ELSA OSORIO ( Argentine )

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ELSA OSORIO ( Argentine )

Message  Sapho le Lun 6 Juil 2015 - 17:14


BIOGRAPHE

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Elsa Osorio est née à Buenos Aires en 1952. Après des études littéraires, elle mène les carrières parallèles d’écrivain, journaliste, scénariste et professeur. Son premier roman, Ritos Privados, en 1982, est distingué par le prix littéraire le plus important en Argentine. Elle s’exile à Madrid en 1994. Luz ou le temps sauvage, 2002, sur le thème des « enfants volés » pendant la dictature argentine, lui donne [color=#ff0000]une reconnaissance ff0000]]internationale. Le roman sera traduit dans plus de vingt langues et recevra le prix Amnesty International. Elle couvre pour la presse les procès de responsables de la dictature qui se tiennent à Madrid.

Tango, 2007, met en scène Luis et Ana, deux argentins réunis lors d’une soirée tango à Paris. Sept nuits d'insomnie, 2010, est un recueil de nouvelles dont quelques unes sont situées à Buenos Aires, la ville natale remarquablement revisitée par l’auteure.

LIVRE LU : TANGO


Ana est une jeune femme née en Argentine mais qui a pratiquement toujours vécu en France. Pour elle et pour sa famille, l'Argentine est un sujet tabou. Alors qu'elle va danser le tango, elle rencontre Luis, un Argentin. Il écrit un film sur les débuts du tango (le grand-père de Luis, Juan Montes, est connu pour ses tangos), et propose à Ana de collaborer avec lui. En tant que chercheuse en sociologie, elle va alors se lancer dans de vastes recherches qui la conduiront à en savoir plus sur son pays d'origine et sur sa famille.

Ceci est le fil rouge du livre, mais n'en est pas le sujet principal. Elsa Osorio nous plonge dans la société du début des années 1900, entre Buenos Aires et Paris. Les débuts du tango dans les bordels, et son infiltration petit à petit dans toutes les couches de la société ; c'est aussi toute une fresque sociale, avec ses personnages qui s'aiment malgré leurs origines sociales différentes, et cherchent à affronter leurs familles pour imposer leur amour, leur choix de vie.

L'écriture est très particulière : le récit est ponctuellement commenté par des personnes ayant vécu cette époque et vivant à "Tango", paradis pour ceux ayant vécu cette danse. Car le tango ne se danse pas, il se vit, il transcende le danseur pour s'exprimer à travers lui. Le tango parle aussi, et se fait narrateur :

"Ces débats t'assommaient, tout cela était si loin de la Tero, de la Joaquina et de la Nata, mais chacun pouvait me vivre comme il le voulait, je n'étais peut-être pas la même danse que dans ces maisons canailles où je suis né, mais il y a toujours un homme face à une femme et moi qui les mêle dans le désir"

L'auteur change très souvent de narrateur, nous permettant ainsi de mieux connaître l'intimité des pensées de chaque personnage.

Le style est peut-être un peu déroutant au début, l'histoire met un peu de temps à s'installer, mais passé les cinquante premières pages, on a vraiment l'impression d'être immergé, de vivre au rythme du tango.

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CETTE AMBIANCE POUR MOI, SI PARTICULIERE.............


Tango raconte le roman de ce « chaloupé de sauvages » sorti des bordels et qui devient danse de salon, à travers l’histoire de Luis, l’Argentin, et d’Ana la Française née à Buenos Aires. Réunis par le hasard de la danse, ils vont réaliser ensemble un film sur l’histoire de l’Argentine, et découvrir les tempêtes qui ont autrefois emporté leurs familles.
En même temps que l’amour naissant entre Ana et Luis, on suit ainsi les histoires parallèles d’Hernan le danseur, de Juan le compositeur, de Rosa, de Mercedes, et de beaucoup d’autres, au début du 20e siècle. On assiste aux tumultes qui secouent un pays au bord de la révolution, sur fond de crise économique, sociale et politique.
Au cours du récit, complexe, dont la construction pas du tout linéaire est rythmée comme les allers-retours d’un tango, les générations, les lieux, les époques s’entremêlent. On voyage avec les personnages, de Buenos Aires à Paris, sous l’œil bienveillant des ancêtres qui commentent l’action, et de Tango lui-même qui est ici un personnage à part entière : comme chez beaucoup d’écrivains latino-américains, le surnaturel n’est jamais bien loin !
Je me suis complètement laissé porter par le rythme de cette écriture où la violence le dispute à la sensualité, et qui m’a donné très envie… d’apprendre à danser le tango !
Un livre qui donne envie de rechercher des enregistrements des nombreux airs évoqués, et qui dessine de magnifiques portraits d'hommes et de femmes aux destins complexes.


