Haruki Murakami

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Haruki Murakami

Message  Arun le Sam 27 Sep 2014 - 16:04

J'ai craqué pour le dernier Murakami ! Un vrai bonheur ! J'en suis à un peu plus de la moitié (près de 400 pages, 370 exactement).

Pour l'instant je propose une petite critique de Télérama, j'ajouterai les miennes lorsque j'en aurai achevé la lecture.

Mais je reste enthousiasmée toujours par son écriture si particulière !


L'Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage

Un homme subit un cataclysme intérieur puis renaît à la vie. Une œuvre dense écrite après Fukushima

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Derrière le titre à rallonge de ce nouveau Murakami se cachent les habituelles marottes de l'écrivain, ces petits cailloux qu'il a semés de livre en livre, entraînant à sa suite une cour de lecteurs infatigables et confiants. Incolores, ses personnages l'ont toujours été. Loin de les rendre caméléons, leur transparence fait d'eux des puits de lumière naturelle, éblouissante, des phares dans la nuit de toute existence. Attachant un soin très méticuleux à ce qu'ils ingurgitent (ici, du café moulu par un petit appareil électrique), ultrasensibles aux compositions vestimentaires (au point que la citation obsessionnelle des marques semble parfois friser la publicité clandestine), solitaires et faussement désabusés, ils sont ancrés dans la vie concrète, et pourtant toujours ils lévitent. Tsukuru ne déroge pas à la règle. Mystérieusement exclu de son groupe d'amis lycéens (deux garçons, Bleu et Rouge, deux filles, Blanche et Noire) où il avait réussi à s'intégrer malgré l'absence de couleur dans son nom, Tsukuru noie son chagrin dans l'isolement le plus radical. Comme le héros de Chroniques de l'oiseau à ressort, qui disparaissait dans un puits, il s'enterre au fond d'une fosse, dans un paysage post-nucléaire hérissé de rochers, et il attend l

Premier roman de Murakami écrit après Fukushima, ce livre raconte un cataclysme intime source de régénération, une paralysie suivie d'une renaissance, une sidération engendrant une soif de voir au plus profond des êtres. Réduit à néant par les amis qui étaient sa raison d'être, Tsukuru met seize ans à refaire surface, plus clairvoyant que jamais. Ce sont elles, les années de pèlerinage du titre, en même temps qu'un clin d’œil à Frantz Liszt, qui composa une œuvre pour piano du même nom. L'air limpide, joué par Lazar Berman, puis par Alfred Brendel, accompagne la quête de Tsukuru, comme souvent chez Murakami, mélomane sensible aux chromatismes et aux échos. Son roman est composé comme la partition de Liszt, ses phrases simples et pudiques rappellent le phrasé lent et dépouillé du piano joué à une seule main, les jeux de miroirs entre les personnages évoquent les motifs répétitifs et lancinants de la mélodie lisztienne.

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Re: Haruki Murakami

Message  Admin le Mar 7 Oct 2014 - 15:43

Depuis quelques jours j'ai achevé la lecture de " L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage "

Derrière le titre à rallonge de ce nouveau Murakami se cachent les habituelles marottes de l'écrivain, ces petits cailloux qu'il a semés de livre en livre, entraînant à sa suite une cour de lecteurs infatigables et confiants. Incolores, ses personnages l'ont toujours été.

On retrouve au fil des quatre cent pages du roman tous les tics et obsessions de l’auteur. Murakami y glisse des références au jazz, à la musique classique, aux grands auteurs français. Il décrit des rêves pas vraiment prémonitoires, des rencontres un peu fantastiques…

