Hermann Hesse

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Hermann Hesse

Message  Arun le Mer 2 Sep 2015 - 15:59




Hermann Hesse


Hermann Hesse est l’un des auteurs les plus lus dans le monde. Son œuvre est remarquable. Philosophe, autant que poète et romancier, Hermann Hesse a aspiré, toute sa vie, à trouver le difficile équilibre entre le corps et l’esprit, sans lequel l’être humain ne peut atteindre la plénitude.
L’œuvre d’Hermann Hesse est riche en enseignement. L’écriture est raffinée, recherchée et profonde. À travers ses personnages, Hesse se dévoile. Il dévoile ses états d’âme, ses doutes, son questionnement face à la vie. Tout comme Krishnamurti, Hermann Hesse en arrive à la conclusion que la recherche de la Vérité est une voie sans fin ; chacun de nous pouvant y trouver sa propre interprétation.


Biographie


Une enfance malheureuse


Hermann Hesse est né le 2 juillet 1877, à Calw, en Allemagne, dans une famille de missionnaires protestants. Son grand-père, un patriarche, est médecin et également conseiller régional. Son père, Johannes, pasteur, a fait la connaissance de sa mère, Maria, lors d’un voyage en Inde. Élevé dans un cadre religieux étouffant, le jeune Hermann se révolte très tôt contre ses parents. Ces derniers veulent faire de leur fils un théologien. Ils l’inscrivent au Göppenger Gymnasium pour y faire ses études. C’est à cette école qu’Hermann se découvre une passion pour la poésie et l’écriture. En 1891, il obtient son diplôme et fait son entrée au séminaire de Maulbron, réservé aux jeunes garçons âgés de 14 à 18 ans.
En 1892, à l’âge de 15 ans, Hermann fuit la maison familiale où il étouffe et il revient après une absence d’une journée seulement. Ses parents le font soigner pour insomnies et maux de tête. La même année, il disparaît de nouveau lors d’une crise dépressive, et après l’achat d’un révolver, il laisse une note de suicide. Il revient le jour même et ses parents l’envoient dans une école pour déficients intellectuels. Sa correspondance de l’époque le montre de plus en plus révolté et agressif envers ses parents et envers l’autorité. Hermann est sur le point d’exploser. À la sortie de cette école, Hermann passe la majeure partie de ses journées à lire dans la bibliothèque de son grand-père.

Hermann Hesse : un autodidacte

En 1895, Hermann Hesse se déniche un poste dans une librairie où il peut donner libre cours à sa passion, la lecture. À cette période, Hermann est un adolescent solitaire qui, en dehors de la lecture, passe une grande partie de son temps, dans un état de méditation et de contemplation. C’est dans cet état d’esprit qu’il retrouve l’équilibre. Il retrouve également la foi dans la beauté et la poésie. Il lit beaucoup Goethe et Nietzsche, mais c’est surtout Goethe qui le fascine au plus haut point. Hermann prend des cours du soir en littérature qui vont lui permettre de créer son propre univers. Il passe la quasi totalité de son temps libre dans la lecture. Il va même jusqu’à affirmer que chaque heure passée loin de la lecture, lui semble être du temps perdu.

