Chimamandfa Ngozi Adichie

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Chimamandfa Ngozi Adichie

Message  bergamote le Dim 29 Mar 2015 - 17:53


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L’hibiscus rouge

Biographie


Née dans la ville d’Enugu, elle grandit dans la ville universitaire de Nsukka au sud-ouest du Nigeria, où est implantée l’université du Nigeria à Nsukka (UNN, University of Nigeria, Nsukka) depuis 1960. Durant son enfance, son père enseignait à l’UNN comme professeur de statistiques, et sa mère était la responsable du bureau de la scolarité.
À l’âge de 19 ans, elle quitte le Nigeria pour les États-Unis. Après avoir étudié à la Drexel University dePhiladelphie en Pennsylvanie, Chimamanda Ngozi Adichie opte pour l’Eastern Connecticut State University afin de vivre plus près de sa sœur, qui exerçait la médecine à Coventry (actuellement à Mansfield, CT). Elle poursuit là ses études en communication et en sciences politiques. En 2001, elle y décroche son diplôme universitaire avec la mention honorifique summa cum laude. Elle achève ensuite un master en création littéraire à l’université Johns Hopkins de Baltimore en 2003. Elle obtient un M.A. (maîtrise ès arts) d’Études africaines à l’université Yale en 2008. La même année, elle intervient comme "écrivain visiteur" à l’Université wesleyenne (Wesleyan University) de Middletown dans le Connecticut où elle participe à la collection Wesleyan's Distinguished Writers Series.
Son premier roman, L'Hibiscus pourpre (Purple Hibiscus), publié en 2003 et loué par la critique, est proclamé Meilleur premier livre du prix littéraire Commonwealth Writers' Prize en 2005.

4ème de couverture

Kambili a quinze ans. Elle vit à Enugu, au Nigeria, avec ses parents et son frère Jaja. Son père, Eugène, est un riche notable qui régit son foyer selon des principes d'une rigueur implacable. Sa générosité et son courage politique en font un véritable héros de sa communauté. Mais Eugène est aussi un fondamentaliste catholique, qui conçoit l'éducation de ses enfants comme une chasse au péché.

Quand un coup d'État vient secouer le Nigeria, Eugène, très impliqué dans cette crise, est obligé d'envoyer Kambili et Jaja chez leur tante. Les deux adolescents y découvrent un foyer bruyant, plein de rires et de musique. Ils prennent goût à une vie simple, et ouvrent les yeux sur la nature tyrannique de leur père. Lorsque Kambili et son frère reviennent sous le toit paternel, le conflit est inévitable.

Mon avis

Je n’ai pas quitté ma lecture tant que le livre n’a pas été terminé. Une description des personnages d’une justesse incroyable, des lieux, des coutumes et surtout la vie de cette famille faisant le bien riche mais ….. pas forcément heureuse à force de vouloir la perfection, le père s’enlise.
Parallèlement une de ses sœurs qui n’habite pas avec eux et qui vit avec ses deux enfants est pleine de fantaisie et essaie de sortir ses neveux du carcan trop policé du père .

Des pleurs, des rires, des odeurs un vrai bijou …
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Re: Chimamandfa Ngozi Adichie

Message  Arun le Lun 30 Mar 2015 - 12:59

J'avais déjà été attirée par le titre, maintenant je vais voir cela de plus près. Par ailleurs, ton commentaire, Marie, me donne très envie de découvrir cet auteure. Donc je note. Merci pour l'info !


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Re: Chimamandfa Ngozi Adichie

Message  Sapho le Dim 5 Avr 2015 - 14:28

J'ai lu ce roman il y a quelques mois  et je l'ai trouvé d'une grande maturité.

Ce roman montre l'affrontement ou plutôt le pont nécessaire à établir entre les croyances, les pratiques ancestrales et le christianisme apporté par le Blanc, entre la tradition et la modernité, entre la religion de l'extérieur et celle du coeur. Il soulève bien d'autres questions : la fuite des cerveaux à l'étranger, le célibat des prêtres, l'éducation des enfants, la réussite scolaire, les langues que l'homme hiérarchise, le bonheur... C'est quoi, le bonheur ? Ce peut-être simplement de voir fleurir un hibiscus dans tout son éclat.