Et comme souvent chez lui, ce qu’il vit n’a en apparence absolument rien d’exceptionnel. Ce Tsuruku est même ce que l’on peut considérer comme un citoyen moyen, qui, sans être complètement désocialisé, est souvent seul et s’entretient physiquement à la piscine. Il a la chance de faire un travail dont il rêvait petit mais qui ne le comble pas tout à fait non plus. C’est typiquement le genre de personnages que Murakami affectionne. Pourquoi ? Parce que, justement, c’est ce qui se passe à l’intérieur de l’esprit de cet homme qui va devenir le cœur du roman, qui se transforme en une sorte d’enquête intime d’un protagoniste qui, après avoir vécu un choc terrible, essaiera de se reconstruire afin de retrouver une paix intérieure. Et c’est là que l’écrivain est absolument formidable car il nous fait pénétrer dans l’esprit de Tsuruku dont on comprend le ressenti et les émotions. On a le sentiment que Murakami sait vraiment de quoi il parle lorsqu’il évoque cette douleur très profonde. Et on va espérer avec cet homme comprendre ce qu’il s’est passé pour que ce groupe de cinq amis qui constituait presque toute sa vie devienne ce qui l’a fait dépérir si longtemps. Comme dans toute enquête, Tsuruku devra repartir sur les lieux du « crime » et interroger les témoins, même ceux qui se trouvent à près de douze heures d’avion. D’ailleurs, les chapitres en Finlande sont étonnants car c’est (il me semble) la première fois que Murakami s’aventure en dehors du Japon, mais il le fait avec le même sens de l’observation et la même justesse dans l’écriture.

Car Murakami a toujours cette faculté assez exceptionnelle à écrire à la fois très simplement, en faisant passer toutes les idées qu’il souhaite mais en gardant une vraie poésie dans son style. Personnellement j’adore son écriture, jamais abondante mais toujours efficace et épurée. Il y a dans ce "L’incolore Tsukuru"… une vraie mélancolie qui se dégage et même, à quelques moments, une certaine dureté puisque c’est un roman dont le thème principal reste le sentiment d’abandon. L’amour est toujours présent, en filigrane (Murakami ne peut pas faire autrement) mais c’est bien la perte de l’amitié qui est au cœur de tout et qui déclenche cette enquête interne qui débouchera sur une fin assez extraordinaire, comme l’auteur sait nous les faire : ouverte sur beaucoup de possibles et à la fois concluant magistralement son œuvre. Sans doute ce livre n’est-il pas à mon sens aussi fort que "La ballade de l’impossible" (notamment du fait de la place accordée à l’amour) mais il développe un autre sentiment tout aussi fort, souvent présent dans les livres de l’auteur mais qui, ici, est mis en avant de façon magnifique (l'amitié). Ce livre est un régal et il pourrait même convertir de nouveaux adeptes à la lecture de celui qui est aujourd’hui presque un dieu vivant dans son pays !

« - J’avais peut-être peur d’aimer une femme sérieusement, qu’elle ne me devienne indispensable. Peur qu’un beau jour, soudain, sans aucun préavis, elle ne disparaisse je ne sais où, et que je me retrouve seul en fin de compte.
- Par conséquent, consciemment ou inconsciemment, tu as toujours observé une certaine distance avec tes partenaires. Ou alors tu as choisi des femmes qui posaient elles-mêmes cette distance. Pour ne pas être blessé à la fin. C’est bien ça ?
Tsukuru ne répondit rien. Son silence signifiait qu’il était d’accord. Mais en même temps, il savait qu’ils n’avaient pas touché le cœur du problème.»

Encore une fois, Murakami fait très fort avec son nouveau roman. Revenu à quelque chose de moins « fantastique » que ses dernières œuvres (Kafka sur le rivage ou 1Q84), il retrouve son incroyable capacité à sonder les tréfonds de l’âme d’un homme tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Et dans ce réalisme, il excelle une nouvelle fois, parvenant à provoquer l’émotion dans une dernière partie assez formidable.
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Re: Haruki Murakami

Message  Arun le Lun 13 Avr 2015 - 19:04

Je relance le sujet, car très beau dernier roman de Murakami ... Un livre magnifique sur la nostalgie d'un temps. Une recherche du temps "perdu" ou une quête de soi. Votre liste va s'allonger je sais ! Very Happy

