MO YAN ( Chine )

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MO YAN ( Chine )

Message  Sapho le Jeu 25 Juin 2015 - 16:47

Biographie et informations


Nationalité : Chine
Né(e) à : Gaomi (Shandong) , le 17/2/1955
Biographie :


Guan Moye dit "Mo Yan" est un écrivain chinois.

Né dans une famille de paysans pauvres du Shandong, Mo Yan a longtemps vécu au cœur de la campagne chinoise, dont le souvenir nourrit son œuvre.

Il commence à écrire en 1981 et entre en 1984 à l'Institut de l'art de l'armée de libération. Il atteint la notoriété avec "Le Clan du sorgho", qui est porté à l'écran sous le nom "Le Sorgho rouge" par Zhang Yimou en 1986.

Après ses deux grands romans "Les Treize pas" (1995) et "Le Pays de l'alcool" (2000), la publication de "Beaux seins, belles fesses" confirme de manière éclatante son génie singulier. Il a publié plus de quatre-vingt nouvelles et romans, des reportages, des critiques littéraires et des essais.

Le prix Nobel de littérature a été attribué en 2012 à Mo Yan, «qui avec un réalisme hallucinatoire unit conte, histoire et le contemporain».

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LIVRE LU :GRENOUILLES

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RESUME :


Souvent chez Mo Yan, les mères sont le personnage central ; ici, c’est une femme sans enfants. Le père de Wan était médecin dans la huitième armée pendant la guerre contre le Japon et était recherché par le commandant japonais Sugitani, père de l’ami japonais de Tétard (un nom de plume que porte le narrateur du livre).

La tante, après ses études, sécurise les accouchements dans la région et élimine brutalement les « vieilles matrones » traditionnelles ; elle devient alors une héroïne locale.

Ses rapports avec les hommes ne sont pas très heureux ; son fiancé, un beau pilote, la trouve « trop révolutionnaire, trop sérieuse... elle manquait de piquant » ; ce traître rejoindra bientôt Taïwan. Elle refuse d’épouser plus tard Yang Lin, le secrétaire du Parti, un mari pourtant enviable...

Le Parti est sa famille, elle y entre en 1955. En général, le Parti communiste est occulté dans les livres de Mo Yan, ici on en parle ; la tante comme le narrateur, Tétard, son neveu, militaire puis auteur de pièces de théâtre, en sont membres.

A partir de 1965, le Parti est le fer de lance de la politique de contrôle des naissances :

« Un ce n’est pas peu, deux c’est ce qu’il faut, trois c’est un de trop. »

La tante devient chef de guerre, elle pratique 2 000 avortements, impose stérilets, vasectomies et ligatures des trompes et entretient des espions pour connaître les grossesses non autorisées.


MON AVIS

Mo Yan revient avec un roman d'un style d'écriture exceptionnel, où la forme originale, éclatée, parvient quand même à nous faire découvrir la culture chinoise et surtout, ses traditions. Il use d'un vocabulaire peu accessible pour les écrivains occidentaux. Par contre, on n'est pas trop dépaysé par Mo Yan, parce qu'il possède une bonne connaissance de la littérature occidentale. Il parle de Jean-Paul Sartre dès les premières pages, et ensuite, les références à Don Quichotte sont nombreuses et l'ironie qui se dégage de ses romans se rapproche de celui de Cervantès. Malgré ses opinions assez conservatrices (pour la politique chinoise), je crois qu'il faut être un grand révolutionnaire pour en arriver à pénétrer si profondément dans l'âme humaine comme il le fait. Sa littérature universelle, qui a pour origine des thèmes régionaux, le place aux côtés des plus grands.

Têtard s'efface parfois du récit, laissant le grand rôle à sa tante, lui est très attaché, jure sur sa tête, etc. L'histoire racontée par Têtard semble sortit d'un rêve tellement elle est déjantée, explosive, merveilleuse. Têtard est un être bon, qui se transforme au fil du récit, qui veut s'améliorer et par son style d'écriture, (c'est un des tours de force de Mo Yan), on voit son grand humanisme. Il est un homme à la recherche de la vérité, si elle existe. Et pour voir l'opinion de Mo Yan sur son pays, la critique qu'il en fait, il faut être attentif aux détails. Pour terminer, "Grenouilles" est sans doute un des meilleurs que j'ai lu de Mo Yan, avec "Le supplice du santal". L'œuvre de Mo Yan, profondément humaine, suit une certaine logique en parcourant l'histoire de la Chine, en racontant le particulier (l'histoire régionale) pour expliquer le général (l'histoire du pays).


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Re: MO YAN ( Chine )

Message  Arun le Ven 26 Juin 2015 - 8:07

Merci infiniment Sapho de ce partage ! je ne me souviens pas d'avoir jamais lu cet auteur chinois et je le regrette ! pourtant certains titres ne me sont pas étrangers. Étrange de ma part, d'autant qu'il a eu un prix ! Mais, par principe, je ne prête pas toujours d'attention aux prix . Je ferai une recherche dans ma bibliothèque ... Smile

Je note les derniers titres inspiration

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Re: MO YAN ( Chine )

Message  Arun le Ven 17 Juil 2015 - 11:04

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La joie


Mo Yan
a puisé aux racines les plus profondes de sa propre histoire pour écrire ce roman : celui d'un fils de paysans pauvres du Shandong qui rêve d'entrer à l'université pour échapper à la misère, et qui, après ses échecs répétés, se réfugie dans un monde secret peuplé de mirages et de souvenirs. Car son héros, surnommé Yongle, « Joie Eternelle », a bien des correspondances avec le romancier. Lui aussi a connu la faim dans la même province, muré dans le silence et la solitude, sauvé par le désir entêtant d'écrire afin de pouvoir « s'épancher et manger des raviolis à tous les repas ». Dans ce récit bruissant d'éclats d'eau, de lumière et de nuit, la poésie jaillit des odeurs chaudes de la terre sans renier sa trivialité la plus crue ; et Yongle, du fond du mépris et de l'abjection qu'il subit, dans un ultime instant, se sent enfin envahi par l'émotion d'une joie suprême.-4e de couverture-


Je viens d'en faire l'acquisition. A suivre donc ...
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Re: MO YAN ( Chine )

Message  Sapho le Ven 17 Juil 2015 - 11:15

Je suis persuadée que ce livre va te plaire ma chère Arun et ce malgré son écriture assez décalée mais qui reflète parfaitement les états d'âmes des chinois.

Bonne lecture et prends-y beaucoup de plaisir !

lévitation méditatio lévitation méditatio lévitation méditatio
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Re: MO YAN ( Chine )

Message  Arun le Mer 12 Aoû 2015 - 8:11

Je viens de le finir, j'ai failli en abandonner, à plusieurs reprises, la lecture. Seule, l'idée de voir autrement ce monde secret m'a insufflé l'envie d'aller jusqu'au bout ... car si la poésie jaillit parfois des odeurs de la terre, elle reste stoppée dans la crudité de ce récit.

En effet, Mo Yan manie l'ironie comme une arme à double tranchant. D'un côté de la lame, le personnage principal, un paysan pauvre du Shandong qui échoue régulièrement au concours d'entrée à l'université et qui exècre la campagne et tout se qui s'y trouve, les bouseux comme lui, les animaux, les plantes, la terre et ses odeurs. De l'autre le narrateur s'adressant au premier à la seconde personne et s'évertuant à étriller ses propres souvenirs dans un exercice cruel d'auto-dérision. Personne n'en sort épargné. Ici, le poids des conventions écrase l'individu et le fait sombrer dans une réalité alternative, qui est à la fois une échappatoire et un chemin de croix. On pense au Meursault de Camus. Le récit est halluciné, sombre, névrotique, envahi des miasmes symboliques d'une sexualité refoulée (vomi, urine, vers, loches, serpents, crapauds, tortues molles inondent le quotidien). Une œuvre qui tient autant de la psychothérapie que de la littérature.
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Re: MO YAN ( Chine )

Message  Sapho le Mer 12 Aoû 2015 - 14:53

Le livre que tu viens de poster, je ne l'ai pas lu!

Je vais le noter car j'aime tous ceux que j'ai lu jusqu'à présent : Grenouilles, Au pays de l'alcool, Treize pas, Beaux seins belles fesses, La dure loi du Karma, Le chantier, Le supplice de santal, Le coureur de fond.

Le plus déroutant de tous est certainement Treize pas

RESUME

Parmi les étrangetés de la société chinoise des années 80, le lycée n°8, à la fois établissement scolaire et usine autogérée de conserves de lapin. Tandis que Zhang Hongqiu et Fang Fugui tentent d'y enseigner la théorie de la relativité, leurs épouses sont préposées à d'autres tâches : Du Xiaoying, diplômée de russe, dépiaute des centaines de lapins, et Li Yuchan est esthéticienne au funérarium...