Hermann Hesse et sa renommée

Fasciné par l’œuvre poétique « Les Romantiques », Hermann Hesse se lance dans la poésie. En 1896, un de ses poèmes est publié dans une revue. D’autres poèmes sont publiés dans les années suivantes. En 1898, son recueil de poésie « Les Romantische Lieder », paraît aux éditions E. Pierson, en 600 exemplaires. En 1899, Hesse voit un de ses livres publié. Il s’agit, cette fois, d’un recueil d’extraits en prose, dans lequel l’importance de l’individu et le danger de se fondre dans la masse, sont des thèmes récurrents. Avec la publication de son livre « Peter Camenzind », en 1904, Hermann Hesse se taille une renommée extraordinaire. Il peut, dès lors, vivre à même ses droits d’auteur et devenir un écrivain à plein temps. C’est une grande victoire pour lui.
Lors de la première guerre mondiale, Hermann Hesse est un des rares écrivains à prendre une position résolument pacifiste, ce qui lui vaut d’être rejeté et violemment critiqué. Le spectacle de la guerre et ses atrocités, de même que la maladie mentale de son épouse Marie Bernoulli, atteinte de schizophrénie, plongent Hermann Hesse dans une grande crise personnelle. Il entreprend alors une première psychanalyse avec un élève de Jung et, par la suite, avec Jung lui-même. En 1919, son épouse est internée et ses enfants sont placés chez des parents et amis. Hermann Hesse abandonne son existence mondaine et va s’installer, seul, à Montagnola, en Suisse.
Hermann Hesse a 42 ans. Il mène, en Suisse, une vie solitaire d’une grande frugalité, se consacrant à l’écriture, à la peinture et à l’introspection, sans pour autant se désintéresser du monde. Ses très nombreux articles (plus de 3000), ne sont que sarcasmes à l’égard de l’idéologie national-socialiste naissante, puis triomphante, ce qui lui vaut d’être jugé indésirable par le pouvoir hitlérien. En même temps, c’est le début de la période la plus créatrice et la plus profonde de sa vie d’écrivain : Siddharta, Le Loup des steppes, Narcisse et Goldmund naissent de cette rupture sociale.
Remarié à deux reprises, Hermann Hesse devient après la seconde guerre mondiale, un écrivain célèbre, admiré et reconnu comme étant un directeur de conscience. Bien qu’il n’ait cessé de réfuter cette reconnaissance, incompatible avec l’idée de liberté individuelle qu’il n’a jamais cessé de défendre, Hermann Hesse se montre soucieux de répondre au volumineux courrier qu’il reçoit (200 à 300 lettres par jour), au nom de la responsabilité morale de l’écrivain, qu’il a défendue toute sa vie.
En 1946, Hermann Hesse reçoit le prix Nobel de littérature pour son livre, « Le jeu des perles de verre », publié trois années plus tôt. Il meurt dans son sommeil, d’une hémorragie cérébrale, à l’âge de 85 ans, le 9 août 1962.

Bibliographie

Romans :
Gertrude
Knulp
L’Ornière
Le Jeu des perles de verre
Le Loup de steppes
Le Voyage en Orient
Narcisse et Goldmund
Peter Camenzind
Rosshalde
Siddharta


Nouvelles :
Berthold
Enfance d’un magicien
Fiançailles
Histoires d’amour
L’homme qui voulait changer le monde
La Conversion de Casanova
La Leçon interrompue
Lauscher
Le dernier été de Klingsor
Le Curiste
Le Poète chinois
Les Frères du soleil
Souvenirs d’un Européen
Une petite ville d’autrefois


Contes :
Contes merveilleux


Poésie :
Poèmes choisis


Essais :
Éloge de la vieillesse
L’art de l’oisiveté
Le Voyage à Nuremberg


Lettres :
Lettres, 1900-1962

A ce jour, je n'ai lu que "Le dernier été de Klingsor", "Peter Camenzind" et "Siddharta" ... j'ai été chaque fois subjuguée par son écriture ! je vais approfondir en me procurant quelques essais dont "Eloge de la vieillesse" et quelques uns de ses poèmes et contes.

Extrait de "Peter Caminzind "

"Je ne savais pas encore les noms du lac, des montagnes et des rivières de mon pays natal, mais je voyais s'étendre sous le soleil la vaste nappe des eaux immobiles, vertes et bleuâtres, brochées de mille reflets lumineux, les montagnes abruptes dressant tout autour leur épaisse couronne avec les brèches étincelantes de neige, les minces cascades minuscules dans les découpures de leurs sommets, et, à leur pied, les pentes baignées de lumière, les pâturages parsemées d'arbres fruitiers, de chalets et de vaches grises des alpes. Et sur ma pauvre petite âme qui attendait, vierge encore et silencieuse, les esprits du lac et des montagnes gravèrent leurs exploits splendides et hardis ..."


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Re: Hermann Hesse

Message  Sapho le Mer 2 Sep 2015 - 19:22

J'ai lu moi aussi SIDDHARTA mais il y a bien longtemps. Il est resté longtemps sur ma table de chevet ! study study

Par contre, j'ai lu il y a 2 ou 3 mois LE LOUP DES STEPPES qui m'a laissé un puissant souvenir !