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La course au mouton sauvage

Message  Sapho le Dim 24 Mai 2015 - 15:44

Je viens de terminer magnifique livre intitulé : LA COURSE AU MOUTON SAUVAGE

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RESUME


A Tokyo, un jeune cadre publicitaire mène une existence tranquille. Il est amoureux d’une jeune fille par fascination pour ses oreilles, est l’ami d’un correspondant qui refuse de lui donner son adresse pour de confuses raisons..., jusqu’au jour où cette routine confortable se brise. Pour avoir utilisé une photographie apparemment banale où figure un mouton, sa vie bascule. Menacé par une organisation d'extrême droite, il va se mettre en quête de cet animal particulier, censé conférer des pouvoirs supranaturels…
L’écriture de Murakami, à mi-chemin entre réalisme et fantastique, par son inventivité et son humour, place ce roman dans un univers qui paraît ne rien devoir aux classiques japonais. Son auteur est sans aucun doute l’un des représentants les plus originaux de la littérature nippone contemporaine.

QU'EN DIRE?


L'action se déroule à Tokyo puis lors de la fameuse "course" le récit se transporte à Hokkaidō, l'île la plus septentrionale de l'archipel japonais. Le voyage est fascinant, oscillant comme toujours avec Murakami entre réalisme brut et touches fantastiques voir surréalistes. Le style reste simple, épuré à la japonaise mais cependant dense en terme de caractérisation des lieux et des personnages. L'immersion est totale surtout que cette enquête étonnante est racontée à la première personne. Par petites touches, l'histoire se dévoile mais chacun devra imaginer ce qui remplit les zones de brumes. Plus original par rapport à mes lectures précédentes de Murakami, ici l'auteur distille par ci par là quelques éléments explicatifs sur l'histoire des lieux et plus farfelu, sur les moutons!

Ce roman est une fois de plus une belle expérience de lecture navigant entre policier et onirisme avec un humour parfois mordant et de belles métaphores sur l'existence humaine. Conte déviant, cruel à l'occasion, La Course au mouton sauvage est encore une preuve du génie Murakami en action. Pour information, sachez que ce volume fait partie d'une trilogie dont les premiers tomes ne sont pas traduits car l'auteur se refuse à le faire. Rien de gênant à cela, ce livre se lit totalement indépendamment et procure un plaisir extrême si on est adepte des œuvres fascinantes qui déroutent et entraînent leur lecteur dans des contrées fort fort lointaines...


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Re: Haruki Murakami

Message  Sapho le Dim 24 Mai 2015 - 15:50

Citations du livre :


"Elle dormait, les bras croisés, en face de moi. Le soleil de ce matin d’automne jetait à travers la fenêtre un léger voile sur ses genoux. Un papillon de nuit venu dont ne sait où voltigeait aux alentours comme un bout de papier tremblant dans le vent. Le papillon se posa bientôt sur son sein, s’y reposa quelques instants avant de repartir comme il était venu. Le papillon disparu, j’eus l’impression qu’elle avait imperceptiblement vieilli."

"un écrivain russe disait que, si le caractère pouvait s'altérer quelque peu, la médiocrité demeurait identique pour l'éternité."


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Re: Haruki Murakami

Message  Arun le Dim 24 Mai 2015 - 15:55

Est-ce le dernier ? je suis dépassée, je ne l'ai pas vu !!! Embarassed scratch il faut que me le procure à tout prix !!!! study

Merci Sapho, je ne vais pas tarder à le lire, ton résumé m'interpelle terriblement !!! bounce bounce bounce
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Re: Haruki Murakami

Message  bergamote le Dim 24 Mai 2015 - 17:16

je ne connais pas du tout mais ce compte-rendu est alléchant ! merci Sapho et Arun !je note !
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Re: Haruki Murakami

Message  Arun le Dim 24 Mai 2015 - 18:32

Arun a écrit:Est-ce le dernier ? je suis dépassée, je ne l'ai pas vu !!!