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Re: ELSA OSORIO ( Argentine )

Message  Sapho le Lun 6 Juil 2015 - 17:18


EXTRAIT D'UNE INTERVIEW FAITE A PARIS LORS DE LA PARUTION DE SON LIVRE


En termes d'écriture et de composition, la rédaction de votre roman a-t-elle été influencée surtout par votre expérience de cinéaste ou plutôt par le rythme du tango ?

Quand j'ai comparé tout à l'heure le narrateur à l'objectif d'une caméra, je ne pensais pas seulement à la façon dont Tango a été écrit – je pense que cette comparaison vaut sur un plan général. Quant à la musique, je m'étais effectivement posé comme défi de faire littéralement entendre le tango aux lecteurs par le truchement du phrasé de ma prose. Je voulais travailler celle-ci selon un rythme qui soit évocateur du tango de l'époque où je situais mon récit – une tâche d'autant plus délicate qu'en plus de la musicalité je voulais aussi transmette le mouvement des corps... De plus, les difficultés augmentaient parce que les gens dansent beaucoup dans le roman, et il me fallait à chaque fois essayer d'écrire les choses différemment (rires). Je pense être parvenue à donner à mon écriture un rythme qui suit la musique du tango, et à avoir rendu mon récit assez visuel – du moins je l'espère. J'espère également avoir réussi à communiquer cette idée que le tango est plus qu'une danse, plus qu'une musique : c'est une véritable façon de vivre. Je pense que s'il rassemble autant de gens par-delà leurs diversités culturelles et sociales, c'est à cause du rôle qu'il assigne à l'homme et à la femme ; quand ils dansent, il s'agit pour eux de "marcher ensemble", en harmonie – et c'est de cette façon que la plupart des couples, aujourd'hui, envisagent la vie commune. Les femmes ne sont plus astreintes à la seule obéissance à leur conjoint. Je ne suis pas d'accord avec ceux qui disent que le tango est macho : pour moi – c'est un avis personnel, pas une affirmation péremptoire... – le tango est avant tout quête d'harmonie entre l'homme et la femme qui le dansent.

Votre écriture est très virtuose ; cela a dû représenter un travail délicat pour le traducteur, Jean-Marie Saint-Lu...


Nous avons échangé beaucoup de courriels – il me contactait dès qu'il avait un doute sur tel ou tel mot, et me demandait beaucoup de précisions, notamment en ce qui concerne les figures du tango, pour lesquelles il faut user d'un vocabulaire très compliqué. Et je tâchais, alors, d'expliquer en espagnol à quel genre de figure correspondait tel ou tel mot. Outre le jargon propre au tango, l'autre difficulté du texte était de respecter les niveaux de langue de chaque personnage – sans oublier que le niveau de langue est aussi une question de circonstances, par exemple, vous n'emploierez pas forcément le même vocabulaire avec vos amis qu'avec votre tante d'un certain âge (rires). Bien que je me sois toujours efforcée d'employer les termes justes, j'ai évité le registre trop argotique – mais j'ai été très attentive à respecter les nuances de langage inhérentes aux origines géographiques des protagonistes : un Argentin d'origine italienne ne parlera pas le même espagnol qu'un Argentin d'origine française, ou espagnole. J'ai essayé de restituer ces subtilités de l'espagnol oral, mais la version française en a gommé la plupart.


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Re: ELSA OSORIO ( Argentine )

Message  Arun le Lun 6 Juil 2015 - 18:59

Ah merci beaucoup Sapho ! j'avais déjà lu quelques commentaires concernant "Tango". Je pense également au magnifique film de Carlos Saura que j'avais tant aimé et admiré à l'époque ...

