Jocelyne Fonlupt-Kilic

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Jocelyne Fonlupt-Kilic

Message  Jocelyne le Lun 6 Avr 2015 - 17:22

Nous, les enfants de 1950
De la naissance à l'âge adulte
Editions Wartberg
ISBN 978-3-8313-2550-4


Enfants de 1950 : Nous naissons en pleines « Trente Glorieuses », dont les maîtres mots sont « baby-boom » et « plein-emploi ». Nous accompagnons les premiers pas de la société de consommation, et profitons dès notre enfance d’un confort relatif. Pourtant cette société interdit encore l’avortement, la publicité pour la contraception, le travail féminin sans consentement de l’époux. Puis viendra Mai 68, et nous aurons tout juste dix-huit ans…




Nous, les enfants de 1934
Avec Aimée Vittaz
De la naissance à l'âge adulte
Editions Wartberg
ISBN 978-3-8313-2534-4


Enfants de 1934 : Nous n’avions pas d’autre moyen de transport que la calèche, pas de télévision ni d’ordinateur. Nous avons connu la guerre, de près ou de loin selon le lieu où nous habitions et l’histoire de notre famille. Puis, il y a eu la Libération, le certif’, les études pour certains et le travail pour d’autres… Et des rêves de vélo, de voyages, de transistors et de danses endiablées…




Grandir à Lyon dans les années 1940 et 1950
Avec Renée Bonnand Reboux
Editions Wartberg
ISBN 978-3-8313-2624-2


La ville de Lyon a une longue histoire derrière elle, marquée, entre autres, par le tissage de la soie, la photographie, la fabrication du nylon… Aujourd’hui brillante tant sur le plan technologique que culturel, l’ancienne capitale des Gaules a connu de multiples transformations au fil du temps. Il lui fallut se relever de la sombre période de la seconde guerre mondiale, guérir la blessure des ponts dynamités, reloger les personnes privées de leur habitat suite aux bombardements… Pourtant, les habitudes partagées par les Lyonnais – se sentir appartenir à un quartier plutôt qu’à une ville, parler lyonnais, porter des vêtements faits maison, aller le samedi soir au cinéma du coin, lire les informations affichées dans le hall du Progrès – ressemblaient encore beaucoup, jusqu’à la fin des années 1950, à celles observables avant-guerre. La télévision n’avait pas encore envahi le « temps de cerveau disponible » et c’est avec une grande joie que ceux qui sont nés à Lyon dans les années 1940 se souviennent ici de la ville où ils passèrent leur enfance.




Grandir à Lyon dans les années 1960 et 1970
Editions Wartberg
ISBN 978-3-8313-2616-7


Lyon, ce n’est pas seulement une ville, mais aussi un parler et un art de vivre. C’est Guignol et Gnafron, le souvenir des « canuts » de la Croix-Rousse, Fourvière et le quartier très catholique d’Ainay. Ce sont ces toits moins pentus que ceux du nord de la Loire, ces façades d’immeubles légèrement colorées longeant une Saône paresseuse et un Rhône tumultueux, ces tunnels qui transpercent nos collines… Ce sont ces « canits » (bistrots) où l’on se délecte d’un pot de beaujolais entre amis, ces « bouchons » où l’on s’offre un petit « mâchon ». Mais aussi quatre campus urbains, une biennale d’art contemporain et une de danse, la fête des Lumières, le festival annuel Quai du polar, celui de Fourvière… Nés dans les années 1960, nous y avons vécu une époque profondément empreinte de changements, entre premiers pas sur la Lune et révoltes de Mai 68. La mode raccourcit, la musique étourdit et tous les rêves sont permis…




Nous, les filles des années 1950 et 1960
Editions Wartberg
ISBN 978-3-8313-2812-3


Nous, les enfants du baby-boom, nous arrivons dans une France en plein essor économique et notre enfance se tisse à l’aune du passé. Les petites filles portent des robes d’organdi et apprennent à tricoter. Mais les temps changent et partout les choses bougent. On fait alors nôtre la phrase de Beauvoir : « on ne naît pas femme : on le devient. » Car Mai 68 s’annonce et certaines d’entre nous aspirent à plus de liberté. La fin des années De Gaulle pèse sur la jeunesse comme un  couvercle de plomb. Car naître en 1950 c’était rester sous l’autorité paternelle jusqu’à 21 ans, voir ses copains partir au service militaire mais ne pas pouvoir voter et, pour nous les filles, ne pas côtoyer de trop près les garçons… Nous étions nées dans l’ancien monde, nous aspirions à en construire un nouveau. Y sommes-nous parvenues ?