Embarassed Un ancien, je ne le connaissais pas celui-là, il faut dire que je n'ai pas lu tout Hurakami, ce qui fait qu'il m'en reste un peu à lire, pas plus mal ! Encore merci Sapho pour l'info et le partage ! bisou
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Re: Haruki Murakami

Message  Sapho le Dim 24 Mai 2015 - 18:54

Tu t'es répondu toute seule ARUN. Effectivement, c'est l'un de ses premiers livres ! study study study

Il va te plaire, j'en suis sûre !!


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Re: Haruki Murakami

Message  Arun le Jeu 3 Mar 2016 - 17:24

J'ai finalement craqué pour le dernier Murakami ... à suivre ! study
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Re: Haruki Murakami

Message  Arun le Ven 4 Mar 2016 - 15:33

Le dernier Murakami


"Evénement ! Après trente-sept ans, Haruki Murakami autorise enfin la publication de ses deux premiers romans, "Écoute le chant du vent", lauréat du prestigieux prix Gunzo 1979, suivi de "Flipper, 1973", tous deux jusqu'ici inédits en France. Enfin traduits et réunis en un seul volume, précédés d'une préface de Murakami qui en explique la genèse, ils composent les deux premiers tomes de la « trilogie du Rat », que clôt "La Course au mouton sauvage".

Extrait de la préface :
"J'écrivais toujours sur la table de la cuisine, tard dans la nuit, jusqu'au petit matin. C'est la raison pour laquelle je nomme ces deux romans « écrits sur la table de la cuisine ». Avec beaucoup d'amour et une certaine gêne...
Pour rien au monde je ne voudrais les changer. Un peu comme de très vieux amis. Peut-être que je ne les rencontrerai plus, que je ne leur parlerai plus, mais il est certain que jamais je ne les oublierai. Ils sont précieux pour moi, irremplaçables. Ils m'encouragent, me réchauffent le cœur."


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Mon avis :

Je l'ai "avalé" en deux jours ! au départ, il faut suivre car les tableaux s’enchaînent semblant décousus ! mais c'est bien le style de Murakami qui  m'enchante et dans lequel je me fonds d'instinct. On rêve avec lui, on chante avec lui, on philosophe avec lui, on spleen avec lui, on découvre l'univers étrange des jumelles et des flippers. On suit avec curiosité le parcours du Rat ... parfois même, certaines de ses pensées et de ses réflexes me semblent étrangement familiers. Le tout teinté de l'univers poétique propre à ses écrits ! Et lorsqu'enfin la dernière page du livre s'achève on regrette que cela soit déjà terminé ! évidemment Sapho ainsi que celles et ceux qui restent inconditionnels de l'univers de Murakami, je recommande chaudement ce dernier cru !

Mais comme je l'ai compris la suite serait justement celle du "La course au mouton sauvage" que tu proposes plus haut Sapho ! que je vais évidemment m'empresser de commander rapidement.

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Re: Haruki Murakami

Message  bergamote le Mer 9 Mar 2016 - 13:30

j'ai toujours sous le coude  "la course au mouton sauvage"  je n'arrive  pas à  y entrer  ! mais je ne désespère  pas  Very Happy

mais par contre j'ai lu Kafka sur le rivage

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Un adolescent, Kafka Tamura, quitte la maison familiale de Tokyo pour échapper à une malédiction œdipienne proférée par son père. De l'autre côté de l'archipel, Nakata, un vieil homme amnésique, décide lui aussi de prendre la route. Leurs deux destinées s'entremêlent pour devenir le miroir l'une de l'autre, tandis que, sur leur chemin, la réalité bruisse d'un murmure envoûtant. " Sous la baguette d'un enchanteur qui puise ses sortilèges dans les pires noirceurs de la condition humaine, Kafka sur le rivage est le roman le plus ambitieux, le plus envoûtant de Murakami. " André Clavel, Lire Traduit du japonais par Corinne Atlan

Mon avis

Un gros roman pour les novices de la littérature japonaise que je suis.
J’ai, je l’avoue eu des hauts et des bas à cette lecture, mais cela ne vient que de moi. Des personnages attachants, Nakata entre autres, et puis des personnages réels ? irréels ? Des chats qui parlent à l’homme ?( j’ai d’ailleurs trouvé ce passage très beau )
Pourquoi ne me suis-je pas enflammée ? je pense que ce roman traite d’un sujet qui me dépasse sans doute, moi qui suis très pragmatique.
Je n’ai pas pu me laisser prendre tout en reconnaissant qu’il est très bien écrit.
Voilà !
Je suis désolée pour ceux qui ont aimé mais surtout qu’ils ne se fâchent pas car je ne peux vraiment pas dire : je n’ai pas aimé mais à l’inverse, je ne peux pas dire non plus : j’ai aimé.

