Matthieu Ricard, Christophe André et Alexandre Jollien

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Matthieu Ricard, Christophe André et Alexandre Jollien

Message  Arun le Jeu 21 Jan 2016 - 18:21

Trois amis en quête de sagesse

Un traité de sagesse à trois voix.


Présentation de l’éditeur


Un traité de sagesse à trois voix.


   «Ce livre est né de notre amitié. Nous avions le profond désir d’une conversation intime sur les sujets qui nous tiennent à cœur.»

Trois amis en quête de sagesse, un moine, un philosophe, un psychiatre. Depuis longtemps, ils rêvaient d’écrire un livre ensemble, pour être utiles, pour apporter des réponses aux questions que tout être humain se pose sur la conduite de son existence. Quelles sont nos aspirations les plus profondes ? Comment diminuer le mal-être ? Comment vivre avec les autres ? Comment développer notre capacité au bonheur et à l’altruisme ? Comment devenir plus libre ?… Sur chaque thème, ils racontent leurs expériences, leurs efforts et les leçons apprises en chemin. Chaque fois, ils nous proposent des conseils. Leurs points de vue sont différents, mais ils se retrouvent toujours sur l’essentiel.
Un livre limpide et lumineux pour apprendre le métier de vivre.


Biographie des auteurs


Christophe André
est médecin psychiatre. Il a été l’un des premiers à introduire l’usage de la méditation en psychothérapie. Il est l’auteur, notamment, d’Imparfaits, libres et heureux (prix Psychologies Magazine 2006), Méditer, jour après jour, et de Et n’oublie pas d’être heureux.

Alexandre Jollien
est philosophe. Il a vécu dix-sept ans dans une institution spécialisée pour personnes handicapées. Il est l’auteur, entre autres, d’Éloge de la faiblesse (prix de l Académie française 1999), Petit Traité de l’abandon et de Vivre sans pourquoi.

Matthieu Ricard est moine bouddhiste depuis quarante ans. Il vit au Népal, où il se consacre aux projets humanitaires de l’association Karuna-Shechen. Il est notamment l’auteur de Le Moine et le Philosophe, L’Art de la méditation, Plaidoyer pour le bonheur, Plaidoyer pour l’altruisme et de Plaidoyer pour les animaux.


Mon avis

C'est sur le plateau de "La grande librairie"
sur France 5 que les 3 amis en quête de sagesse ont présenté leur ouvrage et c'est à cette occasion que j'ai pu découvrir ces trois sages. J'ai été immédiatement séduite par la paix joyeuse qui semblait se dégager d'eux ! aussi, j'ai essayé de me le procurer ce jour en librairie. Malheureusement je devrais attendre, il ne l'ont pas encore reçu. Mais il est sur Amazon ... study


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Re: Matthieu Ricard, Christophe André et Alexandre Jollien

Message  Arun le Jeu 28 Jan 2016 - 15:14

Vraiment intéressant, passionnant ... je l'ai commencé ce sera sans doute longtemps mon livre de chevet ! lévitation méditatio


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Re: Matthieu Ricard, Christophe André et Alexandre Jollien

Message  Sapho le Jeu 28 Jan 2016 - 16:12

Plus qu'intéressant Arun ! Je le note immédiatement !

Je connais un peu Matthieu Ricard pour avoir lu de lui de nombreux articles. Je me permets de mettre ici l'une de ses interviews :


Rencontrer le moine boudhiste Matthieu Ricard, c’est se faire servir un excellent thé, agrémenté d’un optimisme presque béat. Il dit qu’on le prendra pour un «imbécile», on ajoutera «heureux» ! L’ancien chercheur en biologie moléculaire a publié Vers une société altruiste, aux éditions Allary, avec la collaboration de Tania Singer, chercheuse en neurosciences. Etonnante proposition que de lier des disciplines a priori antagonistes - bouddhisme versus économie, sacré versus tangible. Avec son franc-parler, il prone davantage de bienveillance et de compassion dans nos systèmes financiers. Naïveté assumée, certes, mais réconfortante.

Dans nos sociétés individualistes, l’altruisme n’est-il pas une valeur en berne ?

C’est notre grand défi par excellence. Il y a un réel épuisement émotionnel, notamment dans les villes où l’on est dépassé par la multiplicité des sollicitations. Certains distinguent l’altruisme «intéressé» de l’altruisme «pur» - lorsqu’on n’attend rien en retour. Intéressé n’est pas un joli mot, la réciprocité naturelle participe à l’harmonie d’une société. Au Népal, on l’a d’ailleurs remarqué à la suite du séisme du 25 avril, la solidarité fait partie du fonctionnement des villages. Dans l’anonymat de capitales gigantesques, l’entraide est beaucoup plus limitée. Mais mettons la main à la pâte, Aristote disait : «On devient vertueux en pratiquant la vertu.»