L'Affaire du mur des Canuts
Maldonne entre Rhône et Saône

ISBN 978-3-8313-2821-5


L’un est flic – l’Espingouin –, l’autre est prof – le Rital. Ils ont en commun un amour pour Lyon et la bonne cuisine, un attachement indéfectible à la colline de la Croix-Rousse, une vieille dame un peu borderline surnommée Tantine et des souvenirs d’enfance dans la capitale des Gaules… Le premier enquête sur un meurtre atypique, le second s’inquiète pour sa tante qui s'est soudain mise à retirer de bien trop grandes sommes d'argent. en toile de fond, de très vieilles histoires qui se transmettent un peu n’importe comment. Mais aussi un cadavre, une épée et des souterrains, un pape, une pierre précieuse et une malédiction, deux collines et trois fleuves – ou le contraire. Et la Croix-Rousse, qui vaut tous les ratons laveurs du monde !




Lyon hier / aujourd'hui
Avec Emmanuel Pasques (photographe)
Editions Wartberg
ISBN 978-3-8313-2613-6


La maxime attribuée à lavoisier, « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » peut aussi bien s’appliquer à Lyon, qui a vu une église et une fontaine déplacées de quelques dizaines de mètres, ses ponts détruits à la fin de la Seconde guerre mondiale puis reconstruits, pas forcément au même endroit... Mais aussi ses quartiers historiques – le Vieux lyon et la Croix-Rousse, en particulier – mis en valeur et un site archéologique de première importance découvert fortuitement. Des usines ont disparu, le vieil opéra, déjà reconstruit au XIX e siècle, s’est fait une nouvelle jeunesse grâce à Jean Nouvel… Et d’un terrain militaire abritant des casernes, dans le quartier de la Part-Dieu, sortira une nouvelle gare. Il ne s’agit là que de quelques-unes des transformations subies par la ville entre le siècle passé et aujourd’hui…
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Re: Jocelyne Fonlupt-Kilic

Message  bergamote le Lun 6 Avr 2015 - 18:11

je commencerai par

Nous les enfants de 1950


Il s’agit d’une série d’années de référence. Aux Editions Wartberg. Moi j’ai choisi 1950 car c’est une amie auteure Jocelyne Fonlupt qui l’a écrit.
Je suis née en 1942 et ces années décrites sont vraiment un véritable bain de jouvence. J’ai retrouvé absolument toutes les émotions, les espoirs, la vie et les luttes de cette époque.
Quand nous manifestions contre les guerres d’Algérie et du Vietnam et puis bien sûr 1968.
Jocelyne a su avec un recueil extrêmement bien documenté faire ce pas en arrière qui doit rester la mémoire de cette époque.
Merci à l’auteure.


puis:

morts suspectes sur la côte d'Azur

de Joyce Sword



Un roman intéressant sentant bon la cuisine et les épices de Provence.
L'auteur nous emmène dans une intrigue bien ficelée.
Son écriture et simple, des phrases courtes, des descriptions justes et alléchantes en ce qui concerne la cuisine.
On se laisse emporter avec Joyce et on essaie de trouver le coupable.
C’est le premier roman de Joyce Sword et j'espère que ce ne sera pas le dernier. Elle a parfaitement le talent pour nous emmener là où... il se passe des choses pas claires.
Bravo à toi


et enfin:


L’affaire du mur des Canuts


Chère au cœur de l'auteure la ville de Lyon prend ici une toute autre dimension. On voyage dans les ruelles, on voyage dans le temps et on essaie en plus de dénouer une intrigue bien ficelée.
Roman très étayé et très complet, et la cerise sur le gâteau très intéressant à plus d'un titre.
Merci Jocelyne


il est possible que j'en ai raté je sais que sur la ville de Lyon "grandir à Lyon" je l'avais offert à une amie

en tous cas merci pour ce partage et je suis heureuse de pouvoir parler de tes ouvrages ici
bisou bisou
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Re: Jocelyne Fonlupt-Kilic

Message  Jocelyne le Lun 6 Avr 2015 - 18:37

Merci Bergamote, j'avais oublié Morts suspectes sur la côte d'Azur car il n'a pas de numéro d'ISBN et en plus il n'est plus disponible si ce n'est sur les sites d'occasion...
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Re: Jocelyne Fonlupt-Kilic

Message  Sapho le Lun 6 Avr 2015 - 19:23

Merci pour toutes ces informations!

Je vais certainement lire le livre intitulé : NOUS LES ENFANTS DE 1950

Cela me rappellera pas mal de souvenirs et un plus, j'apprendrai à te connaitre à travers tes écrits.

study study study
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Re: Jocelyne Fonlupt-Kilic

Message  Jocelyne le Lun 6 Avr 2015 - 19:30

Sapho a écrit:Merci pour toutes ces informations!

Je vais certainement lire le livre intitulé : NOUS LES ENFANTS DE 1950

Cela me rappellera pas mal de souvenirs et un plus, j'apprendrai à te connaitre à travers tes écrits.

study study study

On le trouve dans de nombreuses librairies et bibliothèques. Bonne lecture !
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Re: Jocelyne Fonlupt-Kilic

Message  bergamote le Lun 6 Avr 2015 - 20:17

Sapho c'est un bain de jouvence
je me suis retrouvée petite fille car en fait ça n'avait rien changé entre 1942 (où je suis née) et 1950 je m'y retrouve à chaque page
merci à toutes les deux d'en reparler bisou
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Re: Jocelyne Fonlupt-Kilic

Message  Arun le Mar 7 Avr 2015 - 8:33

J'y reviendrai ! Merci Jocelyne pour ce fil qui promet d'être fort instructif. Je lirai tout avec attention.


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Re: Jocelyne Fonlupt-Kilic

Message  Arun le Sam 18 Avr 2015 - 9:41

En effet, j'y reviens. Je me demande par lequel commencer ! Tous m'interpellent ! Cependant, les livres concernant Lyon m'attirent spécialement. Du côté de mon père je suis également lyonnaise. Smile. Des souvenirs un peu flou il est vrai !

Du côté de mon père, c'était la petite bourgeoisie lyonnaise férue d'art, de bienséance, mais aussi de ce côté un peu aventurier (amour des voyages) dont j'ai, il me semble quelque peu hérité.

Du côté de ma mère c'était l'Algérie. Mon cœur a balancé plus souvent du côté de l’Algérie, je l'avoue. Une partie de ma jeunesse, les grandes vacances se sont déroulées là bas.

Refaire un brin de parcours à l'envers en lisant tes ouvrages Jocelyne, pourquoi pas ? Smile


Sur les pentes de la Croix Rousse


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Re: Jocelyne Fonlupt-Kilic

Message  Jocelyne le Lun 20 Avr 2015 - 9:18

Et pour ceux qui voudraient entendre ma voix, l'enregistrement d'une émission sur Radio Judaïca Lyon qui m'avait invitée pour parler de mon livre de photos Lyon hier, aujourd'hui

bit.ly/1wtMLZ0

Euh, je crois que le lien ne fonctionne pas...
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Re: Jocelyne Fonlupt-Kilic

Message  bergamote le Lun 20 Avr 2015 - 11:02

si le lien fonctionne mais tu parlais dans quelle émission? il faut le copier coller ?
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Re: Jocelyne Fonlupt-Kilic

Message  Jocelyne le Lun 20 Avr 2015 - 11:12

bergamote a écrit:si le lien fonctionne  mais tu parlais dans quelle  émission?   il faut le copier coller  ?