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Re: Haruki Murakami

Message  Arun le Mer 9 Mar 2016 - 18:27

Alors comme je l'explique dans le bar Berga, j'ai pris également "Kafka sur le rivage"à la médiathèque ... pour l'instant je dévore "la course au mouton sauvage" !

Je suis une inconditionnelle de Murakami justement à cause de la poésie, du rêve et de l'originalité qui se dégage de ses écrits. Également,  j'aime son écriture sans réserve aucune. C'est ainsi, mais je conçois très bien que tu n'adhères pas forcément à son écriture, quoique par rapport à l'humour décalée et parfois noir que tu portes dans tes écrits j'aurai pu croire
que tu apprécies ce genre ...

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Re: Haruki Murakami

Message  Arun le Mer 9 Mar 2016 - 18:55

Allez je t'encourage à le sortir du coude ... Very Happy
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Re: Haruki Murakami

Message  Arun le Mer 9 Mar 2016 - 19:00

Désolée Berga ! peux-tu reposter ton denier commentaire ! j'ai du le supprimer car un contenu sponsorisé s'est glissé lorsque l'on regarde hors connexion ! j'ai du réinstaller hadblock mon anti pub ! zut et zut. Encore toutes mes excuses, d'autant que je t'encourageais à sortir le mouton du coude !
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Re: Haruki Murakami

Message  bergamote le Mer 9 Mar 2016 - 20:08

rires !! je disais justement que je n'avais pas fermé les portes et que je lirai cet auteur Very Happy
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Re: Haruki Murakami

Message  Arun le Mer 9 Mar 2016 - 20:09

Merci Berga ! bonne soirée à toi ! Very Happy
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Re: Haruki Murakami

Message  Arun le Jeu 10 Mar 2016 - 19:13

Terminé"la course au mouton sauvage" de Murakami.

Ce que j'en pense :

On apprend beaucoup sur les différentes races de moutons dans ce roman ! l’écriture est toujours aussi belle, aussi fascinante,  aérienne, poétique et terriblement prosaïque en même temps. Lorsque l’irréalité entre dans le récit, c’est comme une métaphore, pour expliquer la passion du pouvoir qui dévore certains êtres humains les faisant ressembler à des animaux qui luttent pour la position dominante. Haruki Murakami, comme à son habitude, crée une galerie de personnages étranges : le chauffeur qui téléphone à Dieu, l'homme-mouton, un fantôme ... On aime ou on n'aime pas Murakami, ceux qui attendent d'un roman qu'il délivre toutes les clés qui le referment seront certainement déçus, les autres comme moi, ressentiront encore cette résonance forte qui les guide du début à la fin des romans de Murakami. Je n'en dirai pas plus pour l'instant au cas où Berga le sortirait du coude ...

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Re: Haruki Murakami

Message  Arun le Lun 14 Mar 2016 - 17:02

Voila, j'ai fini hier "Kafka sur le rivage". Je me suis aperçu au tiers du roman, que, évidemment je l'avais déjà lu !!! mais ne me souvenant pas de tout j'ai eu envie de le relire et de continuer jusqu'au bout ! je comprends très bien que ce n'est pas forcément ta tasse de thé Berga. J'ai apprécié cependant que tu donnes ton avis avec franchise. Et puis, tu n'étais pas tout à fait contre ...