Je retiens et je note Sapho, ayant lu avec beaucoup d'attention les commentaires que tu nous fait le plaisir de partager, j'y suis fort sensible ! c'est un récit qui me plairait assurément rose


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La Capitana

Message  bergamote le Ven 2 Oct 2015 - 16:41


La Capitana d’Elsa Osorio

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La capitana, Mika Etchebéhère est née en 1902, à Moisés Ville une petite ville (comuna) de la province de Santa Fe en Argentine fondée le 23 octobre 1889 par des Juifs de Russie et de l'Europe de l'Est, fuyant les pogroms et les persécutions.
Son père enseigne le yiddish à la colonie juive avant de s'installer à Rosario, où il ouvre un petit restaurant.
L'enfance de Mika est emplie d'histoires de révolutionnaires russes échappés des prisons tsaristes de Sibérie2.
Dès l'âge de 15 ans, elle milite dans le groupe anarchiste de Rosario. Elle crée avec Eva Vives, Joan Pauna et d'autres militants libertaires, l'association féministe Louise Michel2.
Spoiler:
En 1920, étudiante en médecine dentaire à l'Université de Buenos Aires, elle rencontre son futur compagnon, Hippolyte Etchebéhère3 qui milite au groupe marxiste libertaire, Insurrexit. Ensemble, ils partagent le même engagement politique.
En 1924, influencés par la révolution russe, ils adhèrent ensemble au Parti communiste d'Argentine (PCA), mais en sont exclus en 19254 pour « tendance anarchisantes »5 et pour avoir refusé de condamner Trotsky, sans pour autant avoir rejoint ou formé un groupe trotskyste.
Au début de 1926, elle participe à la fondation de Parti communiste ouvrier (PCO) qui publie le journal La Chispa, ce pourquoi les membres de ce groupe trotskyste et anti-bolchevique dissout en 1929, sont connus sous l'étiquette de « chispistas »2.
Elle se rend ensuite en Patagonie pour collecter des témoignages de première main sur les massacres commis par l'armée durant ce que l'on a nommé Patagonie rebelle concernant les luttes menées entre 1920 et 1921 par des travailleurs et paysans insurgés, principalement anarcho-syndicalistes, dans la province de Santa Cruz, en Patagonie argentine.
En 19304, le couple se rend en Europe, en juin d'abord dans l'Espagne de la toute nouvelle Seconde République, puis en France. En octobre 1932, elle est à Berlin et assiste à la prise du pouvoir par les nazis, constatant « la tragédie du prolétariat allemand »2.
De retour à Paris en décembre 1934, elle participe avec son compagnon à la fondation de la revue communiste anti-stalinienne Que faire ?2.
Révolution espagnole[
Le 12 Juillet 1936, six jours avant le coup d'État franquiste en Espagne, elle est à Madrid.
Le couple s'engage comme volontaires dans une colonne motorisée du Parti ouvrier d'unification marxiste dont Hippolyte est nommé commandant4. Le 16 août 1936, Hippolyte est tué d'une balle de mitrailleuse lors des combats de Sigüenza (Guadalajara, Castille)4. Après avoir songé un moment à se suicider et malgré les difficultés à se faire accepter comme femme combattante sur le front, elle est finalement élue responsable de sa compagnie par ses camarades. Fin 1936, après la militarisation des milices, elle rejoint la 38e Brigade. Sa compagnie décimée dans de violents combats, elle intègre comme officier, avec le grade de capitaine, la XIVe division de l'Armée populaire espagnole(fondée le 10 février 1937) et dirigée par l'anarchiste Cipriano Mera5.
Selon Édouard Waintrop : « Ce sont les combats et l'attitude de Mika qui feront d'elle, sans qu'elle le revendique, sans même qu'elle le veuille, le chef naturel, avec le grade de capitaine, de cette escouade de durs, un anarchiste marseillais et des Estrémègnes (d'Estrémadure), des mômes et des vieillards, des paysans et des ouvriers. Elle a gagné l'estime de tous en devenant une femme d'acier. Encore faut-il s'entendre sur ce terme. Être une femme d'acier, pour Mika, ce n'est pas cacher ses sentiments, sa compassion, c'est seulement ne pas céder à certaines pulsions sexuelles. »4
Lors des journées de mai 1937 à Barcelone, elle est arrêtée sur le front à Guadalajara par des agents staliniens. Incarcérée à Madrid, elle ne doit sa libération qu'à l'intervention personnelle de Cipriano Mera. À sa sortie de prison, elle rejoint le groupe féministe libertaire, Mujeres Libres2. Elle participe aux combats jusqu'en juin 1938, lorsque les femmes sont renvoyées vers l'arrière5.
Elle donne des cours d'alphabétisation et de formation culturelle dans un hôpital de Madrid tenu par la Confédération nationale du travail (CNT) tout en continuant de participer aux activités des Mujeres Libres2. Le 28 mars 1939, après la chute de Madrid, et grâce à son passeport français, elle se réfugie dans l'école française pendant six mois avant de rejoindre Paris.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, en raison de son origine juive, elle se réfugie dans sa famille en Argentine4.

