Rosetta - La Piel que habito

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Rosetta - La Piel que habito

Message  Arun le Mer 20 Mai 2015 - 19:14

Deux bons films ce soir sur nos écrans. Je vous les recommande, je les ai vus tous les deux.  L'un comme l'autre,  dans deux genres différents, sont excellents  !

Les frères Dardenne (excellents réalisateurs)

Rosetta
Drame réalisé en 1999 par Jean-Pierre Dardenne , Luc Dardenne
Avec Emilie Dequenne , Fabrizio Rongione , Anne Yernaux ...  

Sur Arte à 20h50


Synopsis


Rosetta est une jeune femme, presque une enfant encore, qui se bat pour vivre «normalement», pour garder son petit travail ou en retrouver un autre au plus vite. Lorsqu'elle ne travaille pas, elle materne sa mère dépressive et alcoolique, avec qui elle partage une caravane décrépite dans la banlieue liégeoise. Rosetta est prête à tout pour sortir de la misère. Quand, ce jour-là, elle est licenciée sans explication, elle repousse toute forme de charité et entreprend aussitôt de sillonner la ville, à la recherche d'un emploi. Riquet, qui tient une baraque de gaufres, la recommande à son patron, qui l'engage avant de la remplacer par son fils...

Genre
: jeune fille de fer.

Palme d'or et Prix d'interprétation pour Emilie Dequenne à Cannes en 1999, ce « petit film belge » prit une dimension imposante. Ce qui rendait justice à l'ambition de ses réalisateurs, qui avaient voulu donner à Rosetta la force d'un coup de poing. Leur film a l'énergie de son héroïne, une jeune fille qui s'acharne à trouver une place dans une société dont elle est exclue.

Aucune épreuve ne parvient à décourager Rosetta, et la caméra calque son mouvement sur sa course permanente, la rage au ventre. Cette mise en scène à l'arraché frôle parfois le parti pris formel. Mais le propos des Dardenne a un impact brutal, déstabilisant : Rosetta n'est pas qu'une victime sociale, elle n'inspire pas forcément la sympathie ni la compassion. Prête à tout pour travailler, même à trahir la seule personne qui ait de l'affection pour elle, elle heurte autant qu'elle se heurte. L'aimer n'est pas facile, mais il est impossible de rester indifférent à son combat pour la survie. — Frédéric Strauss critique Télérama du 11/05/2013


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Pedro Almodóvar  
(évidemment un grand !)

La piel que habito
Drame réalisé en 2011 par Pedro Almodóvar  
Avec Antonio Banderas , Elena Anaya , Marisa Paredes ...  
Date de sortie : 17 août 2011  
Ce film est dans la sélection "en competition" du Festival de cannes 2011

Sur France4 Mercredi 20 mai de 20:50 à 22:45

Synopsis

Hanté par les drames de son passé, le docteur Robert Ledgard mène d'étranges expériences médicales. En effet, depuis que son épouse a été victime de brûlures lors d'un accident, l'éminent chirurgien esthétique tente de mettre au point un nouvel épiderme, une peau sensible mais très résistante, capable de protéger l'être qui la revêt. Afin de tester ses recherches, Robert fait appel à un cobaye humain. Dans sa luxueuse maison, il héberge alors Vera, avec qui il entretient une relation des plus étranges. Alors qu'il sort avec elle, l'emmène avec lui à des dîners mondains, il exerce sur elle une certaine domination, souvent malsaine. La vie de la jeune femme, dans la demeure du docteur, ressemble davantage à celle d'une recluse qu'à celle d'une patiente...

Genre : le corps de mon ennemi.

C'est une situation démente, filmée calmement, comme si tout était normal, d'où un effet maximal. Une jeune femme est retenue prisonnière dans une propriété isolée. Un chirurgien perfectionne sur elle une nouvelle peau transgénique et la couve des yeux par écrans interposés. La séduction énigmatique du récit est tout de suite décuplée par des réminiscences cinéphiles — le Hitchcock de Rebecca et de Vertigo, le Franju des Yeux sans visage.

Mais la vision du monde qu'Almodóvar radicalise de film en film est effarante. Tout, dans La Piel que habito, n'est qu'abus de pouvoir ou de faiblesse, duperie et trahison. La figure de la mère, autrefois intouchable ? Elle n'engendre que barbarie. Le corps ? Une marchandise, une machine, au pire : un déchet. Le désir ? Il se fixe sur une image, et non sur une personne, ne peut s'assouvir que dans l'asservissement ou l'annihilation de l'autre. L'amour ? C'est s'éprendre de ses propres chimères.

L'histoire pourrait en rester là, on aurait déjà un grand film de genre déjanté, époustouflant par ses rebondissements, ses trouvailles visuelles, son humour sarcastique. Mais, dans une embardée finale qui ne doit rien au roman adapté — Mygale, de Thierry Jonquet —, le cinéaste retrouve un fil presque perdu de son oeuvre. La trajectoire de la femme captive et cobaye le conduit soudain à un éloge émouvant de la part inaliénable, infrangible des êtres. On constate alors que l'Almodóvar fou furieux d'aujourd'hui et celui, doux-dingue, d'hier ne font qu'un. — Louis Guichard
Critique Télérama du  01/09/2012



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Re: Rosetta - La Piel que habito

Message  Sapho le Mer 20 Mai 2015 - 19:59

Rosetta, j'ai déjà vu 2 fois; par contre le film d'Almodovar, je ne l'ai pas vu.

Merci Arun d'en parler, je vais sûrement le regarder car je suis une grande fan de ses films ( Volver, Tout sur ma mère, En chair et en os, Talons aiguilles...........et surtout le magnifique film Parle avec elle.
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Merci Arun

Message  Garance le Mer 20 Mai 2015 - 20:42


Merci pour cette info, je n'ai vu ni l'un ni l'autre, donc.....

Bonne soirée à toutes et je vais m'installer sur le canapé.

:lune:
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Re: Rosetta - La Piel que habito

Message  Arun le Jeu 21 Mai 2015 - 7:16

J'ai choisi de revoir "Rosetta" ... Almodovar, on me l'a offert.

Dure réalité hélas ! j'apprécie la manière de filmer des frères Dardenne. L'accent est mis sur chaque geste, chaque détail aussi minutieux soit-il compte. Immersion totale avec l'héroïne, c'est presque flippant mais j'apprécie ce genre de cinéma.

Sur Arte+7, il m'arrive de visionner des films intimistes d'un réalisme parfois insoutenable, mais d'une beauté vertigineuse où la poésie cadre à l'histoire, ce qui en fin de compte rend une touche lumineuse au film le plus noir !!!


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Re: Rosetta - La Piel que habito

Message  Sapho le Jeu 21 Mai 2015 - 11:36

J'ai regardé LA PEAU QUE J'HABITE d'Almodovar

J'ai retrouvé dans ce film l'Almodovar que j'aime, et les obsessions chères au cinéaste: transgression, transformisme, passion criminelle et jeux de miroirs où l'on est à la fois voyeur et complice de sa folie.

Antonio Banderas, tour à tour sensuel et glaçant incarne le brillant Docteur Ledgard, l'éminent chirurgien esthétique qui au mépris de toute éthique, va se livrer mû par l'amour et surtout la vengeance, à des expériences interdites, séquestrant et mutilant pour mieux recréer cet objet de désir et de souffrance, à l'image parfaite de la femme aimée et perdue.

Un film à l'esthétique maîtrisée et superbe porté par des interprètes, qui de Banderas à Marisa Paredes, gardienne douloureuse et secrète, confèrent à cette réalisation une intensité qui intrigue, fascine, et marque durablement.

Certainement le plus sombre film réalisé par Almodovar !
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Re: Rosetta - La Piel que habito

Message  Arun le Jeu 21 Mai 2015 - 15:24

Thèmes chers à Almodovar : l'identité sexuelle (le travestissement, l'homosexualité ou la bisexualité, le transsexualisme, etc sont présentés de façon positive) la température du film varie du chaud au froid mais j'ai pris grand plaisir à le visionner !

J'ai également apprécié le jeu de l'actrice Marisa Paredes, une des actrices fétiches du cinéaste et une de mes actrices préférées.



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