Entre poésie, philosophie et psychanalyse concernant la vie, la vie, la mort je n'ai pu qu'apprécier une fois de plus ce roman que je qualifierai d'initiatique ! Murakami nous propose un voyage au pays de la littérature japonaise, occidentale, et nous invite à goûter au pouvoir onirique de la musique classique. Dans un style fluide, l'auteur japonais étudie les tourments de l'âme humaine et s'immisce dans nos propres turpitudes. Il se fait habile alchimiste ! tentant à travers les mots, de trouver la porte d'entrée "la pierre de l'entrée" entre le monde matériel et le monde spirituel ... départ pour un voyage qui se transforme en étrange périple dans une forêt d'outre-tombe, un parcours hallucinant ou je me suis à nouveau immergée ! une grâce rare se mêle à ce récit. Sapho, et d'autres qui visitez ce forum, qui appréciez cet auteur, je vous le recommande chaudement !

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Re: Haruki Murakami

Message  bergamote le Lun 14 Mar 2016 - 17:07

tu en parles avec beaucoup d'enthousiasme
qui sait un jour je me laisserai tenter pour l'instant, j'y suis un peu insensible. Disons que le monde asiatique ne m'attire pas du tout que ce soit en peinture, en écriture il n(y a que leur cuisine que j'adore Very Happy je plaisante mais i lest vrai qu'il y a comme un rejet de ma part et je trouve que je passe sans doute à côté de très jolies choses.


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Re: Haruki Murakami

Message  Arun le Ven 18 Mar 2016 - 18:37

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Je viens de le commencer, celui-ci je suis certaine de ne pas l'avoir lu, le début semble prometteur ... à suivre donc !

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Re: Haruki Murakami

Message  Sapho le Sam 19 Mar 2016 - 15:56

J'ai lu tous les livres de MURAKAMI l'un de mes auteurs asiatiques préférés, sauf le dernier dont j'attends la sortie en livre de poche.

Pendant les vacances j'ai lu : LA BALLADE DE L'IMPOSSIBLE


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RESUME

Dans un avion, une chanson ramène Watanabe à ses souvenirs. Son amour de lycée pour Naoko, hantée comme lui par le suicide de leur ami, Kizuki. Puis sa rencontre avec une jeune fille, Midori, qui combat ses démons en affrontant la vie. Hommage aux amours enfuies, le premier roman culte d'Haruki Murakami fait resurgir la violence et la poésie de l'adolescence.

Œuvre d'une ampleur exceptionnelle, placée sous le parrainage de Salinger et Fitzgerald, La Ballade de l'impossible est le livre qui a révélé Haruki Murakami. Un superbe roman d'apprentissage aux résonances autobiographiques, dans lequel l'auteur fait preuve d'une tendresse, d'un charme poétique et d'une intensité érotique saisissants. Au cours d'un voyage en avion, le narrateur entend une chanson des Beatles : " Norwegian Wood ". Instantanément, il replonge dans le souvenir d'un amour vieux de dix-huit ans. Quand il était lycéen, son meilleur ami, Kizuki, s'est suicidé. Kizuki avait une amie, Naoko. Ils étaient amoureux. Un an après ce suicide, le narrateur retrouve Naoko. Elle est incertaine et angoissée, il l'aime ainsi. Une nuit, elle lui livre son secret, puis disparaît...

MON RESSENTI


              J’aime le fait que Murakami nous mette face au suicide, à la folie, à la grande solitude, à la difficulté d’être au monde (une habitude il faut croire), aux pentes glissantes, dangereuses, âpres mais avec nuance, douceur, sans brutalité, dans une tendre musique mélancolique. Cette dernière a beau être peuplée de notes dissonantes, il a la volonté de nous montrer que cela fait partie de la vie, que les difficultés que l’on connaît tous viennent du simple fait de vivre et des injustices inhérentes à l’existence en soi (même s’il élude la possibilité qu’elles puissent provenir aussi d’un système économiquement injuste). Généralement, il l’exprime par l’intermédiaire d’un personnage racontant ce qu’il sait de la douleur ayant suivi un événement tragique (sauf quand Watanabe va voir le père mourant de Midori). Il impose ces difficultés existentielles à son héros pour le faire grandir, pour le faire sortir de lui-même, de son foyer, de ses habitudes et des barrières de protection qu’il avait lui-même érigées entre sa propre vie et le monde extérieur. Un vrai roman d’apprentissage.

