YÔKO OGAWA ( Japon )

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YÔKO OGAWA ( Japon )

Message  Sapho le Mar 9 Juin 2015 - 16:31


BIOGRAPHIE

Yoko Ogawa est une écrivaine japonaise, auteur de nombreux romans - courts jusqu'en 1996 - ainsi que de nouvelles et d'essais. Elle est diplômée de l'université Waseda et elle vit à Ashiya, Hyōgo, avec son mari et son fils.

Elle a remporté le prestigieux Prix Akutagawa pour "La Grossesse" en 1991, et également les Prix Tanizaki, Prix Izumi, Prix Yomiuri, et le Prix Kaien pour son début.

Son univers obsédant, son écriture d'une exigence totale, d'une économie et d'une accuité remarquables, donnent à son œuvre déjà importante une place indéniable dans la littérature contemporaine.

Ses romans sont caractérisés par une obsession du classement, de la volonté de garder la trace des souvenirs ou du passé (L'Annulaire, 1994 ; Le Musée du Silence, 2000, "Cristallisation Secrète", 1994), cette volonté conjuguée à l'analyse minutieuse de la narratrice (ou, moins fréquemment, du narrateur) de ses propres sentiments et motivations (qui viennent souvent de très loin) débouchant fréquemment sur des déviations et des perversions hors du commun, le tout écrit avec des mots simples qui accentuent la force du récit.

Elle est influencée par les écrivains japonais classiques comme Junichiro Tanizaki, mais également, grâce à son écrivain préféré Haruki Murakami, par des auteurs américains comme F. Scott Fitzgerald, Truman Capote et Raymond Carver. Pendant ses études en littératures anglaises/américaines à l'université de Tokyo, son professeur, Motoyuki Shibata (qui a fait la première traduction d'Ogawa en anglais, et traducteur en japonais de Paul Auster) lui fait connaître Paul Auster, dont le roman Moon Palace a eu une grande influence sur Ogawa.

L’œuvre de Yoko Ogawa, qui ne cesse d’être traduite dans le monde entier, est publiée en France par Actes Sud. Récemment parus : Les Tendres Plaintes (2010), Manuscrit zéro (2011) et Les Lectures des otages (2012).

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LIVRE LU : LA PISCINE - LES ABEILLES - LA GROSSESSE



La piscine : Une femme suit un jeune homme, Jun, à chaque fois qu'il va s'entraîner à ses plongeons. Elle aime admirer ses muscles, son allure … Elle est surement amoureuse de lui. Elle le connait depuis petit, ils vivent ensemble dans le même institut qui accueille des orphelins. Elle aime à se rappeler leur enfance, avec des souvenirs communs et l'innocence de leur âge. Mais elle n'est pas une orpheline mais la fille des « directeurs ». Elle s'y sent mal ne supportant pas d'être logée à la même enseigne que les autres, alors qu'elle a ses parents. « Cet institut est un orphelinat dont je suis la seule pensionnaire à y être née sans être orpheline. C'est cela qui a défiguré ma famille. » Elle déteste sa mère qu'elle ne supporte pas. Elle parle sans arrêt n'écoutant qu'elle-même. « En entendant sa respiration saccadée, je me demandais avec cruauté s'il ne lui arrivait pas parfois, à force de bavarde, de se détester elle-même. » Elle en est profondément touchée et marquée par son sentiment de rejet. Avec une petite fille de 17 mois, Rie, elle se rendra alors compte qu'elle est animée d'un sentiment de cruauté et de perversion, en prenant un malin plaisir à la faire souffrir. Cependant, alors qu'elle croyait faire cela en toute impunité, il en sera autrement…
Un récit qui allie la beauté d'une écriture poétique, les souvenirs d'enfance et l'amour, à la perversité et à la cruauté.
Les abeilles : Une femme se sent seule chez elle à Tôkyô, son mari parti en Suède sur la construction de pipeline. Elle doit le rejoindre. En même temps, son cousin, qu'elle n'a pas vu depuis 15 ans, l'appelle pour avoir les coordonnées de la résidence universitaire où elle habitait lorsqu'elle faisait ses études. Il vient un petit temps chez elle , où ils auront l'occasion de se replonger dans leurs souvenirs d'enfance communs, avant de loger dans cette résidence. « Mon cousin se souvenait de manière surprenante des scènes où nous étions tous les deux. Les circonstances qui les entouraient ou l'histoire avaient complètement disparu, mais chaque image s'était gravée avec précision et en couleurs dans sa mémoire. » le directeur est toujours le même, un directeur qui n'a pas de bras et une jambe en moins. Les lieux ont quelque peu changé. Il n'y a pour ainsi dire plus personne, à cause d'une mauvaise rumeur liée à la disparition d'un des résidents. Alors que la narratrice veut venir rendre visite à son cousin, elle le rate à chaque fois et partage un moment avec le directeur. Ensuite elle viendra tous les jours à son chevet alors qu'il dépérit à cause de problèmes de santé. Un bourdonnement est souvent présent dans sa tête et elle ne sait très bien en définir l'origine et l'exact son…
Un récit qui allie la beauté de l'écriture, les souvenirs d'enfance et les échanges amicaux, à l'étrangeté et la douleur.
La grossesse : Une femme raconte La grossesse de sa soeur mois après mois. Celle-ci a des nausées constamment et ne supporte plus aucune odeur pendant les presque 5 premiers mois. Cela oblige la narratrice à éviter de cuisiner à l'intérieur, par exemple. de plus, la maladie des nerfs de sa soeur n'arrangera rien de tout cela « Cette maladie ondule comme des algues flottant à la surface de La mer qui n'en finiraient pas de venir s'échouer sur le sable. » Tout cet ensemble loin de son ordinaire lui donne un sentiment très étrange vis-à-vis de ce futur bébé, qu'elle ne voit pas en tant que tel d'ailleurs. Lorsque les nausées partiront et que l'appétit reviendra, sa soeur mangera énormément. La narratrice récupérera des pamplemousses de son travail (elle est démonstratrice dans un supermarché) qui ne pouvaient être vendus, des oeufs ayant été cassés dessus, et en fera des confitures que sa soeur consommera sans aucune retenue. Elle se rappellera que les pamplemousses d'importation sont dangereux pour la santé, contenants un produit cancérigène qui détruit les chromosomes humains, selon un prospectus qu'elle avait lu. Elle ne s'arrêtera alors pas d'aller acheter ces fruits pour en faire des confitures…
Un récit qui allie la beauté de l'écriture à la perversité et à la cruauté.



