Prix nobel de littérature

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Prix nobel de littérature

Message  Arun le Sam 15 Oct 2016 - 12:21

Bob Dylan, prix Nobel : les nouvelles voies de la littérature ?

Bob Dylan en concert aux Vieilles Charrues, 2012

Légende du folk, il a été récompensé « pour avoir créé dans le cadre de la grande tradition de la musique américaine de nouveaux modes d’expression poétique ».

Il succède ainsi à Svetlana Aleksievitch, journaliste russe dissidente qui avait été récompensée l’an passé pour son œuvre « polyphonique, mémorial de la souffrance et du courage à notre époque ». Ce choix inattendu, vient-il témoigner d’un élargissement de la définition des œuvres littéraires ?

D'après "Le monde"

Le prix Nobel de littérature 2016 est décerné à Bob Dylan, 75 ans, « pour avoir créé dans le cadre de la grande tradition de la musique américaine de nouveaux modes d’expression poétique », a annoncé la secrétaire générale de l’Académie suédoise, Sara Danius. L’Américain, premier musicien à être récompensé par l’académie depuis la création du prix en 1901, succède à la Biélorusse Svetlana Alexievitch.

« Bob Dylan écrit une poésie pour l’oreille », a expliqué Mme Danius à la télévision publique SVT, affirmant que les membres de l’académie avaient manifesté « une grande cohésion » dans ce choix. « Il s’inscrit dans une longue tradition qui remonte à William Blake », le célèbre poète anglais mort en 1827, a-t-elle affirmé, citant Visions of Johanna et Chimes of Freedom.

« Il est extrêmement doué pour la rime. C’est un sampler littéraire qui convoque la grande tradition et peut marier de façon absolument novatrice des musiques de genres différents, des textes de genres différents. »

Une histoire de l’Amérique à lui seul

Dylan est une histoire de l’Amérique à lui seul, synthétisant dans son œuvre la poésie surréaliste de la beat generation, l’austérité militante du folk, la complainte du blues, l’énergie révoltée du rock et la chronique de la vie quotidienne propre à la country.

Présentée par l’Académie suédoise comme une « icône », la légende du folk a sorti son 37e album, Fallen Angels, en mars. A l’occasion d’une cérémonie de remise de trophées, organisée en 2015, l’auteur-compositeur était revenu sur son parcours :

« Les chansons ne sont pas apparues par magie, je ne les ai pas fabriquées à partir de rien. J’ai appris à écrire des paroles en écoutant des chansons folk. Et je les ai jouées (…), je n’ai rien chanté d’autre que des folk songs, et elles m’ont ouvert le code pour tout ce qui est de bonne chasse, tout ce qui appartient à tout le monde"

A cette occasion, il avait aussi défendu sa voix : « Mes critiques disent que je mutile mes mélodies, que je rends mes chansons méconnaissables. Vraiment ? (…) Sam Cooke [chanteur de rhythm’n’blues à la voix d’ange] a répondu ceci quand on lui a dit qu’il avait une belle voix : “C’est très gentil à vous, mais les voix ne doivent pas être jugées en fonction de leur joliesse. Elles ne comptent que si elles vous convainquent qu’elles disent la vérité”. »

Des textes politiques

Depuis des années, le nom de Bob Dylan revenait souvent mais peu d’experts s’attendaient à ce que l’académie franchisse le pas de récompenser un chanteur aussi populaire que lui. Né le 24 mai 1941, à Duluth, dans le Minnesota, l’artiste a grandi dans une famille juive de la classe moyenne. Dans sa jeunesse, comme la plupart des adolescents américains, Bob Dylan tombe sous le charme du rock avec Elvis Presley et Jerry Lee Lewis avant de former son propre groupe.

En 1959, étudiant à l’université de Minneapolis, il découvre les pionniers du blues, du country et du folk : Robert Johnson, Hank Williams et Woody Guthrie. En 1961, il abandonne ses études et déménage à New York pour fréquenter la scène musicale embryonnaire de Greenwich Village. C’est à cette époque que Robert Allen Zimmerman adopte comme nom de scène Bob Dylan, qui sera aussi le titre de son premier album. Sorti en 1962, celui-ci est un fiasco.

La percée se produit un an plus tard avec l’album The Freewheelin’Bob Dylan et ses deux titres folk de protestation : Blowin’ in the Wind, chanson pacifiste qui sera un hymne des années 1960 contre la guerre au Vietnam, et A Hard Rain’s A-Gonna Fall. En 1963, il participe à la marche sur Washington autour de Martin Luther King.

A partir de la fin des années 1960, il se détache de plus en plus des fans de folk et des milieux de gauche, refusant d’être l’étendard des contestations et des luttes de l’époque, publiant un recueil de poésie en 1971, Tarantula, et s’essayant même à la peinture et au cinéma. Depuis les années 1980, son extraordinaire créativité s’est tarie, malgré des albums remarquables (Oh Mercy en 1989, Time Out of Mind en 1997) et le premier volume d’une autobiographie célébrée par la critique, Chroniques (2004), dont on attend toujours la suite. Showman infatiguable, quoiqu’inégal, il parcourt la route sans relâche – il est ces jours-ci à l’affiche du Desert Trip Festival, en Californie, où il rejouera vendredi 14 octobre en première partie des Rolling Stones, une semaine après un premier concert-événément.

