Jacques Prévert

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Jacques Prévert

Message  Arun le Mar 1 Sep 2015 - 7:35


Oh ! je voudrais tant que tu te souviennes
Des jours heureux où nous étions amis.
En ce temps-là la vie était plus belle,
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle.
Tu vois, je n'ai pas oublié...
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi
Et le vent du nord les emporte
Dans la nuit froide de l'oubli.
Tu vois, je n'ai pas oublié
La chanson que tu me chantais.
C'est une chanson qui nous ressemble.
Toi, tu m'aimais et je t'aimais
Nous vivions tous le deux ensemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Mais la vie sépare ceux qui s'aiment.
Tout doucement, sans faire de bruit
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis.

Lalala .....

Mais la vie sépare ceux qui s'aiment.
Tout doucement, sans faire de bruit
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis.
Et la mer efface sur le sable Les pas des amants désunis.


"Le mouton n'a pas mangé la rose et le Petit Prince n'est pas mort"

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Arun
Tour de contrôle


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Re: Jacques Prévert

Message  Sapho le Mar 1 Sep 2015 - 14:37


« Jacques Prévert est très attaché à la langue. Il est un gourmet des mots qui éprouve un vrai plaisir en jouant avec eux. Et cette jouissance du verbe, il la communique à ses lecteurs. Dès que les mots jaillissent, il les attrape et s’amuse : il les associe, les oppose, les détourne, les fait sonner les uns avec les autres, joue avec leurs différents sens… Il part de mots simples, « des mots de tous les jours » comme les nomme Garance/Arletty dans Les Enfants du paradis (Marcel Carné, 1945). Et, grâce à un travail d’orfèvre, il leur donne une force et une vivacité teintées d’humour – parfois noir et féroce – qui constituent sa patte. L’humour est capital. N’oublions pas que Prévert a été élevé à la distinction de Satrape du Collège de Pataphysique en qualité de fabricant de Petits Plats dans les Grands pour la définition qu’il en avait donnée dans La Nef (01/1951) : " Depuis trop longtemps on prenait l’humour à la légère, il s’agit maintenant de le prendre à la lourde " »

Carole AUROUET

LA PARODIE CHEZ PREVERT


La parodie est une forme d'expression de l'humour. Elle est une technique de réécriture d'un texte célèbre, qu'elle déforme dans une perspective satirique. C'est donc à une dérision de la religion que nous convie notre auteur dans le poème "Pater Noster". Morceau choisi :
Notre père qui êtes aux cieux/Restez-y/Et nous nous resterons
sur la terre/Qui est quelquefois si jolie/Avec ses mystères de New-York/
Et puis ses mystères de Paris/ Qui valent celui de la trinité (p. 58)

Cette prière à la Prévert dénote son anticléricalisme : elle a pour héros l'homme. Elle chante les réalités mondaines, célèbre les charmes de la vie sur terre. Dans ce texte au ton incisif, le poète cloue Dieu au pilori. Aussi marque-t-il la distanciation de l'homme par rapport au Créateur, rompt-il tout lien affectif, toute affinité entre les deux en recourant au vouvoiement. Ce système énonciatif tranche radicalement avec le tutoiement patent dans la prière universelle du chrétien dont le poème est une imitation comique. Le poète semble donner la réplique au philosophe Nietzsche pour qui "Dieu est mort, vive le surhomme".


· Le poème, en effet, sous l'apparence, vite abandonnée, de la prière à Dieu, dévoile un sentiment d'admiration, totalement païen, pour le monde et ses beautés, qui n'exclut pas une dénonciation amère, quoique plus discrète, des malheurs qui s'y déroulent. C'est par le biais d'une écriture très vive, familière et parfois ironique, que le poète clarifie sa position.


PATER NOSTER

Notre Père qui êtes au cieux
Restez-y
Et nous nous resterons sur la terre
Qui est quelquefois si jolie
Avec ses mystères de New York
Et puis ses mystères de Paris
Qui valent bien celui de la Trinité
Avec son petit canal de l'Ourcq
Sa grande muraille de Chine
Sa rivière de Morlaix
Ses bêtises de Cambrai
Avec son océan Pacifique
Et ses deux bassins aux Tuileries
Avec ses bons enfants et ses mauvais sujets
Avec toutes les merveilles du monde
Qui sont là
Simplement sur la terre
Offertes à tout le monde
Éparpillées
Émerveillées elles-mêmes d'être de telles merveilles
Et qui n'osent se l'avouer
Comme une jolie fille nue qui n'ose se montrer
Avec les épouvantables malheurs du monde
Qui sont légion
Avec leurs légionnaires
Avec leurs tortionnaires
Avec les maîtres de ce monde

Les maîtres avec leurs prêtres leurs traîtres et leurs
reîtres
Avec les saisons
Avec les années
Avec les jolies filles et avec les vieux cons
Avec la paille de la misère pourrissant dans l'acier des
canons.


bounce bounce bounce

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Sapho
Le sage ArtiLittere


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