C'était dans l'émission "Entre vous et moi" de Patricia Drai le mercredi 22 octobre 2014 à partir de 11 heures et quelque...
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Re: Jocelyne Fonlupt-Kilic

Message  bergamote le Lun 20 Avr 2015 - 11:31

Jocelyne a écrit:
bergamote a écrit:si le lien fonctionne  mais tu parlais dans quelle  émission?   il faut le copier coller  ?

C'était dans l'émission "Entre vous et moi" de Patricia Drai le mercredi 22 octobre 2014 à partir de 11 heures et quelque...

je n'arrive pas à revenir en arrière seul l'émission du 14 avril apparait grrrrr bounce bounce
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Re: Jocelyne Fonlupt-Kilic

Message  Arun le Lun 4 Mai 2015 - 11:04


Mon avis après lecture :

Si je devais choisir un mot pour résumer ce roman ce serait assurément celui de Rencontres.  Rencontres campées ici dans un polar original et truculent.  Rencontres à Lugdunum en l'an de grâce 1305. Rencontres de nos jours à Lyon, à l'automne 2009. Rencontres avec la gouaille lyonnaise, les « gones »,  les « traboules », la fête des lumières,  la croix-rousse,  la gastronomie et ses bouchons.  

Bien évidemment, toutes ces rencontres n’auraient pas le sens qu'elles ont si l'auteure n'avait pas fait le lien entre les différentes époques de la capitale des Gaules et si elle n'avait pas eu à cœur de redonner un sens premier au récit. Transmettre les traditions, communiquer, partager et comprendre l'histoire en sont en effet les dénominateurs commun.  

Voici donc  le récit de deux amis, l'enquêteur Almera et le « rital », « gones » lyonnais  profondément attachés à leur ville.  Le premier sur les traces d'un tueur, le second inquiet pour sa tante, vieille dame au passé militant …

Je vous laisse découvrir ce récit et  je vous recommande cette passionnante dérive dans le passé de Lugdunum. Que vous soyez avide de connaissances ou en quêtes de sensations fortes, ce roman devrait vous combler !

Un lexique reprenant des termes typiquement lyonnais et quelques recettes de cuisine du terroir  complètent agréablement la lecture de ce roman.

Tous mes remerciements chaleureux pour Jocelyne !  I love you  :coque:


Dernière édition par Arun le Lun 4 Mai 2015 - 12:08, édité 1 fois


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Re: Jocelyne Fonlupt-Kilic

Message  bergamote le Lun 4 Mai 2015 - 11:55

Oui Arun c'est un très bon roman et Jocelyne a vraiment du talent sans la faire rougir. Very Happy
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Re: Jocelyne Fonlupt-Kilic

Message  Jocelyne le Lun 4 Mai 2015 - 12:02

Merci Arun, merci Berga !
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Re: Jocelyne Fonlupt-Kilic

Message  Sapho le Lun 4 Mai 2015 - 15:19


Ca me donne vraiment envie de le lire. Je vais essayer de me le procurer assez rapidement.

Merci pour tes ressentis ARUN ! study study study
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Lyon hier/aujourd'hui

Message  Arun le Mer 13 Mai 2015 - 15:47


C'est un fait avéré : par leur seule présence, certaines photos abolissent le temps qui passent. Ainsi ai-je découvert avec émerveillement ces photos de notre belle ville de Lyon ! Les quartiers historiques de Lyon et de la Croix-rousse en particulier, illustrant les transformations subies entre le siècle dernier et aujourd'hui.

Merci Jocelyne, grâce à toi j'ai refait  à reculons un certain parcours. Puis, je me suis arrêtée au milieu du parcours et j'ai laissé mon esprit vagabonder. La présence de mon père, ses études au petit séminaire de St-Jean, mes oncles, mes tantes, l'imprimerie de mon oncle, pour ne citer que ces faits ... enfin,  cette famille que je trouvais trop "bourgeoise" à mon goût ! la plupart ne sont plus de ce monde, je suis donc allée à leur rencontre d'une certaine manière et,  pour ceux d'entre eux, qui ont nommé jadis,  avec mépris, ma mère "l'algérienne", j'ai pardonné  ...