Vous avez rencontré des chercheurs en neurosciences. Pourquoi avez-vous eu besoin d’apporter les preuves scientifiques de l’altruisme ?

Si on ne le fait pas, on nous reproche d’être de doux rêveurs ! La science corrobore ce que l’on sait déjà par l’expérience vécue. Du point de vue biologique, l’évolution sélectionne les traits les plus favorables à la survie. Puisque les êtres sont interdépendants, on devrait favoriser la coopération. Cependant, face à nos tendances individualistes et narcissiques, ce trait prédominant est voué à l’échec. A un contre un, les altruistes sont éradiqués, mais en groupe, ils ont un avantage face à un ensemble d’égoïstes refusant de coopérer. Nous pouvons espérer que la coopération prenne du poids au fil des générations.

Rapprocher le bouddhisme et l’économie, une idée surprenante ?


L’économie étant au cœur de tout, si on veut en finir avec l’homo economicus, dont le seul but est de maximiser ses intérêts personnels, le bouddhisme doit aussi s’en emparer, en tant qu’approche empirique de la réalité. Dans ce domaine, on assiste à une prise de conscience grandissante de l’importance de l’éthique et de la compassion. En anglais, on parle de caring economy : les économistes n’ont plus le droit de fermer les yeux sur l’environnement ou la pauvreté tant ces sujets sont devenus des priorités pour l’opinion publique. Dans le règne du chacun pour soi et de la complète dérégulation économique, les loups de Wall Street mènent la danse et la coopération tombe alors au plus bas. Le gouvernement devrait donc mettre en place des garde-fous pour réguler un système favorisant la coopération. Que l’on arrête de nous tanner en disant que les gens sont naturellement méfiants ! A priori, ils se font confiance et ont besoin d’un système où ils peuvent faire confiance.

Vous évoquez le microcrédit comme une solution, mais il a aussi été perverti, notamment en Inde où certains organismes sont entrés en Bourse…

Si l’économie est en stagnation, le microcrédit, le commerce équitable, les investissements responsables ou les banques coopératives restent très dynamiques. Ces secteurs résistent mieux à la crise car les investisseurs soutiennent les projets au-delà de leur potentiel profit parce que cela a du sens pour eux. Faire uniquement de l’argent et quitter le navire quand ça va mal, c’est d’une pauvreté inouïe d’un point de vue humain. J’avais proposé une sorte de label pour que ceux qui souhaitent investir dans l’économie «responsable» puissent le faire et être cotés en Bourse.

Comment expliquez-vous que nos sociétés restent autant attachées à l’argent ?

La consommation, ce n’est pas seulement aller au supermarché, c’est aussi la recherche d’un bonheur hédonique, l’importance donnée à l’image et au matérialisme. Les personnes les plus portées sur la consommation sont les moins heureuses, en moins bonne santé, elles ont moins de vrais amis et sont plus obsédées par la mort.Je parle d’un bonheur eudémonique, avec un sentiment d’accomplissement et de plénitude, plutôt que la poursuite d’un plaisir incessant. On va dire que je suis un imbécile parce que je suis plus heureux dans mon ermitage sans chauffage que dans un appartement luxueux, mais c’est vrai !

Vous expliquez que l’on peut s’entraîner à la compassion?

Bien sûr, on devrait s’y entraîner depuis tout petit à l’école laïque ! Dans des milieux très difficiles, on peut changer considérablement le comportement des enfants, en les faisant participer à des jeux coopératifs, prendre conscience des émotions des autres, les meilleurs élèves aident les moins bons, ils font des exercices de respiration, etc. En dix semaines, les discriminations s’estompent, c’est assez extraordinaire. Les sciences contemplatives et les neurosciences montrent que si vous faites un exercice de quinze minutes tous les jours pendant un mois, votre cerveau et votre système immunitaire changent fonctionnellement et structurellement. On peut entraîner les gens à des choses éthiquement douteuses, tuer par exemple. De la même façon, on peut entraîner à l’ouverture à l’autre, la patience, la force d’âme, l’équilibre émotionnel… Il s’agit de pratiquer, comme pour la lecture : c’est le b.a.-ba !


bounce bounce bounce








A priori, c’est leur mission première. Il n’y a pas une seule religion qui, dans ses textes fondateurs, a prôné la haine. A certaines époques, elles ont malheureusement été instrumentalisées à des fins politiques. Les représentants religieux doivent agir pour enrayer les extrémismes. Prenons l’exemple du cheikh Abdullah bin Bayyah, basé à Abou Dhabi, qui a déclaré la guerre à la guerre, en mettant une fatwa sur Al-Qaeda et Boko Haram. Une des préoccupations du dalaï-lama est d’améliorer les qualités humaines fondamentales, ce qu’il appelle «l’éthique séculière». L’altruisme et l’empathie ne pourront devenir universels par le seul biais des religions. Une perspective laïque et globale est donc nécessaire.