« Un pouvoir poétique extraordinaire »

Décidément habitué à être là où ne l’attend pas, il a aussi reçu en 2008 le prix Pulitzer, qui récompense traditionnellement des travaux journalistiques. Il avait été distingué, selon les mots du jury, « pour son profond impact sur la musique populaire et la culture américaine, à travers des compositions lyriques au pouvoir poétique extraordinaire ».

Bien qu’il n’ait signé qu’un petit nombre de grands albums après l’apothéose créative des années 1965-1975, il reste, au même titre que le tandem Lennon-McCartney, l’un des chanteurs-auteurs-compositeurs les plus influents de l’histoire de la musique, maintes fois copié, jamais égalé.

C’est le premier Américain à obtenir le prix Nobel de littérature depuis Toni Morrison, en 1993. Le prix Nobel s’accompagne d’une récompense de huit millions de couronnes suédoises (822 000 euros).


Je suis ravie de sa récompense fort juste à mes yeux  ! je voulais juste, contre toutes polémiques, lui rendre cet hommage !  I love you


"Le mouton n'a pas mangé la rose et le Petit Prince n'est pas mort"

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Arun
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Re: Prix nobel de littérature

Message  Sapho le Dim 16 Oct 2016 - 19:09


Les temps changent ma chère Arun ! Personnellement ce prix de littérature m'a surprise !

J'aime beaucoup Bob Dylan mais de là à lui attribué un prix Nobel, qui plus est, de littérature, il y a de la marge !

Vu par la presse belge ( et par moi aussi )


L’attribution du prix Nobel de la paix 2016 au président colombien Juan Manuel Santos, pour l’accord de paix signé avec la guérilla des FARC – accord de paix malheureusement stérile car rejeté dans les urnes par les Colombiens refusant amnésie et amnistie – à la place des « casques blancs » syriens, m’avait déjà mis la puce à l’oreille. Le temps du deuxième degré (comme on parle d’humour au deuxième degré), venait-t-il de s’ouvrir pour les vieux notables de Stockholm, ou bien, plus simplement, devenaient-ils aussi frileux et prudents qu’un président français refusant de serrer la main d’un Dalaï Lama ?

Fantasque comité Nobel
Parce que décerner le Nobel de la paix à un échec (jusqu’à preuve du contraire), et en oubliant au passage le chef des Farc (trop… compliqué à inviter en Suède ?), à la place des seuls, s’agissant de l’horreur syrienne et d’Alep en particulier, à faire preuve de courage, un courage simple, modeste, concret, quotidien, humain, en prenant tous les risques pour extirper quelques survivants de dessous les décombres des bâtiments écrasés sous les bombes russes, faire cela, donc, c’était déjà très gonflé, ou très (trop ?) prudent, très (trop ? ) calculé, ou, pourquoi pas, définitivement « deuxième degré ». Ne pas donner le prix à ceux qui le méritent de toute évidence, mais à ceux, ou celui, qui aurait pu le mériter, si… Le prix Nobel récompensant l’intention, pas la vulgaire action. Un prix Nobel cérébral, très réfléchi, un prix Nobel non pas de la paix mais de l’idée de paix… Un peu comme celui offert à Obama dès son arrivée à la présidence, en récompense de ses discours et de son évidente bonne volonté.

Mais le choix de Bob Dylan pour le prix Nobel de littérature, alors là, chapeau. Le doute n’est plus permis. On explore à Stockholm de nouveaux territoires. Attention, comme tous ceux qui ont grandi en entendant au moins une fois par jour Hurricane à la radio, j’aime beaucoup le grand Bob. Mais je ne savais pas qu’il était écrivain. Ah, j’entends déjà ceux qui m’expliquent que ces catégories étroites, réductrices, appartiennent au passé, à une vision obsolète du monde. Décerner le prix Nobel de littérature à un simple écrivain, aussi grand puisse-t-il être, c’est ringard, comme d’attribuer celui de la paix à des sauveteurs volontaires et héroïques défiant chaque jour la guerre. Un chanteur (et anciennement contestataire et « de gauche »), c’est quand même mieux.

Bon, d’accord, je comprends. Et je dis qu’il faut continuer, aller plus loin. Le comité Nobel, ce groupuscule d’agitateurs surréalistes, ne doit plus avoir peur de rien. Il doit se libérer de toutes les entraves, de tous les clichés, de toutes les évidences convenues. Il faut donner le prochain prix Nobel de médecine à Keith Richards, l’incarnation du Rock’n Roll. Ce type aurait dû mourir cent fois au moins. Il a survécu à tant d’overdoses et de produits toxiques qu’il a repoussé les limites supposées du corps humain. De plus, ce fut un pionnier (avec Dracula) du changement de sang. Et par ailleurs, il n’a même pas de diabète ni de cholestérol. Ça vaut largement un Nobel.


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Sapho
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