Yōko Ogawa est un auteur qui, sans l'ombre d'un doute, a un style prenant, beau, concis et efficace. La cruauté et la perversité qui se dégagent de ces histoires me laissent quand même une impression étrange et un certain malaise, tellement la description est réussie et la réalité perceptible. C'est vraiment particulier. Les travers de certains humains sont donc ici parfaitement mis en scène. Mais elle nous dépeint aussi les souvenirs avec une poésie magnifique, ce qui rend les évènements forts, intenses en émotions. Les personnages sont bien fouillés, les sentiments et émotions décrits avec brio. On parvient avec aisance à avoir de la sympathie ou de l'antipathie voir du mépris ou de l'indignation envers eux. J'ai aimé la façon dont l'auteur nous menait vers des déductions ou des soupçons qui se révèlent au final illusoires. La vérité étant ailleurs.


study study study
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Sapho
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Re: YÔKO OGAWA ( Japon )

Message  Arun le Mar 9 Juin 2015 - 19:17

Merci Sapho pour ce nouveau partage qui, tu t'en doutes m’intéresse fortement ! Je m'en voulais ce matin, j'avais oublié ma liste de livres et lorsque je me suis rendue dans ma petite librairie préférée, je pense avoir aperçu ces titres Smile 


Je retiens study
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Re: YÔKO OGAWA ( Japon )

Message  Arun le Mar 16 Juin 2015 - 16:31

J'ai cherché ces titres en ville ce matin. N'ayant pas trouvé, je les commande... study
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Re: YÔKO OGAWA ( Japon )

Message  Arun le Jeu 2 Juil 2015 - 15:33

Je reviens à Yoko Ogawa car le japon me manque !!! eh oui, je vais voir pour ma commande restée en suspend, pas moyen de le trouver sur place ...Rolling Eyes

Une idée germe dans mon esprit Sapho, mais j'ignore si c'est réaliste et même réalisable ... un fil ou il s’agirait d’échanger des livres (des prêts bien sûr) ???? Question :coque:
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Re: YÔKO OGAWA ( Japon )

Message  Sapho le Jeu 2 Juil 2015 - 16:02

Oui pourquoi pas ? Je pense que nous sommes toutes soigneuses sur le forum !