Rendre une société plus altruiste, n’est ce pas aussi de la responsabilité des dirigeants ?
A Harvard, une étude de la Kennedy School a montré que deux personnes sur trois ne font plus confiance à leurs dirigeants. Pour moi, le leadership, c’est le service, et cela demande une formation humaine! Le chef ne doit pas être un grand patron à l’image d’un Mao Zedong. L’entreprise doit prospérer, au service de ceux qui travaillent ensemble, puis au service de la société. Même chose pour les hommes politiques, qui pensent souvent plus à leurs intérêts personnels. Comme l’a montré William W. George, professeur de gestion à Harvard, la plupart des dirigeants considèrent que s’ils donnent du pouvoir aux autres, ils en auront moins. Mais diriger devrait consister à responsabiliser les autres pour qu’ils dirigent à leur tour. Cette responsabilisation s’apparente à une forme d’amour. Former des responsables compassionnels, à tous les niveaux, qui favorisent un fonctionnement collaboratif plutôt que compétitif, renforcerait l’ensemble de la société.

Selon vous, les femmes éprouvent plus de compassion, elles devraient prendre le pouvoir ?
Les femmes ont une tendance plus naturelle au soin, on pourrait parler d’instinct maternel. Elles sont plus sensibles à la douleur d’autrui. Auparavant, la force physique était la base de la domination, comme c’est le cas chez les animaux. Avec l’apparition de l’éducation à la Renaissance, l’égalité hommes-femmes a progressé. Si la majorité des dirigeants aujourd’hui sont encore des hommes, il est indispensable que la compassion du cœur soit considérée comme une qualité des gouvernants. D’où la remarque du dalaï-lama : «Le temps est venu pour les hommes de démissionner.»
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Re: Matthieu Ricard, Christophe André et Alexandre Jollien

Message  Arun le Jeu 28 Jan 2016 - 18:50

Merci Sapho de tous compléments d'informations toujours intéressantes. Je répondrai plus longuement demain car je connais un peu également Matthieu Ricard. Smile



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Re: Matthieu Ricard, Christophe André et Alexandre Jollien

Message  Arun le Mer 10 Fév 2016 - 19:02

Concernant "Trois amis en quête de sagesse"un livre de chevet à méditer vraiment, j'en fais depuis plusieurs soirées mon livre de chevet ... je ne l'ai pas fini car je le décortique Sapho  ! cette quête est passionnante. Un traité de sagesse que tu vas vraiment apprécier ma belle !

Quelques citations  intéressantes :

page 128 y a t-il une addiction aux émotions douloureuses ?

"Le fait que le mental s'obstine à perpétuer ce qui le fait souffrir est un des aspects de l'ignorance. le maitre bouddhidte indien Shantideva écrit :

Tout en voulant lui échapper,
Nous jetons dans la souffrance;
Nous aspirons au bonheur, mais par ignorance,
Le détruisons comme s'il était notre ennemi;"


Le rôle des émotions page 112
"Toutes les émotions nous sont utiles, la peur, la colère, la tristesse, l'anxiété, l'anxiété, la honte, ont des fonctions bien précises."

study  study  study


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Re: Matthieu Ricard, Christophe André et Alexandre Jollien

Message  Sapho le Mer 10 Fév 2016 - 19:17

A méditer effectivement ma chère Arun !

Je pense que ce livre va laisser des traces ! ( et pas mal de réflexions )! lévitation méditatio lévitation méditatio
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Re: Matthieu Ricard, Christophe André et Alexandre Jollien

Message  Arun le Mer 4 Mai 2016 - 16:41

Toujours en lecture de ce livre qui m'aide beaucoup actuellement. Je navigue selon mes humeurs dans certaines pages ...

Concernant la méditation voici un extrait que je voulais partager :

"Dans la méditation, entre le moment où les pensées passées ont cessé et avant que les prochaines pensées ne surgissent, il y a un silence intérieur, une absence de bavardage mental, la fraîcheur du moment présent . On peut idéalement laisser son esprit reposer dans cet état intérieure et de simplicité. Avec une grande maîtrise de la méditation, on peut rester dans ce silence au milieu des embouteillages ou dans la cohue du métro. Sinon, il est important de rechercher d'abord des conditions propices à la méditation." Mathieu Ricard




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Re: Matthieu Ricard, Christophe André et Alexandre Jollien

Message  Sapho le Mer 4 Mai 2016 - 19:09

Certes il a raison..............mais " au milieu des embouteillages ", à condition de ne pas être le conducteur pour qui tous les sens doivent toujours être aux aguets !

Par contre, cela m'est déjà arrivé dans le métro au point de laisser passer mon arrêt ! lévitation méditatio lévitation méditatio
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