Merci Bergamote d'en avoir parlé; c'est pour moi un livre à lire absolument ! I love you I love you I love you


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Re: Chimamandfa Ngozi Adichie

Message  bergamote le Dim 5 Avr 2015 - 14:50

Mon mari vient de le terminer et lui aussi a beaucoup aimé. C'est un autre monde franchement et on n'a pas trop l'habitude (enfin moi) de ce genre de "reportage" et c'est intéressant justement grâce au dépaysement et nos convictions comparées aux leurs. on a envie de dire pauvres gosses mais non, ils sont heureux même s'ils sont coincés par tous les interdits. Bref

très bon roman I love you
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Re: Chimamandfa Ngozi Adichie

Message  Arun le Jeu 9 Avr 2015 - 15:47

Il faut absolument que je me le procure et que je le lise ! Smile

Sapho a écrit:C'est quoi, le bonheur ? Ce peut-être simplement de voir fleurir un hibiscus dans tout son éclat.

Exactement, parfois je me prends à penser ainsi juste en contemplant un coucher de soleil, dans le sourire de l'autre, dans la rosée du matin, etc ... :coque:


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Re: Chimamandfa Ngozi Adichie

Message  Sapho le Mar 3 Nov 2015 - 16:13



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RESUME






Lagos, début des années soixante. L'avenir paraît sourire aux sœurs jumelles : la ravissante Olanna est amoureuse d'Odenigbo, intellectuel engagé et idéaliste ; quant à Kainene, sarcastique et secrète, elle noue une liaison avec Richard, journaliste britannique fasciné par la culture locale.

Le tout sous le regard intrigué d'Ugwu, treize ans, qui a quitté son village dans la brousse et qui découvre la vie en devenant le boy d'Odenigbo. Quelques années plus tard, le Biafra se proclame indépendant du Nigeria.

Un demi-soleil jaune, cousu sur la manche des soldats, s'étalant sur les drapeaux : c'est le symbole du pays et de l'avenir. Mais une longue guerre va éclater, qui fera plus d'un million de victimes.

Évoquant tour à tour ces deux époques, l'auteur ne se contente pas d'apporter un témoignage sur un conflit oublié ; elle nous montre comment l'Histoire bouleverse les vies. Bientôt tous seront happés dans la tourmente. L'autre moitié du soleil est leur chant d'amour, de mort, d'espoir.




RESSENTI




"L'autre moitié du soleil" est une jolie expression, qui fait référence au symbole qui ornait le drapeau du Biafra, cette république née d'une scission nord-sud au Nigeria et qui ne dura même pas trois ans (1967-1970), s'effondrant au terme d'un atroce conflit.

Un clin d'oeil poétique, qui s'avère être aussi un titre parfait pour ce roman de Chimamanda Ngozi Adichie. Un roman tumultueux, où les destins de différents personnages se jettent les uns contre les autres sur fond d'indépendance nigérienne, puis de ce mémorable conflit contre le Biafra.


C'est que l'auteur n'a pas seulement le talent d'entrelacer des romances qui se font et se défont, tisser des bouts de vies les uns avec les autres dans toute leur humanité, leur espoir et aspirations, force et faiblesses. Elle donne aussi à voir comment ces vies vont éclater brutalement à cause de l'inhumanité d'une guerre, dont elle étale l'horreur et l'impact sur ses personnages.

La guerre du Biafra (1967-1970), triste exemple des haines tribales créées et instrumentalisées par les puissances occidentales, fit plus de deux millions de morts et marqua à jamais les esprits à cause de l'épouvantable famine qu'elle entraina. "L'autre moitié du soleil", sans être un roman historique à proprement parler (la chronologie des évènements n'y est pas respectée) reste un excellent livre qui capture à merveille cette expérience traumatisante, qui fit voler en éclat beaucoup d'idéaux, une histoire que même le Nigeria, encore aujourd'hui, a bien du mal à affronter.





Pour se rendre compte de la véritable chronologie de cette guerre, allez voir sur le site : Guerre du Biafra de Wikipédia !




CITATIONS




L’idée que les tueries récentes seraient le produit d’une haine « séculaire » est trompeuse. Les tribus du Nord et les tribus du Sud sont en contact depuis longtemps ; leurs échanges remontent au moins au IXe siècle, comme l’attestent certaines magnifiques perles découvertes sur le site historique d’Igbo-Ukwu. Il est sûr que ces groupes ont dû également se faire la guerre et se livrer à des rafles d’esclaves, mais ils ne se massacraient pas de cette façon. S’il s’agit de haine, cette haine est très récente. Elle a été causée, tout simplement, par la politique officieuse du « diviser pour régner » du pouvoir colonial britannique. Cette politique instrumentalisait les différences entre tribus et s’assurait que l’unité ne puisse pas se former, facilitant ainsi l’administration d’un pays si vaste.





