Marie Sizun

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Marie Sizun

Message  Arun le Jeu 29 Sep 2016 - 9:29


La femme de l'Allemand
Grand Prix des lectrices Elle - Roman - 2008

Résumé :

Elles sont deux. Fanny et Marion. L’une est la mère, l’autre la fille. Elles vivent ensemble dans ce Paris de l’après-guerre, plein de promesses et de blessures encore ouvertes.

Fanny est une mère célibataire, Marion une petite fille aimante. Tout pourrait être normal mais une ombre rôde, une dissonance s’installe qui fausse leur relation. La petite fille est alertée, par instinct : la voix de sa mère un ton trop haut, ses emportements inexplicables, ses silences terribles, où plus rien ne semble la rattacher au réel. L’enfant sent le monde vaciller. Elle ne comprend pas pourquoi sa mère n’est pas comme celles de ses amies d’école, différente, si fragile, si fantasque. Si oublieuse lorsque Marion lui pose des questions sur son père qu’elle ne connaît pas, cet Allemand dont on sait bien peu de choses.

Puis Marion comprend : Fanny est « maniaco-dépressive ». Les rôles s’inversent alors. Adolescente, Marion endosse cette raison qui doucement quitte sa mère. Elle la protège, la couvre en taisant ses excès. Elle peut tout endurer. Tout plutôt que ces séjours à l’hôpital, qui les séparent. Mais il faut davantage que l’amour fou d’une petite fille pour terrasser la folie.

Nous retrouvons dans ce texte magnifique et douloureux le talent que Marie Sizun a déployé dans Le Père de la petite (sept. 2005) : les secrets de famille, les pudeurs, et l’immense amour qui rapproche et sépare les êtres.

Critique de rotko
29 septembre 2016 via FCB

« Comme tu le retrouves, l'étrange climat de ces années-là, avec son parfum de tendresse méfiante et son goût de bonheur volé. »

Au départ, c'est une complicité joyeuse entre la mère et l'enfant, puis l'étonnement devant ses changements d'humeur, la peur devant le surgissement d'une personnalité inquiétante, la honte devant des conduites publiques inadaptées, la crainte des scandales, de nouveaux accès de démence…
Dans ce récit à la deuxième personne (TU), l'adulte revit les moments d'enfance et la prise de conscience de « ce qui ne va pas » dans le comportement de sa mère ; Les termes de « folie », de comportement « maniaco-dépressif » surviennent dans les commentaires des adultes proches.
La visite du médecin de famille, les séjours à l'hôpital comme les confidences inattendues de la mère, ou ses moments de délire sont autant d'alarmes qui génèrent l'inquiétude et la crainte de l'avenir.
C'est aussi la culpabilité de l'enfant, puis de l'adolescente, obligée de « trahir » la mère en dénonçant des comportements dangereux.
L'écriture sert donc à la reconstitution des faits et au procès des attitudes passées, des décisions prises, des souffrances vécues - mais cachées.
Marie Sizun fait vivre au lecteur le parcours douloureux d'une fillette entre les secrets de famille, les interrogations sur le père absent, la crainte des révélations.
Le récit repose sur les passerelles entre l'enfance désemparée et l'âge adulte qui tente en vain de comprendre.
Comment tenir la tête hors de l'eau dans ce naufrage progressif dont l'issue se laisse deviner ?
J'ai beaucoup aimé cette relation d'une enfance minée par l'inquiétude et les « choses tues ».






"Le mouton n'a pas mangé la rose et le Petit Prince n'est pas mort"

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Arun
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Re: Marie Sizun

Message  Sapho le Ven 30 Sep 2016 - 16:13


Berga et moi avons également lu ce livre il y a déjà quelque temps ( voir les ressentis de Berga sur La Clé Des Champs )

Nous avons beaucoup aimé ce livre toutes les deux et je suis sûre que Berga nous en reparlera quand elle rentrera de vacances!