merci messages panca


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Re: Jocelyne Fonlupt-Kilic

Message  Jocelyne le Mer 13 Mai 2015 - 16:40

Je suis très touchée par ton commentaire Arun. Merci.
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Re: Jocelyne Fonlupt-Kilic

Message  Jocelyne le Ven 22 Mai 2015 - 9:22

C’était un vendredi après-midi,de septembre 1970 je crois,
nous étions plusieurs anciens du même lycée lyonnais
occupés à refaire le monde.Quelqu’un lança :« Si nous
allions à Paris ! » Nous, les gones, nous méfions de la
capitale. Un peu de jalousie, sans doute. Mais un hommage à
l’Odéon, à la Sorbonne et aux pavés de 68, pourquoi pas ?
Je conduisais une vieille 2 CV. Et nous partons à quatre, le lendemain,
puisque les bonnes idées ne souffrent aucun retard. Sept
heures de route et c’est l’entrée par la porte d’Italie.

- Comment fait-on pour aller à Saint-
Michel ? Quelqu’un sait ?
- C’est tout droit, après on suit les
panneaux.
Coup de chance – nous n’avons pour
toute carte qu’un plan de métro –, la
fontaine Saint-Michel nous saute aux
yeux. Se garer est une autre affaire.
Qui prend un bon moment. Je pose la
voiture le long d’un trottoir, dans une
rue dont je m’empresse d’aller voir le
nom,précaution indispensable si je veux
la récupérer. Rue des Écoles. Bon sang,
nous sommes juste derrière la Sorbonne.
Si près et si loin de ce 3 mai qui mit le
feu aux poudres…

- Pierre, je suis fatiguée, je veux juste
m’asseoir sur ce banc, tu viens ?
- Non, je vais avec les autres faire le tour
du Quartier latin, allez viens.
- Je préfère rester là, j’ai envie de lire…
- T’es en manque ou quoi ?
- En quelque sorte, et puis j’aime bien cette place et cette statue,
tu sais, c’est Montaigne.
- Merci, je sais lire. Bon, on te retrouve ici dans… disons deux
heures.

Un peu plus tard, je lève les yeux de Narcisse et Goldmund et je
vois les murs blancs d’un édifice d’où entrent et sortent nombre
de touristes. Intriguée, je décolle de mon banc, quitte le square et
m’approche de l’entrée. Magnifique.Tout simplement magnifique,
cette cour. Une inscription :musée de Cluny. À la Lyonnaise que
je suis, ce nom est loin d’être inconnu, la Bourgogne n’est pas si
loin de ma bonne ville. Si mes souvenirs sont exacts, les moines
avaient fondé un collège au XIIIe siècle, ce n’est que plus tard
que ce splendide hôtel serait construit. Tout cela est bel et bon,
mais j’ai confié mon porte-monnaie à Pierre et les quelques francs
qui traînent dans ma poche ne suffiront pas à payer l’entrée. Qu’à
cela ne tienne, c’est à partir du banc, près du vieux puits, que je
vais m’offrir ma visite des lieux. Je commence par la façade. Élégance
du corps de logis avec ses deux ailes en retour pour délimiter
la cour, fenêtres ouvragées. De laquelle d’entre elles surgira
la Dame à la licorne? Je sais que le musée l’abrite et la garde jalousement,
comme ces époux méfiants laissaient au château, dûment
protégée, l’épouse.

Une fine silhouette féminine s’approche. Au milieu du va-et-vient
des visiteurs, elle se détache. Mue d’aucune précipitation,
elle s’avance et je sais qu’elle va s’arrêter là et s’asseoir sur ce
banc que je m’étais déjà approprié. Je ne suis pas sûre d’apprécier
d’être ainsi brutalement ramenée au XXe siècle. Elle s’installe.
Puisque je viens d’être dérangée dans mon incursion médiévale,
je ressors mon bouquin.Mais allez lire
quand vous sentez un regard posé sur
vous !

- Je vous ai tirée de vos songes ?
- Non…, enfin oui.
- Vous avez visité l’intérieur ?
- Non, plus tard. En fait, je n’ai pas de
quoi payer l’entrée.
- Venez, je vous invite.
- Mais… Pourquoi ?
- Eh bien, pourquoi pas ?

Étrange visite en compagnie de cette
longue dame brune. Elle parle peu,
s’arrête parfois devant une sculpture,
paraît fascinée par le visage d’une Vierge
ou l’or d’un collier.Elle semble chez elle
dans ce lieu magique, telle une maîtresse
de maison vérifiant que ses bibelots n’ont
pas été déplacés. Sa voix est un peu
rauque et son vocabulaire recherché,
pas pédant, plutôt précis.

Je crois que nous sommes restées, elle
et moi, presque deux heures dans le musée. Deux heures hors du
temps. Puis, en sortant, alors que je venais d’apercevoir Pierre et
les copains, sur le trottoir, elle me dit « Au revoir, qui sait peut-être
nous reverrons-nous ? ». J’ai eu le temps de murmurer un
« Merci », avant que la dame en noir disparaisse.

- Tu aurais pu nous présenter.
- Mais je ne sais pas qui c’est, elle m’a payé l’entrée au musée,c’est
tout.

À ce moment-là, j’ai vu la tête mi-scandalisée, mi-amusée de
mes amis et entendu le rire homérique de Pierre, relayé par les
hoquets des copains.
- Tu viens de passer je ne sais combien de temps avec Barbara
et tu ne t’en es même pas rendu compte. Non, vraiment,Catherine,
tu devrais redescendre sur terre quelquefois.

Jocelyne Fonlupt
Paris, septembre 2001
En souvenir de vous

Paru dans Millefleurs n° 6, novembre 2001
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Re: Jocelyne Fonlupt-Kilic

Message  Arun le Ven 22 Mai 2015 - 9:43

Superbe texte Jocelyne, emprunt de poésie, de nostalgie, de rêveries ! promenade singulière, qualité de l'écriture toujours inventée, j'apprécie ! merci messages panca


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Re: Jocelyne Fonlupt-Kilic

Message  Arun le Ven 22 Mai 2015 - 15:33


"Nous naissons en pleines " Trente Glorieuses ", dont les maîtres mots sont " baby-boom " et " plein-emploi ". Nous accompagnons les premiers pas de la société de consommation, et profitons dès notre enfance d'un confort relatif. Pourtant cette société interdit encore l'avortement, la publicité pour la contraception, le travail féminin sans consentement de l'époux. Puis viendra Mai 68, et nous aurons tout juste dix-huit ans..."


On retrouve l’ambiance typique des années 50 à travers la jeunesse, les loisirs, les marchés, le sport, les personnalités, l’école, les départs en vacances, les constructions, mais aussi les mouvements sociaux, les périodes de canicule, les rigueurs des hivers ...

Je me suis retrouvée, moi, enfant vivant pas très loin de Lyon avec des parents paternels lyonnais à qui nous allions rendre visite. Des visites courtoises, où il fallait se tenir bien surtout. Mais j'avais une tante, assistante sociale de son métier, qui sortait un peu de l'ordinaire, qui nous racontait Lyon et ses potins mondains, qui nous promenait mon frère et moi au "Parc de la tête d'or" plus souvent dans la roseraie qu'ailleurs ... qui adorait la bonne chair, la vie en quelque sorte, bonne vivante de son état, sans doute épicurienne, que je regrette d'avoir trop peu connu !

Et oui Jocelyne tu as fais ressurgir un passé que je pensais enfoui ! J'apprécie un peu plus, au fil des jours,  ton écriture, ta sensibilité et certainement ton attachement à cette belle ville de Lyon.

Une fois de plus un grand merci à toi !  I love you  :coque:


Dernière édition par Arun le Sam 23 Mai 2015 - 20:13, édité 2 fois


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Re: Jocelyne Fonlupt-Kilic

Message  Jocelyne le Ven 22 Mai 2015 - 15:47

Merci Arun. Lyon est une ville que j'aime bien et que je redécouvre tant les choses ont changé. Mon quartier c'était Vaise, eh bien je n'ai pas encore réussi à y retourner... depuis trente ans à peu près.
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Re: Jocelyne Fonlupt-Kilic

Message  Arun le Ven 29 Juil 2016 - 9:52

Je me permets de vous poster ce magnifique texte de Jocelyne :

Tu me demandes de te raconter la mer. Mais laquelle ?

Celle de mon enfance, c’était un chromo sur le mur, pins parasols, soleil brûlant et mer d’azur. Jusqu’à douze ans, c’était ça pour moi la mer. Un jaillissement de couleurs, une promesse de chaleur, un rêve inaccessible. « Un jour, on ira », me disait ma grand-mère. Je t’emmènerai voir les voiles blanches, la Croisette et les yachts de Cannes, Nice et sa Promenade des Anglais. « Un jour, on ira sur la Baltique », me disait-elle. « Je t’emmènerai voir la ville que construisit le tzar géant. » « Un jour, on ira manger du hareng à Ostende là où le ciel et la mer se confondent. » « Un jour, on ira… », disait-elle.

Sans elle, la Méditerranée fut la première. Une de ces journées pluvieuses qui vous plombe vos rêves d’azur. Foin des pins parasols et du soleil ardent, c’était une immensité mouvante et grise, inquiétante pour tout dire. Les Saintes-Maries s’en couvraient de honte. C’est donc ça la mer ? Un ventre vieilli agité de soubresauts.

Puis ce fut l’Atlantique en été et les plages de Sainte-Marguerite. Dunes de sable et ajoncs, huile solaire et varech, maillot de bain et peau salée. Que tout cela est loin. Loin aussi ma découverte de Venise et de sa lagune. Petit morceau d’Adriatique et déjà promesse d’Orient.

Cet Orient de Loti, comme une plongée sur le Bosphore, entre Rochefort et Constantinople, j’en avais pressenti les attraits. J’ai écouté Istanbul les yeux fermés, longtemps, comme dans le poème d’Orhan Veli. J’ai entendu la prison d’Ümraniye et j’ai vu Sultanahmet se refléter dans les eaux de Marmara. Il fallait aller plus loin encore. Suivre Kessel et Henry de Monfreid, sur les bords de la mer Rouge. M’enivrer d’opium et de haschich près du Pacifique avant de trouver une grotte accueillante à Matala. La mer Égée, chaude et sensuelle, promesse d’étreintes et de jouissance, la mer Égée, petite sœur de mes aventures, témoin muet de mes envies.

J’ai nagé nue à Ibiza et l’Espagne franquiste m’a expulsée. Entre Bruges et Douvres, ce fut la Manche cauchemardesque, l’estomac qui perd la boule, le crâne qui explose, l’odeur des bières vomies et la puanteur des supporters de Chelsea. La Manche, pourtant si belle à Saint-Vaast-la-Hougue et cette île de Tatihou et son jardin maritime près du lazaret. Balades sur l’estran, goélands argentés et tadornes craintives. Parenthèse heureuse, maintes fois recommencée.

Et voici cette île singulière où je viens continuer le voyage. Avec ses habitants, hâbleurs et méfiants tout autant.
Étrangère à ce monde codifié dont j’ignore les codes, je me perds dans les travées du port et lorsque je demande mon chemin, on moque mon accent.

Avez-vous donc oublié, gens de Sète et de Thau, vos parents venus d’Italie ou d’Espagne ? Avez-vous oublié qu’ils furent, eux aussi, naguère, d’étranges étrangers quittant une Italie trop pauvre ou fuyant la misère andalouse ?

de Jocelyne pour l'atelier d'écriture de Sète


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Re: Jocelyne Fonlupt-Kilic

Message  Sapho le Ven 29 Juil 2016 - 11:12


Magnifique !

Ce voyage à travers les années et les sensations observées tellement différentes d'une mer à l'autre m'ont fait rêvé tout au long de ton texte.

J'ai notamment eu l'impression de me retrouver avec toi sur les rives du Bosphore tant aimées. J'ai traversé avec toi l'Atlantique pour aller là où la mer commence......

Merci Jocelyne pour ce beau chemin que j'ai parcouru avec émotion:sign_merci2: merci messages panca
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Sapho
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Re: Jocelyne Fonlupt-Kilic

Message  Jocelyne le Ven 29 Juil 2016 - 13:40

Merci les filles !
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