Mais j'aimerais bien savoir comment tu vois la chose? Comme surGDS?

study study study
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Re: YÔKO OGAWA ( Japon )

Message  Arun le Jeu 2 Juil 2015 - 16:14

Je vais mettre un fil afin de demander l'avis de toutes Sapho, oui je pense à un truc comme sur GDS. Mais il me semble que cela sera mieux après les vacances ????
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Re: YÔKO OGAWA ( Japon )

Message  Sapho le Jeu 2 Juil 2015 - 16:58

OK ma belle ! kiss kiss
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Re: YÔKO OGAWA ( Japon )

Message  Arun le Jeu 27 Aoû 2015 - 14:50

"Les tendres plaintes" de Yôko Ogawa

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  Éditeur : Actes Sud
  Parution : 03 septembre 2014

A plus de la moitié du livre, je suis ravie de cette lecture.  C'est  l'histoire d'une femme blessée qui tente de se reconstruire. On y parle de musique, de nature, de la solitude des êtres et de leurs relations fugitives. Mais c'est surtout l'écriture juste et tout en douceur qui m'apporte cette étrange résonance ... I love you

J'y reviendrai (à suivre ...)

Je te le conseille fortement Sapho study bounce bounce bounce

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Dernière édition par Arun le Lun 31 Aoû 2015 - 17:07, édité 3 fois
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Re: YÔKO OGAWA ( Japon )

Message  Sapho le Jeu 27 Aoû 2015 - 14:56

Oh oui ma chère ARUN, ce roman va rejoindre ma liste car j'ai beaucoup aimé le premier livre que j'ai lu d'elle !

merci messages panca merci messages panca
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Re: YÔKO OGAWA ( Japon )

Message  Arun le Lun 31 Aoû 2015 - 16:56

Résumé

Ruriko est calligraphe. Elle est mariée à un ophtalmologue avec qui elle n'a jamais eu d'enfants. Ce dernier est parfois violent avec elle, il mène aussi une double vie. Blessée intérieurement, elle quitte son mari, sans le prévenir.
Elle fuit Tokyo pour trouver refuge dans un vieux chalet au milieu de la forêt ; loin du monde, elle a l'intention de se ressourcer. La bâtisse appartient à sa mère : Ruriko y a passé une partie de son enfance avec sa sœur et ses parents. Elle doit également terminer un travail de calligraphie, une commande qui consiste à recopier la biographie d'une médium à la vie fascinante et pleine de rebondissements … la calligraphe vivait aux dépens de son mari et du jour au lendemain vit avec son propre travail. Ce n’est pas que son environnement qui disparaît, c’est une révolution intérieure.

Non loin, dans un autre chalet, s'est installé Nitta, un ancien pianiste de renom devenu facteur de clavecins, un homme habité par un calme particulier qui semble absorber les sons des instruments qu'il fabrique. Bien qu'assisté chaque jour dans son ouvrage minutieux par une jeune femme prénommée Kaoru, il vit seul avec un vieux chien aveugle et sourd. Invitée en ces lieux par Kaoru, la calligraphe observe et s'interroge sur la relation du facteur et de son aide. Ainsi elle apprend que Nitta ne peut plus jouer en présence d'autrui, que seule persiste en lui la capacité de vivre avec des sons invisibles. Mais, un matin, la calligraphe surprend Nitta installé au clavecin jouant "Les Tendres Plaintes" pour Kaoru.

Une étrange relation se crée alors entre les trois personnages, entre ces trois solitudes.

Les tendres plaintes (1996) est un des tout premiers romans de Yoko Ogawa, bien qu'il n'ait été publié que récemment en France, en 2010.


Mon avis

C'est un bijou sur fond de la musique « des tendres plaintes » de Rameau ! peut-être un Murakami au féminin ?

J'ai rêvé de ce chalet, j'ai rêvé du regard porté sur  la nature, sur ses sonorités, la magie de ses nuits. Dans ce roman, la solitude des individus  donne au récit beaucoup d’intensité, les relations entre les gens, leur distance, leur attirance me renvoie, comme dans un miroir, une image …  l'histoire de cette femme blessée par la vie qui tente de se reconstruire m'a touché au plus haut point ! Les uns ont besoin des autres, le récit se noue, doucement, tendrement, plaintivement aussi…

Le récit raconté par Ruriko à la première personne du singulier n'hésite pas à décrire le quotidien le plus banal, mais aussi le plus varié : la préparation de plats, les travaux ménagers, le travail de calligraphie, l'aspect technique de la construction d'un clavecin (merveilleux passages!) les promenades en forêt, les bruits, les odeurs, la pluie, le vent, la neige, la solitude, le chagrin, etc.