Ma guerre d'Espagne à moi

À la mi-1946, elle rentre en France, où elle gagne sa vie comme traductrice à Air France4.
Elle participe à la fondation du Cercle Zimmerwald. Pendant les événements de Mai 1968, à 66 ans, elle distribue des gants blancs aux jeunes étudiants qui dépavent les rues pour construite des barricades, afin qu'ils ne se fassent pas interpeller par la police lors des contrôles, du fait de leurs mains noircies par la poussière2.
Elle participe également aux diverses manifestations contre les dictatures instaurées en Amérique du Sud par des coups d'État.
Elle est l'auteure en français d'une autobiographie, Ma guerre d'Espagne à moi où elle raconte ce qui se passe jour après jour sur le champ de bataille et dans la tête des combattants4. Publié en 1976 chez Denoël, dans la collection des « Dossiers des Lettres Nouvelles », traduit en espagnol l'année suivante, le livre est repris, puis laissé en déshérence, chez Actes Sud en 1999 dans la collection « Babel Révolutions » et enfin réédité en 2014 chez Milena. Elle a été une amie proche de Julio Cortázar, Alfonsina Storni, Copi et d'André Breton.
Mika Etchebéhère meurt le 7 Juillet 1992 à Paris et, selon son vœu, ses cendres sont dispersées dans la Seine.
Citation « Ce qui peut me rester de l'anarchisme, c'est mon incapacité à respecter les hiérarchies imposées et ma foi dans le cercle de l'égalité... »



La Capitana


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4ème de couverture

Certaines vies sont des romans qu'aucun romancier n'oserait écrire par crainte d'être taxé d'invraisemblance. Mika, la Capitana d'Elsa Osorio, semble avoir eu l'habitude de se trouver à l'épicentre des convulsions qui ont secoué le monde contemporain depuis les années 30. Micaela Feldman de Etchebéhère (1902-1992), alias Mika, la Capitana, a réellement vécu en Patagonie, à Paris, à Berlin, en Espagne, elle a tenu toute sa vie des carnets de notes. A partir de ces notes, des rencontres avec les gens qui l'ont connue, des recoupements de l'Histoire, Elsa Osorio transforme ce qui pourrait n'être qu'une biographie en littérature. Mika a appartenu à cette génération qui a toujours lutté pour l'égalité, la justice et la liberté. Elsa Osorio, portée par ce personnage hors du commun, écrit un roman d'amour passionné et une quête intellectuelle exigeante en mettant en oeuvre tout son savoir-faire littéraire pour combler les trous de l'Histoire.

Mon avis

J’ai connu une petite partie de ce qu’a vécu La Capitana en ayant été toute ma vie et l’étant toujours très proche d’un organisme trotskyste. Je reconnais les querelles entre « camarades » du PC et les autres…
Je reconnais parfaitement les injures et le mépris pour ne pas dire la haine qu’éprouvaient pour nous les membres influents staliniens du PC. Ce n’était pas la chasse au capitalisme qu’ils menaient à une époque pas si lointaine, mais la chasse aux révolutionnaires trotskistes et autres.

Donc je n’en dirai pas plus sur ce roman qui pour moi est un grand moment de l’histoire car qui connait Michèle Feldman ? Cette grande dame qui a risqué sa vie partout où il fallait lutter contre le fascisme que ce soit en Espagne, en Argentine, en Allemagne et en France ?

Merci à Elsa Osorio de nous avoir rappelé que des personnages comme la Capitana nous ont donné l’exemple du courage.
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Re: ELSA OSORIO ( Argentine )

Message  Arun le Dim 4 Oct 2015 - 15:06

Merci infiniment Berga pour ce nouveau partage. Je ne connaissais pas Micaela Feldman ni Elsa Osorio. Cette histoire m’intéresse également. Il est vrai que l’héroïne me parait être un personnage hors du commun ! je comprends que ce roman historique t'ait touché ! en le lisant j’apprendrai certainement beaucoup study


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Re: ELSA OSORIO ( Argentine )

Message  bergamote le Dim 4 Oct 2015 - 17:38

Oui Arun mais surtout tu te souviendras tu te diras: mais oui je me souviens pas de tout évidemment cette grande dame est passée avant nous mais les choses n'ont pas changé beaucoup concernant les relations entre les hommes (et les femmes) Evil or Very Mad
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Re: ELSA OSORIO ( Argentine )

Message  Arun le Dim 4 Oct 2015 - 19:01

Berga a écrit: mais les choses n'ont pas changé beaucoup concernant les relations entre les hommes (et les femmes)

Oui, je pense comme toi Berga hélas ! Mad


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Re: ELSA OSORIO ( Argentine )

Message  Sapho le Jeu 28 Juil 2016 - 15:48


Je viens de terminer LA CAPITANA, lu aussi par Marie.

