Toni MORRISON ( USA )

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Toni MORRISON ( USA )

Message  Sapho le Lun 16 Mai 2016 - 19:19

BIOGRAPHIE


  Toni Morrison (de son vrai nom Chloe Anthony Wofford) est une romancière américaine.

Née dans une famille ouvrière, Toni Morrison s'intéresse très tôt à la littérature et se passionne en particulier pour les œuvres de Jane Austen et Léon Tolstoï.

Elle s'inscrit à l'Université Howard en 1945 pour étudier la littérature et soutient une thèse sur le thème du suicide chez William Faulkner et Virginia Woolf en 1953 à l'Université Cornell. Après son diplôme, elle entame une carrière de professeur à l'Université de Texas Southern, avant de retourner à Howard (université alors "réservée" aux Noirs).

En 1958, elle épouse Howard Morrison, avec qui elle aura deux enfants. Après son divorce en 1964, elle s'installe à Syracuse puis à New York et travaille comme éditrice chez Ramdon House. Chargée du secteur de la littérature noire, elle contribue à sa promotion, en éditant notamment les autobiographies de Mohamed Ali et d'Angela Davis et une anthologie d'écrivains noirs, "The Black Book", en 1973. Parallèlement, elle enseigne l'anglais à l'Université d'État de New York, avant d'obtenir un poste de professeur de littérature à l'Université de Princeton où elle restera en activité jusqu'en 2006.

Elle écrit son premier roman, "L'œil le plus bleu", à l'âge de 39 ans, et trois ans après, son roman "Sula" qui est suivit de "La Chanson de Salomon" (1977) qui lui assurent la notoriété.

Elle obtient le prix Pulitzer pour "Beloved" en 1988 et reçoit le prix Nobel de littérature en 1993 pour l'ensemble de son œuvre. L'Académie suédoise voulait ainsi récompenser celle « qui, dans ses romans caractérisés par une force visionnaire et une grande puissance poétique, ressuscite un aspect essentiel de la réalité américaine ». En 2005, elle est nommée docteur honoris causa en Arts et Littérature par l'Université d'Oxford.

En 2006, le jury du supplément littéraire du New York Times consacre "Beloved" « meilleur roman de ces 25 dernières années » adapté au cinéma en 1998 par Jonathan Demme avec Oprah Winfrey, Danny Glover et Thandie Newton dans les rôles principaux et en novembre de la même année, le Musée du Louvre fait de Morrison son invitée d'honneur proposant un programme de lectures, rencontres et conférences avec l'auteur et ses amis artistes, écrivains ou professeurs.




Après avoir lu avec beaucoup d'intérêt : UN DON et BELOVED, je viens de terminer : LE CHANT DE SALOMON


LE CHANT DE SALOMON

RESUME


Le Chant de Salomon, le troisième roman de Toni Morrisson (Prix Nobel de littérature) a été publié aux États-Unis en 1977 et reprend le thème majeur de son oeuvre : le problème de l'identité et des origines du peuple noir déporté aux États-Unis, à travers le périple de Laitier, jeune homme quelque peu désabusé et ainsi surnommé parce que sa mère a tardé à le sevrer. Son vrai nom pour l'état civil, résonne lugubrement, il s'agit de Macon Mort. Mais, c'est encore un patronyme erroné, l'employé de mairie passablement bourré s'étant trompé de ligne.
Laitier est né presqu'au moment où un autre noir a tenté de prendre son envol, muni d'ailes de soie bleue, du toit d'un hôpital. Il s'est écrasé sans répandre de sang. Les soeurs du futur nouveau-né en ont renversé leurs paniers, laissant ainsi voleter un nuage de fausses pétales de rose. Majeur et singulièrement lucide, Laitier partira guidé par sa tante Pilate, marginale au coeur d'or, un peu sorcière, née sans nombril, vers le Sud profond quêter un trésor mythique qui n'est en fait que le secret de ses origines contenu dans une comptine : Le chant de Salomon. Salomon comme l'ont rêvé beaucoup d'esclaves pouvait s'envoler vers l'Afrique. Mais en s'envolant il laissa tomber le bébé qu'il portait dans ses bras.