De plus le style est fluide, lumineux  parfois aérien. Étrangement, et c'est souvent étrange avec Yoko OGAWA, une grande partie du récit se passe dans la région de Fukushima

Je sais que je relirai ce roman bientôt, je m'en imprégnerai encore et encore. D'autres détails me parviendront  différents, toujours beaux, et je trouverai sans doute plus de mots pour qualifier mon ressenti …

Quelques extraits

"Page 66. — En présence de quelqu'un, même d'une seule personne, ses doigts ne peuvent plus bouger. Tous les professionnels ont le trac, mais ils peuvent être très tendus, dès qu'ils commencent à jouer, la mu­sique jaillit sans interruption. Parce que les doigts bougent à un niveau de conscience différent de celui qui est à l'origine des battements du cœur ou du trac. Mais dans le cas de Nitta c'était radicale­ment différent. C'est une sorte d'affection nerveuse.
Elle avait prononcé lentement le mot affection comme s'il était particulier.
—   Il n'a pas pu choisir de faire uniquement des enregistrements ?
—   Il semble que cela n'a pas été possible. Il pa­raît que c'était pareil même si le directeur artistique et les techniciens du son sortaient du studio afin de le laisser jouer seul. Dans tous les cas, le fait que quelqu'un puisse l'écouter jouer du piano l'angoissait, le terrifiait et le plongeait dans la confusion. Et ses doigts qui ne pouvaient plus frapper le clavier sont restés comme une blessure.
— Vous croyez que même en ma présence il ne pourrait pas jouer ?
— Oui, je crois, m'a-t-elle répondu après un ins­tant de réflexion.
— Même du clavecin ?
— Oui...
Pages 34-35. Alors qu'il avait devant lui quelqu'un de totale­ment néophyte qui lui posait des questions idiotes, dans la mesure où le sujet de la conversation tour­nait autour du clavecin, Nitta était extrêmement attentif au point de me plonger dans la confusion et parlait en choisissant ses mots avec précision.
…/…
Kaoru, voulez-vous jouer un petit quelque chose pour notre invitée ? demanda Nitta.
Il n'avait pas parlé d'une manière tranchante comme pour lui donner un ordre, le ton de sa voix était plutôt doux, mais il contenait quelque part une force profonde et inébranlable. Une force qui s'emparait aussitôt de la conscience de la personne à qui il s'adressait et qui, tout en donnant l'illusion de couper le souffle, n'en était pas pour autant désagréable.
— Oui, répondit Kaoru, et elle alla prendre place devant le clavecin blanc au dessin de lac. Je ne suis pas douée du tout, vous savez. Excusez-moi, dit-elle et penchant la tête comme si elle était désolée, elle posa les doigts sur le clavier.
Alors qu'elle jouait juste sous mes yeux, j'avais l'impression que le son me parvenait d'un endroit extrêmement lointain. On aurait dit qu'il conte­nait la mémoire d'un temps illimité auquel per­sonne n'avait touché. Le tranchant et la douceur, la magnificence et la grâce, la pureté et l'ombre, des impressions contradictoires jaillissaient ainsi en même temps pour se fondre aussitôt en une seule.
En tendant l'oreille encore plus, je pouvais dis­cerner les imperceptibles résonances entre chaque son. Mais ce n'était peut-être que la respiration de Kaoru.
Ses poignets fins dépassant des manches de son sweat-shirt, légèrement penchée en avant, elle dé­plaçait ses doigts avec aisance. Le rayon de la lu­carne qui déclinait vers l'ouest éclairait maintenant ses pieds. Lèvres serrées, je retenais ma respira­tion …
P 130 Nitta gardait le silence. La lumière se reflétait sur les verres de ses lunettes si bien que je ne pouvais pas lire l’expression de son visage. Il paraissait tout autant perturbé qu’attentif au déroulement de la situation. Son cœur dégageait toujours le même calme. Je sentais son ombre opaque et son flux généreux.»


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Re: YÔKO OGAWA ( Japon )

Message  Sapho le Lun 31 Aoû 2015 - 19:19

Merci ARUN pour ce post très complet et pour tes ressentis à propos du livre!

J'ai commandé : LES TENDRES PLAINTES et je vais le recevoir d'un jour ou l'autre.

C'est une auteure très talentueuse dont les écrits sont parfumés de poésie et d'images riches en émotion !

Je valide des deux mains !

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Re: YÔKO OGAWA ( Japon )

Message  Arun le Mar 1 Sep 2015 - 19:35

Chouette ! je me réjouis déjà du partage Sapho ! rose
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Re: YÔKO OGAWA ( Japon )

Message  Arun le Mar 8 Sep 2015 - 15:49

Dernière nouveauté dont je viens de faire également l'acquisition :

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Un échiquier, un éléphant bougeant les pièces, un titre faisant oxymore avec l’illustration ; en effet, serait-ce l’éléphant le petit joueur d’échecs ? Dans l’univers de Yôko Ogawa, tout est possible…

Un petit garçon, né avec les lèvres scellées et recueilli par des grands-parents aimants, se passionne pour l’étrange histoire de l’éléphante Indira, placée toute petite sur le toit d’un immeuble, et qui, une fois atteint l’âge adulte, n’a jamais pu redescendre sur la terre ferme, trop grosse. Ainsi, elle passa sa vie sur sa plate-forme. Cette anecdote lui rappelle sa propre situation ; lui aussi est un peu un animal de cirque depuis qu’on a greffé de la peau de son tibia sur ses lèvres pour redessiner sa bouche. A sept ans, il porte une moustache de poils de jambes qui le rend précocement vieux et la proie idéale aux quolibets et moqueries de toutes sortes.