Voici mon ressenti


Marion, fille de folle, fille de l’allemand, fille sans père, fille d’une guerre aussi connue que méconnue. Marion, fragile héroïne face à un destin sous lithium, fera tout pour préserver une relation fusionnelle avec cette maman pas comme les autres dont l’amoureux partit un jour pour rejoindre le front russe. Mirage ou réalité, on comprend que la folie de Fanny prit racine dans cet amour impossible que la guerre mit sur son chemin, un chemin qu’éclaire faiblement un vaillant coquelicot prénommé Marion.
Avec ce livre délicat au charme dérangeant, Marie Sizun nous plonge sans complaisance dans les profondeurs d’une folie maternelle aussi destructrice que fascinante.Marie Sizun cultive la discrétion des mots justes : ceux qui enchantent autant qu’ils désenchantent. Sans juger la maladie mentale, elle nous immerge dans ses mécanismes les plus pernicieux qui finalement nous la rendent proche, tolérable autant qu’intolérable. Il suffit d’un rien pour passer de l’autre côté et c’est aussi l’objet de ce livre : une promenade dans la folie « douceâtre » de ceux qui nous sont chers.


study study study
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Sapho
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Re: Marie Sizun

Message  bergamote le Mar 4 Oct 2016 - 16:49

tu as raison Sapho j'avais adoré ce livre et c'est avec plaisir que je remets ici mon ressenti :

Encore une histoire de petite fille et cette fois de ses relations avec sa mère.
C’est l’auteure qui raconte l’histoire en se servant du tutoiement.
Tout va crescendo. La fillette qui devient ado. Ses rapports tellement tendus avec sa mère (la femme de l’Allemand, Fanny). Un jour elle apprend qu’elle a un papa allemand qui est mort à la guerre en Russie…
Elle vit avec ce nouveau coup de poing au cœur. Et puis les années passent. Sa mère devient de plus en plus étrange. Marion s’en occupe, elle va jouer le rôle de mère, la protéger, craindre pour elle, cacher la vérité pour la garder encore.
Mais plus elle grandit... Son rêve ? Aller étudier un an en Allemagne. Pour se rapprocher de ses racines ? Ira-t-elle ? Si oui comment en reviendra-t-elle ?
C’est un témoignage du mal que cette guerre a pu faire, des dégâts qu’elle a pu causer et son influence sur les sentiments.
Poignant ce petit roman et bien dans la ligne de « le père de la petite »
Je le recommande.

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bergamote
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Re: Marie Sizun

Message  bergamote le Mar 4 Oct 2016 - 16:54

j'en profite car j'ai retrouvé aussi mon ressenti de:



Le père de la petite

Paris, 1944. Une petite fille de quatre ans vit dans l'insouciance de la guerre, seule avec sa mère fantasque qu'elle adore. Lorsque revient le père, qu'elle n'a jamais vu, prisonnier de guerre libéré, l'existence de celle qu'on appelle " la petite " est bouleversée. Pour cet intrus qui lui prend sa mère et entend imposer son autorité, elle éprouve d'abord de la haine, de l'effroi aussi devant sa dureté, sa violence, son étrangeté. Puis, avec tout l'excès dont est capable un enfant, elle se met à l'aimer d'un amour absolu, excessif, un peu fou. Mais elle va être à l'origine d'un drame familial dont l'ombre se dessinait dès les premières pages du livre. Qu'est-ce qu'un père ? C'est la question qui court tout au long de cette remontée des souvenirs, poignants mais distanciés, écrits à la troisième personne et dans une grande économie de style. La réponse, lumineuse, nous sera donnée dans les tout derniers mots du texte.

Mon avis

j'ai retrouvé dans ce petit roman toutes les émotions de ma tendre enfance car j'ai vécu presque cette histoire mais il s'agissait de ma mère.
Comment un enfant peut-il arriver à détester l'un pour se faire valoir auprès de l'autre?
Pourquoi cette petite crie, dessine sur les murs et fait des bêtises? parce qu'elle se sent exclue..
et puis responsable aussi sans doute d'avoir dévoilé un secret rien que pour attirer l'attention sur elle.
Elle croit avoir gagné enfin l'amour entier de son père quand arrive la nouvelle amie de celui-ci, elle est prise de rancœur et de colère de jalousie, et comprend qu'elle ne sera plus la petite...
pourtant elle a tout fait pour se faire aimer de celui-ci.
ce roman démontre surtout le besoin de tendresse que peuvent avoir les enfants et leurs souffrances quand ils doivent partager leur amour.
j'ai adoré ce roman, écrit avec simplicité qui dégage une force et une analyse juste d'un événement tout compte fait banal dans les années de fin de guerre.


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