Gülsün Karamustafa à Berlin

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Gülsün Karamustafa à Berlin

Message  Arun le Lun 13 Juin 2016 - 19:21


Gülsün Karamustafa à Berlin

A Berlin, le musée Hamburger Bahnhof met à l’honneur une des plus grandes artistes turques d’aujourd’hui. L’œuvre de Gülsün Karamustafa est une prise de position politique sans équivoque.

Comme en témoignent ses travaux les plus récents : des hommes la bouche fermée, debout sur les épaules d’autres hommes… Liberté d’expression, lutte pour le pouvoir, domination masculine... Autant de sujets qui agitent son pays, et, de l’avis de Gülsün Karamustafa, l’Europe entière.

A l’origine, elle envisageait de présenter d’autres œuvres dans cette exposition berlinoise. Et puis elle a été rattrapée par l’actualité. Jouissant d’une notoriété internationale, la plasticienne est une pionnière de l’art contemporain critique en Turquie, et une des artistes majeures de son pays. Cet accrochage au Hamburger Bahnhof marque pourtant sa première exposition monographique hors de Turquie. Au moment même où son pays est sous le feu des projecteurs de la communauté internationale. Ses œuvres sont le reflet de 25 ans d’histoire turque et plus particulièrement de l’histoire d’Istanbul. Lorsqu’elle était étudiante, ses happenings politiques lui ont valu de faire de la prison. Les Prison Paintings qu’elle a ensuite réalisés sont exposés à Berlin. Après son arrestation, son passeport lui a été retiré. Pendant 16 ans, elle n’a pas pu quitter la Turquie. Ce qui explique peut-être qu’elle est devenue une observatrice si perspicace de sa ville.

Gülsün Karamustafa s’est fait connaître dans les milieux internationaux de l’art par ses travaux portant sur l’immigration massive des populations rurales anatoliennes vers Istanbul. Au fil de son œuvre, c’est une réflexion subtile qui se déploie sur la modernisation impitoyable et le spectre de l’autoritarisme qui hante le pays depuis le coup d’état militaire de 1980. Autre élément qui ne cesse de fasciner l’artiste qui a maintenant 70 ans : la structure hybride de la ville et ses paradoxes.

L’atelier de Gülsün Karamustafa se trouve à Balat, quartier pauvre d’Istanbul dans la Corne d’or. Un contraste saisissant avec le centre-ville touristique. Mais ce lieu, confie l’artiste, est pour elle la plus grande source d’inspiration. Car ici, ce sont toutes les strates de l’histoire de la ville qui se font jour : des vieilles racines millénaires juives et orthodoxes grecques aux réfugiés syriens qui affluent aujourd’hui en masse en passant par la gentrification balbutiante. « Comment les dirigeants musulmans peuvent-ils simplement ignorer toutes ces racines historiques ? », se demande Gülsün Karamustafa.

Sur la chaîne Arte, METROPOLIS a rendu visite à Gülsün Karamustafa à Istanbul. Elle a refusé de parler du président Erdogan, car  en Turquie, les artistes se doivent d’être prudents. Les membres de l’opposition espèrent bientôt être exemptés de visa et pouvoir partir avant qu’il ne soit trop tard. Mais pour cela, il faudrait d’abord que l’homme fort d’Ankara modifie la loi anti-terroriste comme l’exige l’Union européenne. Pour l’heure, Erdogan n’y semble guère disposé.

Pour Arte par par Katja Deiß




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