Dès lors, la solitude est son repère, il s’invente un monde où l’éléphant et une petite fille disparue deviennent ses amis fidèles. Un jour, en cherchant son bus, il tombe sur un autocar étrange dans lequel un homme obèse fait la cuisine et joue aux échecs. Ce dernier l’accueille et lui apprend, au fil du temps, toutes les subtilités de ce jeu. Mais, comme on est dans l’univers de Yôko Ogawa, le petit garçon, qu’on appelle désormais le petit joueur d’échecs, ne joue pas normalement. Pour se concentrer, il se place sous l’échiquier et caresse le chat de la maison :

« Il y voyait beaucoup mieux quand il n’avait pas les pièces devant lui. La mélodie jouée sur l’échiquier à l’intérieur de sa tête était beaucoup plus subtile ».

L’enseignement du maître est précieux, « ses conseils s’alignaient comme des constellations traçant des formes merveilleuses au firmament ». Il lui apprend même que « les échecs sont un miroir qui donne une idée de ce que c’est l’homme ». Montre-moi comment tu joues et je saurai qui tu es vraiment…

Or, un jour, le maître meurt, la faute à son poids immense et douloureux. Le petit joueur d’échecs sait maintenant que sa vie est indubitablement liée à l’échiquier, mais il pense que « grandir est un drame» : « Après la perte du maître, grandir devint quelque chose d’effrayant pour le petit joueur d’échecs (…) Ces prémices de changement l’attiraient vers un marais insondable ».

Dès lors, les années passent, mais lui ne grandit plus. « Il était encore plus petit que n’importe quel vieillard replié sur lui-même ». Du Club du Fond des Mers à la Résidence Senior Etude, il accumule les parties sans que jamais son adversaire ne le voie. Comment ? Eh bien il se cache dans une machine, un automate en bois surnommé « Little Alekhine », dans lequel il y passe le plus clair de son temps.

Le garçon aux lèvres autrefois scellées écrit ainsi sa propre transcription pour aboutir au « Miracle du fou », la partie ultime, « une partition de musique baroque, une écriture rupestre ou une mine de cristal ».

Ce roman a l’allure d’un conte dans lequel la manière de déplacer les pièces d’un jeu d’échecs est une empreinte digitale, une garantie de faire connaissance avec le personnage. Et pourtant, le petit joueur d’échecs restera jusqu’au bout une énigme, au point que même l’auteur se demande si son existence n’est pas de l’ordre du mythe !

Alors oui, on peut sûrement reprocher le rythme ronronnant, les parties d’échecs peu passionnantes, mais l’essentiel est ailleurs. En effet, lorsqu’on entre dans un roman de Yôko Ogawa, on accepte d’emblée entrer dans un univers onirique dans lequel les lois de la fiction sont elles aussi bousculées. La poésie des situations décrites, l’étrangeté des personnages, l’originalité des anecdotes racontées (la partie d’échecs humains en est un exemple flagrant) fait qu’on aborde un monde singulier et envoûtant. La magie de l’écriture de l’auteure fait le reste, et le lecteur constate que la traduction de Martin Vigne a voulu être au plus proche de l’atmosphère décrite.

Ce n’est peut-être pas le premier roman de Yôko Ogawa à lire si on veut découvrir l’auteure, mais il fait partie de ces livres qui remplissent leur fonction de dépaysement et d’originalité, à la lisière du genre fantastique. La cause littéraire - Virginie Neufville

Ce qui m'a incité à acheter celui-ci : Tout d'abord l'envie de lire à nouveau un livre de Yoko Ogawa bien sûr ! ensuite l'univers des échecs (j'aime jouer aux échecs), ensuite ... je vais l'apprécier je le sens ! study
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Re: YÔKO OGAWA ( Japon )

Message  Sapho le Mar 8 Sep 2015 - 18:43

J'en suis sûre Arun, moi aussi j'aime beaucoup Yoko OGAWA.

