Lydie Salvayre

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Lydie Salvayre

Message  Sapho le Sam 7 Nov 2015 - 15:46




BIOGRAPHIE


Lydie Salvayre, de son nom de jeune fille Lydie Arjona, est née d'un couple de républicains espagnols exilés dans le sud de la France depuis la fin de la guerre civile. Son père est andalou, sa mère catalane.

Elle passe son enfance à Auterive, près de Toulouse, dans le milieu modeste d'une colonie de réfugiés espagnols. Le français n'est pas sa langue maternelle, langue qu'elle découvre et avec laquelle elle se familiarise par la littérature.

Après son bac, elle suit des études de Lettres à l'Université de Toulouse, où elle obtient une licence de Lettres modernes et un certificat de littérature espagnole, avant de s'inscrire en 1969 à la Faculté de Médecine. Son diplôme de médecine en poche, elle part se spécialiser en psychiatrie à Marseille où elle exerce plusieurs années comme psychiatre à la clinique de Bouc Bel-Air.

Lydie Salvayre commence à écrire à la fin des années 70 et commence à publier de petits textes dans des revues littéraires d'Aix-en-Provence et de Marseille au début des années 80.

En 1983 elle s'installe à Paris et exerce dans un dispensaire à Argenteuil. Dans ses romans on retrouve plusieurs portraits de psychiatres mais aussi les thèmes du travail et des inégalités sociales.

Son style mâtiné d'espagnol rajeunit le français et se prête à l'adaptation théâtrale. Plusieurs de ses romans dont "La Puissance des mouches" et "La Compagnie des spectres" ont déjà été portés sur scène.

À plusieurs reprises favorite lors des prix littéraires son roman "La Compagnie des spectres", paru en 1997, a été élu "Meilleur livre de l'année" par la revue littéraire Lire.

Elle a également obtenu le prix François Billetdoux pour son roman ""BW" et le prix Goncourt 2014 pour son livre intitulé " Pas pleurer ", qui met en scène sa mère, Montse, et l'écrivain Georges Bernanos.


LIVRE LU


LA CONFERENCE DE CINTEGABELLE




À Cintegabelle, un conférencier rend hommage à l'art de la conversation, tombé en désuétude. Personnage complexe, jeune et veuf, à la fois généreux et égoïste, juste et absurde, mu par un idéal inaccessible, il articule son discours autour de trois parties : les intérêts de la conversation (réussir et séduire) d'une part, ses conditions favorables (la concision, la clarté, la politesse...) d'autre part, et conclut enfin par quelques exemples de conversation (politique, littéraire, amoureuse...). Sans virer au didactisme ni sombrer dans les bons sentiments, il réussit un démontage en règle de la société qui a pris la parole au détriment de ses citoyens, brossant un exact portrait du monde tel qu'il est, tel qu'il va. Long soliloque constitué de phrases fluides et nerveuses, inspiré par la colère, violent à l'occasion, drôle encore, cruel parfois,La Conférence de Cintegabelle passe en revue tous les travers d'une modernité inquiétante. La farce tourne à la dénonciation tous azimuts : la prétention des cocktails, les honoraires des psychiatres parisiens, l'arrogance des intellectuels, l'extrême droite...Pour Lydie Salvayre, il s'agit rien moins que de réinventer la parole, dans un texte résistant aux conformismes ambiants, d'une irrévérence lucide et turbulente.


RESSENTI


Le titre de ce qu'on n'ose appeler « roman » est d'une totale limpidité : il s'agit de la transcription d'une conférence tenue à Cintegabelle. Chef-lieu de canton de la Haute-Garonne, sur l'Ariège, 2 222 habitants, l'église abrite un intéressant mobilier, nous apprend la rapide consultation d'un dictionnaire. Autant dire que l'intérêt de l'endroit est très limité. Oserait-on avancer, bien qu'avec une extrême prudence, que le sujet de la conférence ne suscite guère plus d'enthousiasme ? La conversation, je vous demande un peu ! L'Art de la Conversation, même, avec des majuscules partout en quatrième de couverture... Franchement, est-ce que c'est la matière d'un livre, ça ?
Oui.
Oui, quand c'est Lydie Salvayre qui s'en empare.

Pourtant, l'art de la conversation est en péril dans notre société française ( et pourquoi pas belge également ).
Car la conversation a de multiples utilités, et le conférencier les détaille tellement mieux que nous pourrions le faire qu'il est légitime d'en faire l'économie ici.
Toujours est-il que, partie de rien ou de presque rien, prononcée dans une localité dont tout le monde (sauf peut-être 2 222 personnes) se moque, La conférence de Cintegabelle devient très vite un modèle de virtuosité langagière où ne manquent ni l'humour constant, ni la gravité, constamment en arrière-plan. Lydie Salvayre a réussi un chef-d’œuvre d'écriture.


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Sapho
Le sage ArtiLittere


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Re: Lydie Salvayre

Message  Arun le Sam 7 Nov 2015 - 17:38

Merci Sapho ! je découvre cette auteure et je demeure intriguée par ton ressenti concernant cette conférence très spéciale. Je le note donc comme un nouvel ouvrage que j'aimerai lire à l'avenir. Je vais avoir un peu de temps bientôt pour revenir à ce passe-temps bienfaiteur que l'on nomme lecture ... study study study


"Le mouton n'a pas mangé la rose et le Petit Prince n'est pas mort"

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Arun
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