RESUME

Au premier abord, Harry Haller impressionne désagréablement le neveu de sa nouvelle logeuse, peut-être par le regard mi-satisfait mi-moqueur dont il examine les maîtres, comme si le confort bourgeois de la maison lui semblait à la fois étranger, plaisant et dérisoire. Si Haller considère tout avec l'ironie d'un habitant de Sirius ou d'ailleurs, c'est qu'il appartient effectivement à un autre monde, celui de l'intellectualité pure. A force de renier ce qui constitue le bonheur quotidien des hommes, il se sent devenu un « loup des steppes » inapte à frayer avec ses semblables, de plus en plus solitaire et voué à l'isolement. Il n'entrevoit qu'une solution : se tuer, mais la peur de la mort l'empêche soudain de rentrer chez lui mettre son dessein à exécution. Il erre dans la ville. A l'Aigle noir, il rencontre Hermine, son homologue féminin qui a choisi la pratique de ces plaisirs que lui-même a fuis. Elle le contraint à en faire l'apprentissage : c'est une véritable initiation à la vie, une quête troublante pour découvrir le difficile équilibre entre le corps et l'esprit sans lequel l'homme ne peut atteindre sa plénitude.

RESSENTI


Chacun des personnages principaux de ce livre se retrouve confronté à un complexe paradoxe, qu’il transcende, guidé par une profonde intuition et bercé par cette atmosphère si particulière de la métaphysique, qui allie théologie et philosophie.
Car l’homme, pour Hermann Hesse, semble être prototype, dessein en perpétuelle construction, dont les contours et les ombres sont tracés et gommés et retracés sans fin ; et ce de sa propre main. En ce sens, Hesse fait écho à l’idée de Nietzsche selon laquelle « l'homme est une corde tendue entre l'animal et le surhomme ». Hermann Hesse met en valeur le thème de la dualité de l’homme en en simplifiant la forme et le message parvient alors au lecteur dans une grande clarté.

D’autre part, le lecteur est amené à comprendre les enseignements présentés par l’auteur à travers le vécu des personnages, et de manière simultanée à leur propre évolution. C’est en réalité comme si l’on vivait à travers eux, comme si l’on était eux d’une certaine manière, et leurs expériences deviennent alors entièrement nôtres. Le lecteur plonge, son environnement n’est plus, et il est seul face à ces expériences imposées. La lecture devient alors initiatique, nous sommes disciples et l’expérience est maîtresse ; la théorie s’efface pour laisser place à la littérature vivante.

Je classerais plus ce livre dans la catégorie " psychanalyse " que dans celle d'un roman à proprement parlé.

P.S. Ce livre est toujours sous ma table de nuit car je le reprends fréquemment

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Sapho
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Re: Hermann Hesse

Message  Arun le Mer 2 Sep 2015 - 19:31

Merci Sapho pour tes ressentis ! je vais le commander très vite, il m’intéresse ! tout comme toi,  il restera sans doute posé longtemps sur ma table de chevet ...  

Je reviens en "parler" encore plus tard car le sujet est inépuisable ! là, je n'ai plus le temps, j'ai trop traîné ce soir ! Smile

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Re: Hermann Hesse

Message  Arun le Jeu 3 Sep 2015 - 16:24

Je l'ai acheté ce matin ... Smile

Le loup des steppes


Ce roman à la facture originale raconte l' histoire d' un homme érudit et solitaire, inadapté à la société. Le style est d' une grande diversité, poésie, traité philosophique, récit fantastique. Toutes les richesses du langage sont convoquées pour décrire cet "homme-loup" et nous immerger dans le théâtre magique, lieu de toutes les extravagances et initiation à l' hédonisme pour le héros.

Biographie de Hermann Hesse
L'écrivain de langue allemande Hermann Hesse est né en 1877 dans le Wurtemberg, à Calw. Fils de missionnaires qui le destinaient à devenir pasteur, il s'enfuit en 1892 du couvent de Maulbronn et se forme seul tout en exerçant divers métiers. En 1899, il s'établit en Suisse et publie divers ses premiers poèmes ainsi qu'un roman, Peter Camenzind (1904), vite remarqués. Philosophe presque autant que poète et romancier, Hermann Hesse aspire à une civilisation idéale où il y ait équilibre entre spiritualité et animalité.
Ce désir de conciliation des contraires se retrouve dans toute son œuvre : Gertrude (1910), Le Loup des steppes (1927) que l'on peut considérer comme le tout premier roman existentialiste, Narcisse et Goldmund (1930), Le Jeu des perles de verre (1943), Le Voyage en Orient, L'Ornière. Naturalisé en Suisse en 1921, lauréat du Prix Nobel en 1946, Hermann Hesse est mort en 1962 à Lugano.