Je suis occupée à lire " Tendres plaintes "


study study study
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Re: YÔKO OGAWA ( Japon )

Message  Sapho le Mer 9 Sep 2015 - 15:18

LIVRE LU : LES TENDRES PLAINTES


Ce livre ne fait pas exception à la règle qui veut que de nombreux auteurs japonais aiment installer très progressivement leur intrigue, conjuguant lenteur et subtilité avec un talent sensuel et d'une finesse remarquable. Yoko Ogawa prend donc le temps pour poser les valises de son héroïne, petit bout de femme qui pour la première fois de sa vie prend son destin en main et essaie de se révolter contre un mari qui ne l'aime clairement plus. Mélancolique, elle fait écho au paysage qui l'entoure, le moindre arbre, le moindre ruisseaux lui renvoyant ses chagrins intimes, ses fêlures à vifs. L'auteure mêle balades, visites chez les voisins et souvenirs d'enfance avec un étrange rythme hypnotique qui fonctionne à plein sur le lecteur dérouté et fasciné. Rien d'extraordinaire de prime abord: un sentiment exprimé, un dialogue impromptu, une situation, un vieux chien en fin de vie … autant de détails insignifiants qui font un tout d'une beauté brute et immaculée. Oui, on est bien en pleine littérature japonaise.

À la fantasmagorie des lieux, des rêves et des souvenirs s'ajoutent des rapports humains très terre à terre: la relation quasi maternelle de la tenancière de l'auberge avec Ruriko qu'elle ravitaille régulièrement, le lien tissé entre la jeune calligraphe et sa professeur d'université, l'aigreur qui a remplacé l'amour dans les rapports entre Ruriko et son mari et surtout le triangle relationnel établi entre Nitta, Kaoru et Ruriko. Mélange délicat d'amitié, d'amour, d'attirance, de répulsion, les lignes bougent beaucoup durant le roman. Les situations se lient et se délient entre les protagonistes alternant espoir, quasi rédemption et déception amère au croisement de la musique, du rapport homme/femme et de la nature sauvage. C'est prenant et très poétique, un climax unique et très japonais. J'adore.

L'écriture est un ravissement de chaque instant: petit roman, économie des mots, la pureté de la formulation densifie et magnifie une histoire universelle en fin de compte. Ce parcours de femme m'a ému comme rarement et ne fait que renforcer mon attachement à ce type de littérature et à cette auteure tout particulièrement. Un petit bonheur que je vous recommande chaudement!




study study study
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Re: YÔKO OGAWA ( Japon )

Message  Arun le Mer 9 Sep 2015 - 15:26

Hé oui "les tendres plaintes" ! ravie de constater que tu as également apprécié ce roman Sapho !

Moi, j'ai encore sa musique, sa poésie en mémoire ... study study study
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Re: YÔKO OGAWA ( Japon )

Message  Sapho le Jeu 12 Nov 2015 - 15:34

LE PETIT JOUEUR D'ECHEC


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RESSENTI


Yoko Ogawa file la métaphore comme personne : elle possède un univers mental bien à elle, un peu comme Murakami, son compatriote, l’a fait dans ses premiers livres. Les échecs lui donnent ici l’occasion de dérouler son fil : que ce soit sur la blancheur (celle de la peau du maître ou de ses pâtisseries ou de la colombe de Miira) ou sur le thème de l’océan : l’apprentissage des échecs est comparable à une étendue d’eau dans laquelle il conviendrait de s’enfoncer toujours plus loin, comme un plongeur en apnée, pour y trouver le calme et la beauté qui sied non pas à la déroute de l’adversaire, mais bien plutôt pour composer avec l’autre un poème qui englobe la façon dont joue le partenaire et tisser ainsi une symphonie en toute majesté. Symphonie dont on pourra tirer une transcription écrite, seule trace de ce moment éphémère capturé par Miira réincarnée, dont il ne restera plus rien si ce n’est le souvenir dans la mémoire de « Little Alekhine ».

Transcrire, laisser une trace, pénétrer dans l’esprit de son partenaire : ne peut-on pas y voir également une métaphore de la littérature et de la possibilité pour le lecteur d’entrer dans l’univers de son auteur ?

Quoi qu’il en soit, le petit joueur d’échecs est un conte initiatique, à la frange du fantastique, mais surtout un petit bijou que nous a composé là une Yoko Ogawa en totale maîtrise de son art littéraire.


lecture lecture lecture
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Re: YÔKO OGAWA ( Japon )

Message  Arun le Mer 18 Nov 2015 - 19:21

Je me souviens l'avoir acheté récemment et rangé dans mes cartons de livres (et pas encore lu) !!!!! no comment Rolling Eyes
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Re: YÔKO OGAWA ( Japon )

Message  Arun le Lun 21 Mar 2016 - 15:41

Je vais attaquer cette lecture ...