« Un conte fantastique qui puise dans la culture chinoise ancestrale. Un cauchemar sur le sexe et le pouvoir. C’est atroce et fascinant. » LIRE édition


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Re: MO YAN ( Chine )

Message  Arun le Mer 12 Aoû 2015 - 15:56

Je veux bien en essayer un autre "Treize pas" me parait aussi hallucinant que " La joie" !  donc je note ... Smile
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Re: MO YAN ( Chine )

Message  Sapho le Sam 9 Avr 2016 - 19:10


LIVRE LU : LE VEAU


RESUME


Mêlant souvenirs et imagination débordante, ces deux nouvelles que relient l'attachement de Mo Yan à l'enfance, à sa province natale et au monde animal, décrivent une Chine rurale où la débrouillardise permet d'affronter la dure réalité.

Mo Yan lui-même s'y dévoile comme jamais, en adolescent turbulent et bavard aux prises avec la souffrance du veau, la misère, et la ruse infinie des hommes, ou en observateur de dix ans, candide et curieux, de la course de fond organisée par l'école.

À chaque tour de piste, c'est la surprise, le suspense grandit tandis que l'enfant dresse un tableau truculent de la vie de son canton dans les années soixante.

Mo Yan laisse exploser avec délices la malice et l"énergie de l"enfance, la bonhommie, le courage et l"humour vache du monde paysan soumis aux lois absurdes de l'époque maoïste.


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IMPRESSIONS




Après avoir lu une douzaine de livres de l'un de mes auteurs asiatiques favoris, j'ai découvert ces deux nouvelles qui me semble une bonne approche de cet auteur pour ceux qui ne l'on jamais abordé.


Une opportunité appréciable quand on sait sa propension à accoucher d’énormes pavés de largement plus de 500 pages, tels "Beaux seins, belles fesses", best seller en Chine et sélectionné dans la liste de référence 2012 du Point, qui dépasse allègrement les mille pages…

Pour bien comprendre Mo Yan – dont le nom, construit à partir de son patronyme Guan Moye, signifie "Ne pas dire", superbe clin d’œil à la censure – il faut savoir qu’il est issu de l’une de ces innombrables familles de paysans chinois pauvres ou moyennement-pauvres (selon la dénomination officielle des plus beaux jours de la dictature maoïste), plus ou moins sauvées par l’armée populaire chinoise lors de la guerre contre Tchang Kaï-Shek. Il fut longtemps lui-même un soldat écrivain avant de se consacrer entièrement à l’écriture, construisant peu à peu une gigantesque fresque de la société chinoise contemporaine, dénonçant ses dérives tout en veillant bien à ne pas tomber sous les coups de la censure.

Le livre dont il est ici question regroupe deux nouvelles publiées à distance mais dont le point commun est de dénoncer, sous le couvert d’histoires a priori toute simples, les dérives et les aberrations de la Chine communiste sous Mao.

La nouvelle principale "Le veau" nous montre les tribulations d’une famille paysanne pauvre qui, de crainte de ne pouvoir nourrir le bétail, décide de faire castrer trois veaux. L’histoire tournera d’autant plus au cauchemar que l’incompétence, le manque de moyens, la position doctrinaire ridicule qui enferme les uns et les autres dans des postures de classe figées, la prévarication et, aussi, la faim s’en mêleront.

Dans la deuxième nouvelle, l’auteur nous relate l’histoire vraie de l’un de ses professeurs, Zhu Zongren, qui aura marqué sa jeunesse par son charisme et ses prouesses sportives improbables. Mais c’est aussi et surtout l’illustration de l’immense bêtise qui amène à cataloguer comme "droitiers", c’est-à-dire réputés déviants de la doctrine tout ce qui compte d’esprits brillants, d’intellectuels ou tout simplement celles et ceux qui, pour le plus anodin des gestes, seront sélectionnés pour remplir les quotas définis par le pouvoir central.

Derrière un style à la fois débonnaire et souvent assez drôle se cache en fait une critique au vitriol, à peine déguisée, des dérives d’une société qui allait tout droit à sa perte. Tout cela se lit facilement et rapidement et devrait être de nature à vous encourager à vous attaquer aux morceaux de choix de cet auteur majeur.

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