goncourt pour 'Les Fruits de l'hiver' en 1968. Il est élu à l'Académie Goncourt en 1971 mais démissionne six ans plus tard.

Mais l'écrivain est aussi membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. Son oeuvre se caractérise par une observation aïgue du monde qui l'entoure. Ecrivain prolifique, il a écrit plus d'une centaine d'ouvrages dont ses grandes fresques 'La grande patience', 'Le royaume du nord' et 'Les colonnes du ciel'. Grand homme de la littérature, Bernard Clavel marque les esprits de la plupart des lecteurs par ses grandes fresques.

Le tambour du bief
Les  passagers du rhone
L’hercule sur  la  place
Malataverne  
L’espion aux  yeux verts  

Le silence des armes  
et  plusieurs  grandes Sagas  sur  le grand  Nord  entre  autres
Les grands  malheurs  
Etc  etc  etc..



Les grands malheurs
l




Histoire d’une famille de vignerons déchirée par deux  guerres avec sa  panoplie, d’horreur, de rancœur, de  douleur et de  tristesse. Mais  par-delà ces faits, un homme, Eugène, blessé et gazé  en 1914,  attaché  à sa vigne qui  croit encore que Pétain va  sauver  la  mise  lors de  l’annonce de  la seconde  grande guerre.
Comme toujours Bernard Clavel, avec ses  mots  à lui, simples mais tellement plein d’humanité,  nous touche en nous faisant  partager  l’horreur des ces guerres et la dure vie de ceux qui ont survécu à tous ces drames.
Ce roman n’est  pas triste, i l est  malheureusement réaliste et  plein du bon sens des vignerons attachés  à leur terre, de  la sagesse de beaucoup et  du courage de tous ces gens  qui sont  pauvres mais dignes.
Du grand  Clavel comme d’habitude

Un mot de  l’auteur sur  la  4 ème de  couverture :

« Je suis  un vieil homme  habité par  la guerre. Chaque fois que  j’ai cru l’avoir distancée, un événement est survenu qui l’a lancée à mes trousses. Vieille  bête  hargneuse, elle  me suit  à la trace et  ne cesse de grogner à mes  pieds… »
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Re: Bernard Clavel

Message  Arun le Dim 26 Avr 2015 - 14:52

Merci Berga ! J'apprécie cet auteur tant par ses démarches politiques que par l'être humain ! je note, histoire d'allonger ma liste Smile


"Le mouton n'a pas mangé la rose et le Petit Prince n'est pas mort"

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Re: Bernard Clavel

Message  bergamote le Dim 26 Avr 2015 - 17:02

j'ai toujours été une fan de Bernard Clavel depuis toujours. Avant ils nous passaient des téléfilms s'inspirant de ses écrits, je n'en ratais pas un.
je vais  sur ce fil mettre quelques  ajouts  hors ressentis de lecture  concernant  Monsieur Bernard Clavel pour vous dire à quel point  je l'appréciais. A ce propos nous avions fait un petit jeu sur GDS  où nous devions  parler de notre rencontre avec un grand auteur  j'avais choisi Bernard Clavel , s'en est suvie une idée de correspondre avec lui et  comme  je l'admirais  j'ai fait le nécessaire que je vous  joins  


Voici mon texte:


J’ai écrit  une  petite  nouvelle en essayant  d’imaginer une rencontre avec ce grand  bonhomme :


Marie, se fraya  soudain un passage dans  la foule et  se retrouva  devant  un grand  bonhomme, plus  jeune  du tout,  mais des yeux  pétillants de  malice:

-  Alors jolie  dame  ou courez-vous si vite ?   dit-il en la recevant dans ses bras. Il faut dire que Marie avait tout fait  pour cela, car  elle avait exceptionnellement  mis des talons très  hauts et  complètement  instables. Mais qu'il lui fut doux de se retrouver dans  les bras de celui qu'elle vénérait  et admirait depuis toujours.
Elle bégaya  un :

- Désolée !

Qui ressemblait  plutôt  à un croassement, en ne quittant pas des yeux  Bernard Clavel, car c'était  lui, oui, enfin, l'idole de  Marie était là devant  elle !Oh  bien  sûr, il avait  pris quelques rides  mais elle  retrouvait son sourire et en était toute  chavirée!

- Monsieur  Clavel ?  m'accorderiez-vous quelques  minutes?  je  voudrais tant  vous dire  mon admiration !
- Pas trop longtemps,  jolie dame  car  on m’attend.
-  Je voudrais simplement  vous dire que  j’ai toujours été  passionnée  par  vos écrits, et  j’ai suivi votre « carrière » avec  beaucoup d’intérêt. Dans  « le tambour du Bief »  vous traitez avec  délicatesse le sujet  si difficile qu’est  l’euthanasie.
Dans «  l’espion aux  yeux verts »  vous  m’avez  ravie avec  vos différentes  nouvelles.
et surtout  dans  « lettre  écrite  à un képi blanc » vous  m’avez émue  moi qui suis de  la génération de cette  histoire.