Cristallisation secrète


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Résumé


Lorsqu’on lit Cristallisation secrète, on ne peut s’empêcher de penser à Je suis une légende, Le château de Kafka ou encore La métamorphose. On trouve aussi des convergences avec Rhinocéros de Ionesco. Ceci s’explique peut-être par les thématiques évoquées.

La narratrice, romancière elle aussi, vit sur une île dont on ne connaît pas le nom (sans doute parce qu’il s’est effacé des mémoires des insulaires depuis la nuit des temps…), assiste, impuissante, à la disparition des objets du quotidien qui surviennent sans crier gare. L’étrangeté de la chose réside dans l’indifférence générale lorsque se produit l’événement. Personne ne dit rien. Au contraire, tout le monde s’active à chasser l’objet disparu de sa mémoire de sorte qu’il devient inconsistant et innommable par la suite. En effet, il s’ensuit un effacement de l’objet : son nom, sa forme et sa fonction n’évoquent plus rien pour personne. Il n’a plus d’existence car on ne se souvient pas de lui.

Ainsi, c’est le souvenir et son importance qui conditionnent le roman. Le souvenir devient ici une préoccupation philosophique et quasi métaphysique. Si l’homme ne se souvient de rien, si l’homme efface tout de son cœur, le langage peut-il continuer à exister ? A quoi sert-il s’il ne désigne plus rien ? De ce fait, si le souvenir est effacé de la mémoire collective alors qu’est-ce que l’existence puisque celle-ci se définit par l’émotion, la sensation et les sentiments qui l’enveloppent lui donnant consistance ? La remarque de la narratrice écrivain est très intéressante lorsqu’elle se rend compte du danger pour chacun des habitants : « Et si les mots disparaissent, que va-t-il se passer ? ».

Derrière tout cela se faufile un autre thème car rien n’arrive par hasard. Le lecteur comprend très vite que l’île est gouvernée par une police secrète secondée par les traqueurs de souvenirs. Mais pour qui ces derniers travaillent-ils ? Qui ordonnent ces disparitions et pourquoi ? Le lecteur ne sait pas car ces « Maîtres de l’île » restent hors du champ narratif. Dans le Procès de Kafka, le personnage ne sait pas pourquoi il est condamné. De même, dans la Métamorphose, le protagoniste ne sait pas pourquoi à son réveil il est devenu un fragile insecte. Avec Cristallisation secrète, nous sommes confrontés à l’absurde qui entre dans le roman avec douceur et fatalisme. Et c’est peut-être pour cela qu’il est effrayant. La narratrice accepte sa condition sans se révolter et ce jusqu’à la Disparition ultime à la fin du livre. Comme le disait Camus, « L’absurde (de l’existence) est sans raison, sans cause et sans nécessité ». Cette définition illustre bien la situation de cette île. Cependant, il y a comme toujours dans l’être une part de résistance acharnée inscrite dans ses gènes pour la survie de l’espèce. Le personnage R refuse. Il se cache. Traqué, il s’attriste devant la déliquescence du monde extérieur. Mais il ne renonce pas et fait de sa chambre étroite un cimetière du souvenir, « tous les souvenirs ne sont-ils pas conservés dans cette pièce ?… Ici, c’est le marais du fond du cœur. C’est le dernier endroit où échouent les souvenirs ». C’est parce qu’il veut se souvenir qu’il va renaître. R est du côté de la vie. Alors que tous les habitants acceptent la loi de l’effacement, R résiste comme le protagoniste de Rhinocéros. Il fait partie de la minorité car comme toujours il est plus aisé de hurler avec la meute que de dire non.

Enfin, c’est aussi un questionnement sur l’acte même d’écrire. A la dernière page du roman, la romancière se dit qu’au terme de son parcours, elle est amenée à devenir un souvenir parmi ceux éparpillés dans la pièce étroite. Or c’est son écrit qui parvient jusqu’à nous. De ce fait, elle n’est pas devenue une légende mais ses mots attestent son existence et celle des autres habitants de l’île. L’écrit a survécu au détriment de l’être. L’espoir est donc permis… Le roman est à plus d’un titre intéressant. Par son niveau narratif, il combine poésie de l’écrit et la force de l’écriture assez elliptique mais toujours énergique. Yoko Ogawa sait très bien suggérer par des images. Le lecteur est happé à tout instant par une atmosphère assez aquatique flirtant avec une rêverie des eaux profondes où à chaque mouvement il peut être attiré brutalement vers les profondeurs abyssales.