Pour moi, un livre "essentiel "!

Mika Etchebéhère (1902-1992), une femme argentine au destin exceptionnel, a passé sa vie à lutter pour l’égalité, la liberté et la justice, que ce soit en participant à des revues politiques ou en prenant les armes pendant la guerre civile d’Espagne.

Très jeune, elle a été nourrie à l’idéalisme révolutionnaire et anti-capitaliste. Avec son compagnon Hippolyte, elle a mûri à travers la Commune de Paris, la révolution de 1917, et les textes de Marx et d’Engels. Elle est de ceux qui croyait en la force des partis politiques pour renverser le pouvoir, et qui ont vu la classe ouvrière unie gagner en importance puis s’amenuiser dans la seconde moitié du vingtième siècle.

La Capitana est le résultat d’une enquête extrêmement documentée qui a duré des années. Avec son style polyphonique, Elsa Osorio a prêté avec talent ses émotions, ses mots, à la voix de Mika Etchebéhère et a rendu un hommage personnel, intime, à cette femme et à l’engagement politique. Un texte émouvant qui sort de l’oubli une femme extraordinaire, qui nous rappelle combien nous manquons de courage et d’idéalisme, qui nous rappelle le vrai sens du mot révolution.

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Re: ELSA OSORIO ( Argentine )

Message  Sapho le Jeu 28 Juil 2016 - 15:58


La gauche a-t-elle un avenir?



Pourquoi la gauche, ouvrière et intellectuelle, a-t-elle été vaincue par le fascisme, dans les années 1930 et plus tard ? Parallèlement aux essais de Pelletier, j’ai lu la traduction française du livre d’Elsa Osorio, La Capitana (Métailié, 2012), retraçant le destin de Micaela Feldman de Etchebéhère (1902–1992), révolutionnaire appartenant au POUM (Parti ouvrier d’unification marxiste, dirigé par Andreu Nin). Cette Argentine s’était profondément engagée dans la guerre civile espagnole ; elle est demeurée gauchiste militante pendant toute sa vie. C’est en suivant ses déplacements en Europe (Paris, Berlin, Madrid) que les causes de l’échec du socialisme sautent aux yeux : le communisme dans sa forme pure avait déjà été corrompu par Lénine, mais c’est Staline qui a retourné à la manière d’un gant les fondements de la pensée marxiste, comme chacun sait. Avec l’efficacité d’un rouleau compresseur, Staline a systématiquement étiqueté de « fasciste » puis éliminé tout ce qui le gênait, dont le POUM, justement. Quand on (re)lit le seul livre de Micaela Feldman, Ma guerre d’Espagne à moi (Denoël, 1975), la perversion de l’intellect humain se met à nu dans toute son horreur : il n’est pas exagéré de dire, comme le fait Pelletier dans ses essais, que ce sont les luttes intestines qui ont provoqué la faillite de la gauche qui, pour satisfaire le besoin de la démocratie, a généré une multitude de groupes, de groupuscules, tous se toisant de loin, se condamnant mutuellement. Les mots-clés de la défaite : méfiance, dénigrement, magouille, envie, incompréhension, mais surtout, soif du pouvoir. Le homo homini lupus trouve dans la gauche sa parfaite illustration. Si la droite, et surtout le fascisme, a connu les mêmes problèmes, elle a survécu à cause de la brutalité des leaders, par le sacrifice d’innombrables vies humaines, alors que la gauche préfère la mort de l’individu (de préférence, héroïque), s’efforçant de garder une teinte d’humanisme.

JACQUES PELLETIER
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Re: ELSA OSORIO ( Argentine )

Message  bergamote le Jeu 28 Juil 2016 - 17:09

merci Sapho

en effet quelle grande dame cette "capitana" et quel destin !
merci à toi de ton avis et du complément d'information .
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