Ce roman au réalisme magique fait alterner burlesque et tragique, poétique et épique comme un blues ou plutôt un gospel. Il est luxuriant de toutes ces petites histoires cruelles et tendres du quotidien des noirs américains des années cinquante qui ne font que résumer, rappeler les mythes de fondation, de résistance afro-américains. L'écriture, ponctuée de chants, de choeurs antiques, de choeurs d'esclaves, tout en rythme, fuse puis se relâche . Elle est lucide, révèle la douleur, l'horreur de l'esclavage, de la condition des noirs, sans être manichéenne. Les hommes sont présentés comme portés par le destin, fragiles, inconséquents, haineux, mercantiles, pitoyables. Les femmes, elles, possèdent des dons exceptionnels. Portent les os de la mémoire, disent le monde, pratiquent la magie, guident les hommes à travers les ténèbres, les turbulences, pour les mener à la lumière, qui n'est pas celle de la révélation, mais celle  des premiers et derniers matins du monde dans laquelle s'écoule le fleuve de la vie. L'amour de Toni Morrisson pour son peuple est immense. Son génie, sa magie, est de saisir la richesse, la truculence de toutes ces vies cahotées par l'histoire et rendre ainsi universel l'héritage culturel noir à la manière d'un troubadour ou mieux encore d'un griot.Un superbe roman !



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Re: Toni MORRISON ( USA )

Message  Arun le Mar 17 Mai 2016 - 17:54

Ah ! Toni Morrison, j'ai beaucoup aimé certains de ces romans ! entre autre "Beloved" qu'il faut absolument lire et que je recommande car l'univers de l’esclavage y est décrit avec réalisme, une certaine crudité mais également une humanité dans l’inhumanité qui m'avait touché ! je n'ai pas lu "Le chant de Salomon", je me le réserve dans ma longue liste de lecture en attente ...

Merci Sapho pour ce nouveau partage, j'apprécie au final tous ces échanges fort fructueux ! study study study


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Re: Toni MORRISON ( USA )

Message  Sapho le Mar 29 Nov 2016 - 15:06


Livre lu : PARADIS




RESUME


Dans les années cinquante en Oklahoma, neuf familles descendantes d'esclaves, à la peau noir anthracite, ont fondé une ville, Ruby, à l'écart du monde et particulièrement des Blancs.

Vingt-cinq ans plus tard, ses 650 habitants vivent en cercle fermé, sous l'autorité des Pères fondateurs qui imposent une loi puritaine. Le Paradis?

On pourrait le croire, mais l'enfer n'est pas loin. Les hommes de la ville rêvent de détruire un groupe de cinq femmes installées à deux pas, dans un couvent désaffecté.


Des "marginales" qui tentent, ici, dans la paix et la solidarité, de réparer leurs vies brisées. Elles dérangent. Un matin, les hommes de Ruby les exterminent




RESSENTIS




Il s'agit du récit des événements qui ont conduit au massacre de cinq femmes dans un ancien "Couvent" par des mâles appartenant à Ruby, une communauté noire avoisinante.

Toni Morrison nous raconte les histoires de ces femmes conduites progressivement, par le plus grand des hasards, à s'installer dans ce Couvent. Une gamine vautrée dans la misère recueillie par une bonne soeur, une femme au foyer battue et dépassée par l'éducation de ses enfants, une allumeuse dont le petit ami a été incarcéré, une adolescente enceinte dont l'amant a séduit sa mère, une fille abandonnée qui s'auto-mutile... Des fugues, des peines de coeur, des violences, la fuite de l'univers des hommes conduisent ces femmes dans le Couvent où elles sont reçues sans être jugées.

En parallèle, elle dresse le portrait de Ruby, l'histoire de cette communauté d'anciens affranchis, qui s'est construite en Oklahoma après les différents rejets des villes blanches mais aussi des villes métisses. Au début du siècle dernier. Elle fait écho à ses communautés noires très dynamiques dont certaines ont disparu . Elle nous conduit dans les longues pérégrinations des familles fondatrices, les valeurs fortes autour de la foi chrétienne et du rejet de l'étranger sur lesquels s'appuie la communauté. Et le lent déclin dans lequel elle s'enfonce.

La survie de la communauté semble exiger un bouc émissaire et son extermination. Le point de vue de Toni Morrison est assez étonnant. Les femmes seraient la cause de cette déchéance. Le poids de l'histoire, l'isolement, le rejet de l'autre, aucune de ces raisons n'expliquent aux hommes de Ruby l'agonie de leur projet collectif.
Peut-être que pour Toni Morrison, la fuite, le séparatisme , la fugue de ses femmes du Couvent n'apportent de réelles solutions. Mais affronter les anciens maîtres, l'état blanc et raciste, les maris violents est, semble-il, trop difficile.

Une chose est sûre, le paradis est devenu un enfer.


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Re: Toni MORRISON ( USA )

Message  Arun le Mar 29 Nov 2016 - 15:18

Merci pour l'info chère Sapho ! il faut dire que j'apprécie Toni Morrison mais si ses récits sont souvent teintés de la cruauté des hommes ! cette histoire est édifiante, elle est de nos jours impensable et pourtant elle est ! cela me touche réellement ! je note cela sur ma longue tablette de livre à lire ! study


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