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Re: Hermann Hesse

Message  Sapho le Jeu 3 Sep 2015 - 18:55

Je suis sûre qu'il va beaucoup te plaire ce livre ma chère ARUN ! study study
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Re: Hermann Hesse

Message  Arun le Lun 14 Sep 2015 - 19:56

Je le dissèque lentement avec grand plaisir ! study


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Re: Hermann Hesse

Message  Arun le Mer 16 Sep 2015 - 7:51

Je continue avec "Le loup des steppes", très long à assimiler. Harry Haller, narrateur, ne se sent pas en phase avec la société des années 20. Il est le loup des steppes, animal solitaire, qui ne parvient pas à vivre avec ses contradictions. Il s’installe dans une pension typiquement bourgeoise avec logeuse et escalier ciré alors qu’il hait l’ordre établi et « cette santé, ce confort, cet optimisme soigné, ce gras et prospère élevage du moyen, du médiocre et de l’ordinaire« .
A la faveur de rencontres fortuites, à la limite du fantastique, il effectue un voyage intérieur qui lui permettra d’explorer les divers moi qui l’habitent. Le Loup des steppes, homme cultivé, esthète et philosophe, méprise les mondanités et les faux semblants alors qu’Harry est attiré par le clinquant, aime le confort et les femmes. Y a-t-il une place sur terre pour un tel homme ? Y a-t-il tout simplement une place pour l’être humain ?

Quelques extraits

Le bourgeois, lui, cherche à garder le milieu modéré entre ces deux extrêmes. Jamais il ne s'absorbera, ne s'abandonnera ni à la luxure ni à l'ascétisme; jamais il ne sera un martyr, jamais il ne consentira à son abolition : son idéal, tout opposé, est la conservation du moi; il n'aspire ni à la sainteté ni à son contraire, il ne supporte pas l'absolu, il veut bien servir Dieu, mais aussi le plaisir; il tient à être vertueux, mais en même temps à avoir ses aises. Bref, il cherche à s'installer entre les extrêmes, dans la zone agréable et tempérée, sans orages ni tempêtes violentes, et il y réussit, mais aux dépens de cette intensité de vie et de sentiment que donne une existence orientée vers l'extrême et l'absolu.


Réfléchir une heure, rentrer chez soi un instant et se demander combien on est responsable soi-même du désordre et de la méchanceté dans le monde, cela, nul n'y consent ! Donc, tout se poursuivra comme toujours, et des milliers de gens préparent tous les jours avec zèle la guerre prochaine. Depuis que je le sais, je suis paralysé et désespéré, il n'y a plus pour moi de "patrie" et d'idéal, décors truqués, bons pour les messieurs qui travaillent à un nouveau massacre. A quoi bon penser, dire, écrire quelque chose d'humain, remuer dans sa tête des idées meilleures - pour deux ou trois hommes qui le font, il y a, jour après jour, des milliers de jounaux, de revues, de discours, de séances publiques et secrètes qui recherchent et obtiennent tout le contraire !
- Oui, dit-elle, tu as raison [...] La lutte contre la mort [...] est toujours une chose belle, magnifique et respectable, de même que la lutte contre la guerre. Mais c'est en même temps du don-quichotte dans issue.
- Peut-être, m'écriai-je violemment, mais, avec des vérités comme celles-ci : que nous mourrons tous et que, par conséquent, on peut se moquer de tout, on rend toute vie plate et bête. Faut-il donc tout abandonner [...]
[...]
Eh oui ! J'avais souvent ressassé ces réflexions, nons sans éprouver de temps en temps la soif violente de contribuer, moi aussi, une bonne fois, à modeler la réalité, à agir en être sérieux et responsable, au lieu d'évoluer éternellement dans l'estéthique et les idéologies. Mais cela finissait toujours par la résignation, par l'acceptation de la fatalité.




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Re: Hermann Hesse

Message  Sapho le Mer 16 Sep 2015 - 11:45

J'apprécie beaucoup les extraits que tu proposes chère ARUN; je suis totalement en phase avec ce qu'il dit et si j'avais su écrire aussi bien que lui,c'est  ce que j'aurais pu écrire moi-même.
Ce livre est toujours lui aussi dans ma table de nuit!

Merci de nous le faire apprécier study study merci messages panca merci messages panca
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