Erawan Larher

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Erawan Larher

Message  Jocelyne le Sam 2 Juil 2016 - 18:39

« On est des bêtes, vains dieux, qu’on se le dise,
Et pas des anges, des dieux ou des marquises,
Encor’ que les marquises ça se mignote,
Ça s’fait, en douce, rigoler la pelote »


Ben oui, Marguerite n’aime pas ses fesses m’a fait penser illico à la chanson de Tachan.

Ce bouquin est un ovni littéraire, polar mais pas que, satire politico-sociale, mais pas que, bref, c’est un roman inclassable. Et une plongée dans un monde politique bien glauque.

Drôle, souvent, jouissif toujours.

Pour son cinquième roman, Erwan Larher a imaginé une fable où une trentenaire coincée ouvre enfin les yeux sur ce qui l’entoure lorsque la maison d’édition pour laquelle elle fait des petits travaux d’écriture la charge de rédiger les mémoires d’un ex-président de la République. L’ex en question, porté sur le jupon malgré sa sénilité, ayant flashé sur elle dans les couloirs de ladite maison d’édition. Marguerite puisque c’est d’elle qu’il s’agit, avait jusque-là soigneusement tenu à l’écart tout ce qui pouvait poser problème : son mec Jonas qui, veut-elle croire, est aussi asexué qu’elle. La politique qui l’emmerde profondément, les relations sociales et familiales dans lesquelles elle n’est pas à l’aise. Bref, la fille ne s’aime guère. Fait irruption dans l’histoire un flic qui enquête, à titre perso, sur une longue série d’assassinats dans la sphère politique. Et le monde réel rattrape Marguerite qui n’en sortira pas indemne...

La plongée dans le monde politique des trente dernières années, pour écœurante qu’elle soit, n’est certes pas tout à fait fictive. On retrouve ce qui a fait (et continue de faire) les grandes heures de la République et de ses « sinistres ». Magouilles en tout genre, petits arrangements entre copains-coquins… Tout ce que le pouvoir (« Le pouvoir est maudit », disait Louise Michel) permet et que le troupeau des électeurs préfère ignorer.

Outre cet aspect « militant », on y trouve des portrait de trentenaires qui allient vitriol et tendresse. L’une des particularités du roman est de mettre en scène des personnages auxquels on s’attache, malgré leurs excès, leur connerie parfois et leur mal d’exister. Peut-être aussi parce qu’on se reconnaît peu ou prou en eux…
Un roman que je conseille, vous l’aurez compris.

Marguerite n’aime pas ses fesses, Erwan Larher, Quidam éditeur

Erwan Larher était invité par La Nouvelle Librairie sétoise le jeudi 30 juin et la rencontre fut, comme d’habitude, captivante. Et quel bon acteur cet auteur !



avatar

Jocelyne
Le sage et l'artiste


Revenir en haut Aller en bas

Re: Erawan Larher

Message  Sapho le Sam 2 Juil 2016 - 19:25

Un genre qui va sûrement me plaire :

J'y ajouterais une citation lue sur internet à propos de ce livre :

"Marguerite n’aime pas ses fesses.
Elle fronce les sourcils. Ce que le français peut être imprécis, parfois ! Ces fesses que Marguerite n’aime pas pourraient êtres celles de n’importe qui. Si elle écrivait un roman, ce qui ne risque pas d’arriver (elle écrit mal et n’a rien d’intéressant à dire), il ne débuterait pas ainsi. Cette phrase-seuil sème la confusion. Elle choisirait plutôt un incipit in media res – croit-elle se souvenir, ses cours de construction narrative écaillés par l’inusage. Et puis le français n’incite-t-il pas au coulis narcissique de la première personne du singulier ? Je n’aime pas mes fesses, voilà qui est clair.
Marguerite n’aime pas ses propres fesses.
Bof… Outre d’étirer l’affirmation de penta- à heptasyllabes, et d’alourdir le propos, la phrase filigrane un « au contraire », une comparaison, esquisse des fesses que, par opposition aux siennes, Marguerite aimerait (celles de Jonas ?). Ou donne une nuance outrée à l’assertion : non mais tu te rends compte, elle n’aime même pas ses propres fesses !
Elle pouffe devant son reflet d’héroïne liminaire dans la psyché de la salle de bains, s’étonne du succès de son roman, commence à répondre à des interviews sur ses fesses – désormais, chacun sait que Marguerite Santa Lucia n’aime pas ses fesses. Les siennes. Ses fesses à elle. Son cul trop plat qui sépare à peine les cuisses du bas du dos. Un journaliste l’interroge : Et les fesses de Jonas, les aimez-vous ? Jonas, son mec depuis dix ans, est de taille moyenne, approche les trente-cinq ans (il s’en angoisse), perd ses cheveux (il s’en angoisse), dort en ce moment même, tandis qu’elle crème sa peau trop sèche, dans la chambre (ils vivent ensemble). Aime-t-elle les fesses de Jonas ? Elle n’en sait rien. C’est la première fois qu’elle se pose cette question. À cause du début hypothétique d’un roman qu’elle n’écrire jamais (elle est trop nulle)."


Merci Jocelyne pour tes ressentis merci messages panca merci messages panca

Et ma liste s'allonge..........!!
avatar

Sapho
Le sage ArtiLittere


Revenir en haut Aller en bas

Re: Erawan Larher

Message  Arun le Sam 2 Juil 2016 - 20:14

Merci Jocelyne ! ce genre me plairait également, un peu acide et déclassé, je vais probablement le lire ! je note et te remercie de tes ressentis le concernant !


"Le mouton n'a pas mangé la rose et le Petit Prince n'est pas mort"

avatar

Arun
Tour de contrôle


http://www.suzannephilippe.com

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum