SAEZ

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Message  Sapho le Jeu 16 Fév 2017 - 18:54




Dénoncer. C'est sa source d'inspiration la plus forte. Souvent, Damien Saez s'en est pris à la société de consommation, notamment avec son album J'accuse, en 2010. L'artiste semble plus engagé que jamais. Comme si une rage profonde qui sommeillait en lui devait à tout prix s'extérioriser. Trois titres ont été proposés en téléchargement gratuit sur son nouveau site en novembre. Dont Peuple manifestant, dans lequel il déverse justement sa colère au rythme de rapides accords de guitare. «Moi je resterai poing levé du peuple des indépendants/ Moi j'y peux rien si je suis né du peuple des manifestants.» Il critique violemment la société, n'hésite pas à l'insulter, s'insurge contre les médias, enrage contre les politiques. «Puis tu crois qu'y aurait politique pour protéger les populaires?/ Non ils préfèrent faire des tweets pour divertir la ménagère.» Il s'en prend à Amazon également, qui a récemment dévoilé des extraits de son album avant sa sortie. En réalité, il s'en prend à beaucoup de choses, comme toujours, et il crie très fort.
Ses textes sont bien plus incisifs lorsque sa voix s'adoucit. Pas besoin de crier pour se faire entendre. En témoignent deux chansons qui évoquent les attentats à Paris en 2015. Ainsi, Tous les gamins du monde rend un hommage percutant à Charlie Hebdo. «Nos crayons comme un poing levé contre des balles/ Pour montrer à l'obscurité qui tient la flamme.» Puis des chœurs viennent le soutenir dans cet hymne à la liberté: «Ça n'est pas mon pays ce soir qu'on assassine/ C'est l'histoire de l'homme, c'est Pierrot, c'est Colombine/ C'est Michel-Ange, puis c'est Lascaux, puis c'est Paris/ C'est la lumière, n'en déplaise à la tyrannie.» Enfin, Les Enfants Paradis, pour célébrer la mémoire des victimes du 13 novembre 2015, avec une mélodie au piano. «Ils étaient amoureux, ceux qui se sont blottis/ L'un contre l'autre, à deux contre la tyrannie/ Ils étaient comme toi, ils étaient comme moi/ Ils n'étaient pas guerriers, mais sont morts au combat.» Armé de sa poésie, Saez poursuit sa lutte.




"Les enfants Paradis"

Ils étaient des sourires ils étaient des sanglots
Ils étaient de ces rires que font les chants d’oiseaux
Ils étaient des matins quand on va bord de mer
Ils étaient cœur chagrin ils étaient cœur lumière
Ils étaient des poèmes ils étaient des oiseaux
Ils étaient des je t’aime qu’on dit bord du ruisseau

Ils étaient du café ils étaient du bistrot
Ils étaient étrangers ils étaient sans drapeau
Ils étaient de Paris ils étaient de Province
Ils étaient cœur de pluie qui font mon cœur qui grince
Ils étaient plein de vie avaient l’œil du printemps
Ils étaient cœur qui rit quand le ciel est pleurant
Ils étaient des promesses ils étaient devenir
Ils étaient bien trop jeunes oui pour devoir partir
Ils étaient fils d’orient ou fils de l’occident
Enfants du paradis enfants du Bataclan

Ils étaient cœur français ou international
Ils étaient la rosée qui pleure dessous le châle
Ils étaient des promesses ils étaient des bourgeons
Qui font monter tristesse ils étaient des chanons
Ils étaient des familles ils étaient des amis
Ils étaient ce qui brille dans le ciel de la nuit
Ils étaient amoureux ceux qui se sont blottis
L’un contre l’autre à deux contre la tyrannie
Ils étaient comme toi ils étaient comme moi
Ils n’étaient pas guerriers mais sont morts au combat
Ils étaient cœur d’amour ils étaient cœur qui bat
Puis qui battra toujours même en dessous la croix

Ils étaient ces amis que je connaissais pas
Ils étaient mon pays et puis le tien je crois
Ils resteront Paris
Paris se souviendra
Toujours de ces amis la lumière brillera

Ils s’appelaient je t’aime ils s’appelaient jeunesse
Ils s’appelaient poème ils s’appelaient tendresse
Ils s’appelaient frangines ils s’appelaient frangins
Ils s’appelaient gamines ils s’appelaient gamins
Ils s’appelaient la joie et puis la non-violence
Ils s’appelaient je crois les enfants de la France
De tous les horizons puis de tous les prénoms
Ils s’appelaient amour s’appelaient l’horizon

Ils s’appelaient Jacques Brel puis je crois Barbara
Ils s’appelaient le ciel s’appelaient pourquoi
Toujours ici sommeille l’horreur au creux du bois
Qui rejoint l’éternel va l’innocent je crois
Ils étaient poings levés ils étaient nos concerts
Ils étaient cœurs serrés oui face aux tortionnaires
Ils étaient cœurs d’œillets des fleurs face aux fusils

A nos cœurs endeuillés nous pleurons nos amis
A l’innocent qu’on tue oui tombé sous les balles
Au soldat inconnu sous l’horreur des mitrailles
Si sont les lettres mortes les cantiques du chagrin
Puisque frappe à la porte les plaines de Verdun
Si sont tombés ce soir en ce vendredi noir
Les frères de mon pays nous laissant désespoir
Mon pays ta culture est morte assassinée
Mais tu sais ma culture non ne mourra jamais
Toi mon pays Molière toi mon pays Vinci
Toi mon pays Voltaire toi mon pays Valmy
Toi mon pays la Terre toi mon pays Paris
Toi mon pays par terre relève toi mon pays
Toi mon pays lumière toi mon pays la vie
Mon pays Littéraire mon pays triste vie
Toi mon pays mes frères toi frère de mon pays
Comme on chérit sa mère on chérit sa patrie




Tous les gamins du monde charbon sur du papier
Dessineront toujours ton visage, Ô Liberté !
Nos crayons comme un poing levé contre des balles
Pour montrer à l’obscurité qui tient la flamme Ressers les rangs puis taille la mine à ton crayon
Dis Petit Prince, dis, redessine-moi l’horizon
Des libertés qui font la vie de nos bistrots
Des sourires que nous tirent tous nos potes au pinceau Tous les gamins du monde charbon sur du papier
Dessineront toujours ton visage, Ô Liberté !
Ici, oui mon ami, que c’est pas l’ignorance
Jamais qui sera le drapeau de notre France À l’encre du crayon, à l’encre de ma plume
À l’encre de nos yeux, au combat sous l’enclume
Menacé mais libre toujours et contre tout
Que rien jamais ne mettra ma France à genoux Tous les gamins du monde charbon sur du papier
Dessineront toujours ton visage, Liberté
À ceux qui plieront jamais sous la tyrannie
Que nous sommes tous les enfants du même pays Ça n’est pas mon pays ce soir qu’on assassine
C’est l’histoire de l’homme, c’est Piero, c’est Colombine
C’est Michel-Ange, puis c’est Lascaux, puis c’est Paris
C’est la lumière, n’en déplaise à la tyrannie C’est un peu de nous qui est parti avec nos frères
Et si vient l’obscure nous avons la lumière
Puis il n’est rien de plus fort que le don de soi
Que la main tendue vers celui qui vous combat Je suis la France puis nous sommes les enfants du libre
Ici ça fait longtemps qu’on brûle plus les livres
Des violences, enfants de nos sociétés malades
De nos abris sous les terreurs des fusillades À Cabu, à Tignous, à Charb, à Wolinski
À tout les autres et puis aux fils de mon pays
A nos enfants misères qui ne savent même plus lire
Ils est temps mon pays oui de redevenir Allez la Terre, allez la France, allez mes frères
De tout les horizons, de toutes les frontières
Que jamais ne plient nos genoux devant la haine
Puisque toujours la force nourrit de la peine Ton pays chante ton prénom pour que là-haut
Pour que Cabu boive un canon avec Mano
Si nous chantons puis si nous chanterons encore
La liberté aux mémoires de nos amis morts Autant que dessineront tous les gamins du monde
Ton nom sur les arbres et puis parfois des Joconde
Aux pinceaux qui font les Vinci, les Wolinski
Puis tous nos frères qui font les cultures des pays Ami c’est pas finit, ami il reste à boire
Dans nos sanglots qui viennent faire pleurer nos buvards
Retourner à la mine, à la mine du crayon
Contre leurs champs de mines en tout genre, mort aux cons ! C’est pas la prière des bons dieux que nous chantons
C’est celle de nos enfants libres sous leur crayon
Un trait pour mettre un peu de couleur à nos cœurs
Pour dessiner des jours prochains, des jours meilleurs Et si c’est un crayon oui contre la mitraille
Alors que le papier soit le champ de bataille
Que nos plumes à jamais gardent toujours leur livre
Qu’il est plus important d’être debout que de vivre Ils peuvent assassiner nos corps mais pas nos âmes
Le souffle du néant n’éteindra pas la flamme
Tous les gamins du monde charbon sur du papier
Dessineront toujours ton visage, Ô Liberté ! Tous les gamins du monde charbon sur du papier
Dessineront toujours ton visage, Ô Liberté !
Ici, toi mon ami, que c’est pas l’ignorance
Jamais qui sera le drapeau de notre France
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Re: SAEZ

Message  Sapho le Jeu 16 Fév 2017 - 18:56




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Re: SAEZ

Message  Arun le Ven 17 Fév 2017 - 10:34

Je découvre, je ne connaissais pas ! Merci chère Sapho pour ce nouveau partage ! J'apprécIe ...


"Le mouton n'a pas mangé la rose et le Petit Prince n'est pas mort"

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