Yoko Ogawa
sait parfaitement faire coexister différentes thématiques qui s’accordent avec grâce et élégance sans perdre pour autant son intention première : nous montrer le danger d’une société qui troque le vrai, l’authenticité, l’être pour le faux, l’artifice et l’avoir.

study study study
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Re: YÔKO OGAWA ( Japon )

Message  Sapho le Lun 21 Mar 2016 - 15:50

Ce livre-là, je ne l'ai pas encore lu !

J'attends donc avec impatience tes ressentis cheers cheers cheers
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Les Lectures des otages

Message  Arun le Lun 30 Mai 2016 - 10:04

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Les Lectures des otages (l'un des bouquins emprunté à la médiathèque)

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Pas encore lu, je laisserai mes ressentis lorsque j'en aurai achevé la lecture ...
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La Bénédiction inattendue

Message  Arun le Lun 30 Mai 2016 - 10:11

La Bénédiction inattendue (emprunté également à la médiathèque)

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Résumé

Sept nouvelles autour de ce que la narratrice appelle la "forêt des mots", c'est-à-dire ce sas souvent étrange qui accompagne l'écriture, la naissance des romans ou le long voyage des histoires parfois issues de l'enfance des écrivains.

« En pleine nuit, lorsque je suis en train d'écrire mes romans dans ma chambre qui est aussi mon bureau, il m'arrive parfois de me trouver incroyablement arrogante, stupide et ridicule... » Dans cet ensemble de courts récits, Yôko Ogawa s'interroge sur l'écriture, le sens des mots et le mystère de l'inspiration. Un semblant d'autobiographie est esquissé, mais, comme toujours chez cette auteur portée par la grâce, l'incongru vient bousculer le réalisme, apportant de la fantaisie comme de l'inquiétude.

Christine Ferniot (pour Télérama)

Lecture en cours ...
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Re: YÔKO OGAWA ( Japon )

Message  Sapho le Lun 30 Mai 2016 - 14:47

Encore un livre à lire absolument !

Je l'inscris tout de suite sur ma nouvelle liste pour après les vacances !

J'attends tes ressentis ma belle mais je suis sûre que tu n'en diras que du bien study study study
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Re: YÔKO OGAWA ( Japon )

Message  Arun le Mer 15 Juin 2016 - 16:50

J'ai enfin fini « Cristallisation secrète » de Yoko OGAWA

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Mes ressentis :

Un roman qui intrigue dès sa couverture et qui ne nous déçoit pas au fur et à mesure de l'histoire: l'intrigue va crescendo, le lecteur passe un excellent et déroutant moment de lecture. Un magnifique roman sur la perte et l'oubli !

Dans l'ensemble la lecture est fluide, des passages sont très bien traduits, mais par contre d'autres laissent un sentiment de désarroi. La traduction laisse parfois à redire sur l'ordre des mots et la ponctuation.

Mon héros: le grand-père. Le personnage est poignant de réalisme. Il est attendrissant, dramatique et saisissant. Quel délice ce petit personnage, ce petit bonhomme qui ne paye pas de mine, simple et délicat.

Un passage à savourer: "Les mots alignés composés des lettres de l'alphabet dégagent une impression différente de celle qu'elles produisent lorsqu'on les prononce. La légère dépression qui reste sur le papier après que la lettre a été frappée. L'encre qui bave. Le J qui penche légèrement comme s'il allait tomber. Le M dont l'angle du milieu, un peu abîmé, est dentelé. Ce genre de chose me les rend braves et familières. Même si je pense qu'un jour il va falloir que je fasse réparer ses deux lettres." Cette mystérieuse impression de nostalgie provoquée par l'écriture revient fréquemment dans le texte.

A nouveau, cette histoire nous plonge dans un climat oppressant avec l'impossibilité de s'exprimer et l'enfermement. Cette "histoire dans l'histoire" n'est pas anodine car elle permet à l'auteur (Yoko Ogawa) de mettre à jour sa propre démarche : elle-même dénonce un régime politique totalitaire à travers l'écriture de Cristallisation secrète, de la même manière que la narratrice du roman dénonce le climat d'oppression de l'île dans son propre roman à travers l'histoire de la jeune dactylographe. Cette mise en abyme permet ainsi à Yoko Ogawa d'insérer subtilement une Histoire dans l'histoire.

J'apprécie de plus en plus l'écriture de  Yoko Ogawa car elle en revient toujours à l'essentiel,  constitué par les relations humaines !  study
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Re: YÔKO OGAWA ( Japon )

Message  Sapho le Jeu 23 Juin 2016 - 16:17

Je n'ai pas encore lu ce livre Arun mais vu la critique que tu en fais, j'ai bien envie de me le procurer !

Merci pour tes excellentes explications merci messages panca merci messages panca
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Sapho
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Re: YÔKO OGAWA ( Japon )

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