Guillermo ROSALES ( Cuba)

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Guillermo ROSALES ( Cuba)

Message  Sapho le Sam 13 Aoû 2016 - 16:18


BIOGRAPHIE


Guillermo Rosales (né en 1946 à la Havane, mort suicidé en 1993 à Miami) est un écrivain cubain. Après un double exil, fuyant d'abord la dictature de Batista puis celle de Fidel Castro, Rosales écrit sur l'indifférence qui existe parmi la société américaine sur les désillusions qui s'abattent sur les immigrés cubains installés en Floride, les « Cubano-Américains », qui échouent à concrétiser le Rêve américain. Il devient ainsi l'un des plus grands écrivains cubains de la seconde moitié du xxe siècle, à l'instar de Carlos Montenegro et de Reinaldo Arenas.
Il vit en marginal du fait de sa schizophrénie. Journaliste et écrivain pendant qu'il vit à Cuba, il connaît une célébrité précoce avec son roman El Juego de la Viola, paru en 1967, qui lui permet d'être finaliste du prix Casa de las Americas, prix attribué par la fondation Casa de las Americas fondée par Fidel Castro. Mais en 1979, il fuit le régime castriste et s'exile à Miami, où il disparaît de la vie publique. Il passe le reste de sa vie dans des « halfway houses (en) », sorte de maisons d'insertion, « refuges de marginaux où les désespérés vont ». Cette expérience lui donne la matière pour rédiger son œuvre la plus connue, parue en espagnol sous le titre initial de « The Halfway House » puis reparue sous le titre de Boarding home. Ce roman lui vaut en 1987 de se voir décerner le prix "Letras de Oros", décerné par le poète mexicain Octavio Paz, prix Nobel de littérature.

Rosales se suicide à Miami en 1993, à l'âge de 47 ans. Il avait auparavant détruit la majeure partie de son œuvre. Seuls les deux romans parus précédemment lui survivent.


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LIVRE LU : MON ANGE



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RESUME


Livre échangé sous le manteau, longtemps introuvable dans sa langue d'origine, "Mon ange" a été instrumentalisé par les cubains des deux rives afin de le réduire à un sommaire règlement de comptes. L'histoire de sa publication serait simplement romanesque, si on contenu n'etait dramatiquement testamentaire.

Un écrivain qui a fui le régime carcéral insulaire refuse la reddition sans condition à la sphère étriquée des "triomphateurs" qui l'attendent à Miami. Il est interné par sa famille "américaine" dans un boarding home, asile privé qui recueille des inadaptés de toute engeance. Les grilles se referment sur lui et en lui, seul dans un univers hallucinant où l'on ne peut que souffrir et faire souffrir.C'est ici qu'il faut vivre, et pour toujours, sans espérance ni pitié; pour personne. Le faut-il vraiment ?


RESSENTIS


Mon ange est un récit à forte inspiration autobiographique de l'internement de Figueras, le narrateur. On y découvre les "boarding homes", ces petites structures d'accueil de malades dont les familles ne veulent plus. Il ne s'agit pas de structures de soin, mais de mouroirs qui semble-t-il représentent un excellent filon pour certains exilés au sens des affaires très en phase avec l'état d'esprit de leur pays d'accueil. Dans l'asile où débarque Figueras, le malade n'y est pas considéré comme un patient à soigner, mais comme une source de revenus et de toute sorte d'abus à exploiter.

Rosales nous fait vivre son enfermement et son mal-être avec une distance qui ne laisse aucune place au pathos. Le récit est relativement âpre et dépassionné, mais paradoxalement, il touche. Rosales brosse des portraits assez attendrissants des patients avec lesquels il cohabite, il livre au lecteur une description quasi clinique du quotidien de ces rejetés de la société - du monde des triomphateurs comme il les désigne à plusieurs reprises - il y a les brutalités infligées aux plus faibles (que lui-même inflige parfois), les vols, les viols, l'insalubrité des lieux, et puis surtout, il rôde derrière ce quotidien rude une totale absence d'espoir.

Étrangement, le récit de ces heures sombres de la vie de Rosales - qui ne s'en relèvera pas - n'est pas pesant. On y sent de l'authenticité et du désespoir, mais la distance que Rosales parvient à prendre vis à vis à son expérience, alliée à la légèreté et à la fluidité de sa prose, rendent ce récit - et c'est presque un comble - très agréable à lire.

Il s'agit malheureusement de l'ultime témoignage du talent de Guillermo Rosales, qui se suicidera quelques années après avoir écrit ce court roman, en 1993.


LIRE EGALEMENT LES CRITIQUES D'ALAIN ROTKO SUR GDS


study study study
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Sapho
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Re: Guillermo ROSALES ( Cuba)

Message  Arun le Dim 14 Aoû 2016 - 10:01

Intéressant ! je ne connaissais pas cet auteur. Je pense effectivement, comme toi, que ce qu'il écrit doit être fort attachant ! merci pour ce partage chère Sapho ainsi que ton ressenti qui donne, comme souvent, envie de lire l'ouvrage ! study


"Le mouton n'a pas mangé la rose et le Petit Prince n'est pas mort"

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Re: Guillermo ROSALES ( Cuba)

Message  bergamote le Jeu 18 Aoû 2016 - 11:54

très bel aperçu et de l'auteur et de l'ouvrage moi aussi je découvre je note. merci Sapho
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bergamote
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