Ugwu aurait bien aimé pouvoir ressentir vraiment de la peine pour le politicien qui avait été tué, mais les politiciens n’étaient pas comme les gens normaux, c’étaient des politiciens. Il lisait des articles sur eux dans le Renaissance et le Daily Times - c’étaient des gens qui payaient des voyous pour tabasser leurs adversaires, qui s’achetaient de la terre et des maisons avec l’argent du gouvernement, qui importaient des armadas de longues voitures américaines, payaient des femmes pour qu’elles bourrent leur corsages de faux bulletins de vote et fassent semblant d’être enceintes -. Quand il égouttait une casserole de haricots bouillis, le mot qui lui venait à l’esprit pour décrire l’évier visqueux était politicien.


lecture lecture lecture
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Re: Chimamandfa Ngozi Adichie

Message  bergamote le Mar 3 Nov 2015 - 17:41

merci Sapho magnifiques ressenti et explications merci messages panca
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Re: Chimamandfa Ngozi Adichie

Message  Arun le Mar 3 Nov 2015 - 19:28

Un grand merci à toi pour ce partage Sapho. Je note, tes résumés et tes ressentis sont tellement complets qu'ils poussent à l'envie de lire et de découvrir ! I love you


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Re: Chimamandfa Ngozi Adichie

Message  Sapho le Mer 5 Oct 2016 - 15:33

Je viens de terminer je crois, le plus fabuleux livre de cette auteure intitulé : AMERICANAH


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« En descendant de l'avion à Lagos, j'ai eu l'impression d'avoir cessé d'être noire. »

Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l'Amérique qui compte bien la rejoindre.

Mais comment rester soi lorsqu'on change de continent, lorsque soudainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés?

Pendant quinze ans, Ifemelu tentera de trouver sa place aux États-Unis, un pays profondément marqué par le racisme et la discrimination. De défaites en réussites, elle trace son chemin, pour finir par revenir sur ses pas, jusque chez elle, au Nigeria.

À la fois drôle et grave, doux mélange de lumière et d'ombre, Americanah est une magnifique histoire d'amour, de soi d'abord mais également des autres, ou d'un autre. De son ton irrévérencieux, Chimamanda Ngozi Adichie fait valser le politiquement correct et les clichés sur la race ou le statut d'immigrant, et parcourt trois continents d’un pas vif et puissant.


RESSENTIS




Au premier abord, l’intrigue peut paraître simple : Ifemelu, jeune Nigériane partie poursuivre ses études aux États-Unis est hantée par le souvenir de son premier amour, Obinze. Cet amour perdu devient le fil conducteur du roman, et le couple à reconstruire nous apparaît à travers l’alternance de deux voix narratives distinctes. Entre les aventures de la jeune femme et du jeune homme, des liens se tissent. Ces deux paroles séparées semblent se nourrir l’une de l’autre. Si le parcours d’Ifemelu la mène aux États-Unis, Obinze, lui, passe quelques années à Londres. Il y survit dans la peur et le dénuement qui sont le lot des immigrés clandestins, entre falsification d’identité, travail éreintant et mariage blanc. Le jeune homme est finalement renvoyé dans son pays d’origine.
Au thème de l’amour s’ajoute celui de l’exil. Notre jeune Nigériane porte un regard critique, mais non dénué de finesse, sur son nouvel environnement. Ifemelu met en lumière les travers d’une société américaine divisée, multiple, envahie par toutes sortes de distinctions, qu’elles soient politiques, raciales ou sociales. Mais la gravité qui pourrait émerger de ce roman est sans cesse contrebalancée par la vivacité du ton et la veine humoristique du récit. « Americanah » est un terme employé au Nigéria pour désigner les habitants revenus transformés de leur séjour aux États-Unis. À la réflexion sur l’identité américaine collective se mêle donc une interrogation sur la propension de l’individu à devenir autre, dès lors qu’il est éloigné de ses racines.
La force de ce roman, c’est de proposer une réflexion sur la complexité des identités tant individuelles que collectives. Dans son rapport aux lieux et à l’autre, l’individu apparaît en perpétuelle reconstruction. Americanah résonne donc comme l’affirmation de la dimension complexe et mouvante de ces identités, mais aussi et surtout comme une invitation à l’ouverture d’esprit, à l’adoption d’un regard curieux et intéressé sur le monde qui nous entoure.


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Re: Chimamandfa Ngozi Adichie

Message  Arun le Mer 5 Oct 2016 - 16:35

Merci Sapho pour cette nouvelle découverte en matière de lecture. Je note bien sûr car le ressenti que tu as exprimé à son propos est fort intéressant ! l’histoire de ces deux jeunes noirs m’interpelle vivement.  

Je trouve cette phrase très parlante « En descendant de l'avion à Lagos, j'ai eu l'impression d'avoir cessé d'être noire. » ... study


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