Et puis dernièrement  je  me suis  fait  un plaisir en lisant  vos  nouvelles sur  les chiens : six chiens tellement différents  mais tellement  attachants. Comme  l’homme  peut  être  parfois  petit  face  au dévouement de  ces  bêtes.
Et  puis  je terminerai sur  une  petite  histoire courte  Monsieur Clavel d’il  y a des  années :

«Nous étions  à table et  il était  21 heures environ.
Vous  êtes venu  à la télévision présenter des  images  insoutenables d’enfants  brûlés  au napalm au Vietnam.
Vous  nous avez  demandé d’être  conscients  de  ce qui se  passait  là bas  et  volontairement, vous  nous avez  présenté des  enfants  mutilés atrocement, en vous excusant de  nous déranger  à table.
Et  puis  vous  nous avez  raconté  comment  dans  vos  randonnées  humanitaires, vous pouviez être  mal, et  tristes quand  vous  n’aviez qu’un boite de sardines  dans  vos provisions et que des centaines d’enfants  dépenaillés  vous tendaient  la  main, crevant de faim.

Pour tout cela  Monsieur  Clavel je vous dis  bravo.
Bien sûr, votre  littérature  m’enchante  mais  aussi votre  humanisme et  votre  personnalité. C’est  un plaisir  pour  moi de vous  le dire aujourd’hui : Vous resterez  à jamais un GRAND Monsieur.
Bernard Clavel semblait ému mais soudain  bousculé  par  les  photographes  se ruant en ayant vu arriver  Amélie Nothomb, il me laissa  là, encore  toute émerveillée. Il me cria de  loin :
Merci Madame …




lettre  du 31 janvier 2009


Editions Albin Michel
      22, rue Huyghens
75014 Paris


Messieurs,


Je viens solliciter auprès de vous le moyen de  communiquer  à Bernard CLAVEL toute  l’admiration que  j’ai pour ses œuvres et ce, depuis des années.

Il m’a aidée à aimer  la  lecture, et aussi, à  me  « lancer » moi aussi dans  l’écriture. Sa simplicité, son courage  et surtout  sa grandeur d’âme a fait de  lui mon écrivain fétiche.

J’achète  ses ouvrages et nombreux sont édités chez vous c’est  pour cela que  je me  permets de  vous écrire.

Je suis souvent sur  un forum d’échanges entres gens qui aiment la littérature, et Bernard CLAVEL est régulièrement cité et admiré.

Je vous donne  ici un lien où nous  parlons de lui à plusieurs reprises.

http://grain-de-sel.cultureforum.net/auteurs-francais-et-d-expression-francaise-f3/bernard-clavel-t1049.htm?highlight=bernard+clavel

Je vous remercie donc de bien vouloir communiquer cette lettre  à Monsieur Clavel, si vous  le  pouvez,  et  vous remercie d’avance de votre  aimable  participation. Cela nous ferait  plaisir  à tous s’il pouvait venir  « écrire un mot » sur  ce forum, mais ne soyons  pas trop exigeants. S’il a connaissance de ce  petit mot, je serai déjà enchantée.

Je vous prie d’agréer, messieurs, l’expression de  mes sentiments  distingués

Marie Chevalier

lettre de la femme de Bernard Clavel du 1 er mai 2009


Josette Pratte 8 rue Crébillon 75006 Paris
iroquoise.jp@orange. fr



Chère Madame

Je vais porter, dans les jours qui viennent, votre lettre du 31 janvier dernier à mon mari, Bernard Clavel, qui - vous l'ignorez sans doute - a été victime, le 29 octobre 2003, d'une très forte hémorragie cérébrale.

Depuis, il est « réduit» à l'essentiel de lui-même. Et bien que paralysé du côté
gauche, il entretient en lui, entre nous, de même qu'avec les proches qui
viennent le voir, un espace immense.


Que vous dire? Sinon que Bernard est condamné à vivre désormais dans des hôpitaux, centres de rééducation et maisons médicalisées. Il sait, profondément, je reprends les termes d'une amie, « qu'il ne marche plus vers aucun avenir ». Je ne suis pas certaine qu'il en souffre terriblement. Il contemple sa vie passée et reste fidèle à ses engagements.


L'écriture et le monde de l'écriture - mais aussi, bien sûr, la peinture -habitent toujours Bernard. C'est dire s'il sera touché par votre lettre.


J'aurais préféré qu'il vous réponde lui-même- car il répondait toujours à son courrier - mais je mène une existence si chaotique que je n'arriverais pas à taper les lettres qu'il pourrait me dicter. C'est ce qui explique aussi que j'aie mis tant de temps à répondre à votre courrier.


Je suis certaine que vous le comprendrez et vous prie de trouver ici mes remerciements pour le respect que vous témoignez à l'homme et à son oeuvre.


Bien sincèrement,



mail du 12 mai 2009



Tout d'abord, Madame Josette  Pratte, je ne  peux que  vous remercier de bien avoir voulu me répondre  à ma  lettre  concernant  l'admiration que nous  étions  plusieurs  à partager  pour  les écrits de  Monsieur Bernard Clavel.
je viens  pas ce  petit  mail, d'une  part  vous renouveler notre chagrin de savoir notre auteur souffrant mais aussi, bien sûr l'immense respect que nous lui portons.
je vous demande simplement, Madame, si je peux  me  permettre de  mettre votre  lettre  sur notre forum où il a tant d'admirateurs ou préférezvous que  je ne les  imforme que de  l'essentiel?
Pour  l'instant, je vais  mettre que vous  m'avez  informée  et  sans encore  en avoir  parler,  je suis certaine que tous  seront  avec  moi pour  lui souhaiter, sinon une vraie guérison, du moins  la sérénité  qu'il mérite.  
Bien à vous Madame  et  merci encore.


réponse de  madame Clavel


Pardonnez-moi de revenir vers vous un peu tardivement.

Vous pouvez inscrire ma lettre sur  votre forum – je vous demanderai toutefois de vérifier que ni mon numéro de téléphone, ni mon adresse de domicile n’apparaissent.

Bien à  vous,


JP



mail du 5 Octobre 2010 (nous apprenions sa mort)



Que vous dire? Sinon que,  Madame Pratte, je suis de  tout coeur  avec vous, venant d'apprendre  le décès de  mon maître en écriture: Bernard Clavel. Mes amis  imprégnés eux aussi  de  l'écriture  de ce grand homme,  se  joignent  à moi aujourd'hui pour  vous offrir  notre  peine mais aussi sans doute, une certaine délivrance  pour cet écrivain de très très grand talent  
Bien à vous  

Madame Marie Chevalier  (auteure si modeste)

Nous  parlions de  Monsieur Clavel là : http://grain-de-sel.cultureforum.net/auteurs-francais-et-d-expression-francaise-f3/bernard-clavel-t1049.htm?highlight=bernard+clavel
et nous avions toutes deux échangé  deux ou trois  mails quand  Monsieur Clavel était souffrant.





dernière lettre de madame Clavel


Chère Madame,


J'ai bien reçu votre courrier et il m'a beaucoup touchée. Si je n'y réponds que maintenant, c'est que je suis toujours dans un temps rempli à ras bord. Il m'aura fallu me retirer enfin une dizaine de jours pour revenir  vers ceux qui m'ont soutenue au moment du décès de Bernard Clavel.

Je me trouve ici, en pleine campagne allemande, une campagne verte, aux fermes ventrues, avec un clocher qui sonne les heures et des chiens qui n'aboient pas. Je lis un ouvrage remarquable, Histoire d'un Allemand, de Sebastian Haffner, et  je me dis: "Que dommage que  Bernard n'ai pas pu le lire." En réalité, j'ai un peu l'impression qu'il le lit avec moi.  Voyez, tout m'unit encore à lui comme s'il était vivant, tout m'unit à lui comme s'il n'y avait pas de différence entre les morts et les vivants ou si du moins la limite entre certains vivants et certains morts était très fine, à peine lisible.

Savez-vous que l'ensemble des manuscrits et toute la correspondance de mon mari est déposée en Suisse, plus précisément à la Bibliothèque Cantonale et Universitaire de Lausanne où il existe un Fond Bernard Clavel et Josette Pratte? Je suis en train de créer une Fondation Bernard Clavel dont le siège sera, lui aussi, en Suisse. Mon mari était particulièrement attaché à ce pays, sans doute y trouvait-il ce que bien d'autres créateurs y ont trouvé: la paix.

Je termine en vous remerciant de l'attachement que vous avez pour l'oeuvre de Bernard  Clavel et pour tout ce qu'elle véhicule.

Bien sincèrement

JP


Dernière édition par bergamote le Dim 26 Avr 2015 - 18:33, édité 1 fois
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Re: Bernard Clavel

Message  Arun le Dim 26 Avr 2015 - 18:16

Merci Berga ! Tout cela m'a ému ! J'ignorai toute cette correspondance avec "Grain de sel", j'ignorai un peu près tout , ceci dit je ne suis restée sur ce forum qu'une année et encore je me contentais souvent de lire les nouveautés !

Je me rends compte également que j'ai pas mal privilégié certains auteurs par rapport à d'autres. Une erreur de ma part, une grosse erreur !

Ton entrée en matière, m'a fait sourire, m'a attendrie, j'ai apprécié ! Je note tout ... merci messages panca


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Re: Bernard Clavel

Message  bergamote le Dim 26 Avr 2015 - 18:32

Oui Arun c'était le temps où GDS était agréable et surtout très près des livres.
Je me souviens du webmaster me disant puisque tu l'apprécies pourquoi ne lui ferions-nous pas un hommage d'une façon ou d'une autre .C'est là qu'est venue l'idée de lui écrire et sa femme a été vraiment charmante.
je m'aperçois avec horreur que je n'ai rien lu d'elle alors qu'elle a écrit elle aussi:

Josette Pratte est une écrivaine québécoise. Elle est l’auteur des romans Et je pleure (1981), Les Persiennes (1991), Les Honorables (1994). Epouse de l’écrivain Bernard Clavel, elle n’est certes pas étrangère à la fresque en six tomes qu’il consacra à son pays, Le Royaume du Nord.

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