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Re: Haruki Murakami

Message  Arun le Sam 19 Mar 2016 - 16:21

Oui Sapho, c'est l'un des meilleurs, je l'ai lu également. J'ai même pu visionner le film tiré du roman, qui n'est pas mal non plus, très belle adaptation, j'ai apprécié !  

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Re: Haruki Murakami

Message  Sapho le Sam 19 Mar 2016 - 16:29

Un soir, je vais prendre le temps de regarder ta vidéo car je n'ai jamais eu l'occasion de voir le film!

Merci pour ce beau partage ma chère Arun ! merci messages panca
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Re: Haruki Murakami

Message  Arun le Lun 21 Mar 2016 - 16:02

Chroniques de l’oiseau à ressort -  MURAKAMI Haruki

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Résumé

Toru Okada est un homme paisible. Depuis qu'il a quitté son emploi, il reste à la maison, fait ses courses, nage à la piscine, lit et se repose. Son épouse Kumiko, salariée dans une maison d'édition a accepté cette situation et n'y voit guère de reproches à faire. Tous deux louent la maison de l'oncle de Toru, à l'écart de la ville, dont la particularité est, qu'au fond du jardin, se trouve une allée commune aux autres maisons mais dont il faut escalader le mur pour y accéder.
C'est en cherchant son chat disparu depuis quelques jours que notre narrateur emprunte pour la première fois cette drôle de ruelle; à cet endroit il entend un chant étrange:
"J'entendais le cri régulier d'un oiseau, ki, kii, kiii, provenant des bosquets du voisinage, on aurait dit qu'il remontait un ressort (...) Je ne sais même pas à quoi il ressemblait. Mais ce volatile en avait cure, et venait tous les jours remonter les ressorts de notre petit monde paisible."
Au fond, se trouve une maison abandonnée dont le jardin a la particularité d'avoir un puits à sec. Toru se sent attiré par ce "gouffre", ce lieu de silence opaque et noir:
"Ce puits semblait abandonné depuis pas mal de temps comme tout ce qui se trouvait dans le périmètre de cette maison. Une sorte d'engourdissement généralisé semblait régner sur ces lieux. Peut être les objets inanimés devenaient-ils plus animés encore quand il n'y avait plus personne pour poser le regard sur eux."
Retrouver le chat devient secondaire, mais explorer le puits devient essentiel...

Très vite, le quotidien bien routinier de Toru semble  se fragmenter: son épouse disparaît du jour au lendemain sans raison apparente, les sœurs Malta et Creta Kano font leur apparition et entrent dans la vie de notre narrateur, enfin, la jeune voisine May Kasahara, semble elle aussi subjuguée par le puits.
"Comme si une force extraordinaire puissante avait arrêté le mouvement naturel des choses et forcé cet endroit à stagner", Toru sait qu'il doit aller au fond du puits pour trouver des réponses à ses questions. Enfermé là par sa voisine, sans aucune possibilité de remonter, Il fait l'étrange expérience du dédoublement de son être:
"Mon corps perdait progressivement de sa densité et de son poids, tel le sable emporté peu à peu par le courant (...) Et si mon corps n'était qu'une coquille provisoire destinée à abriter ma conscience? (...) Quelle étrange sensation pour moi d'être incapable de voir mon propre corps, alors qu'il était censé être là. Tandis que je restais immobile au milieu de l'obscurité, je devenais de moins en moins sûre de mon existence réelle."


Dans les ténèbres, Toru voit des choses, entend des voix, traverse la paroi pour se trouver dans un autre lieu. Quand enfin, il arrive à remonter du puits, une tâche bleue indélébile apparaît sur sa joue, ses certitudes ont vacillé, et il pense avoir une piste pour retrouver son épouse:
"La vérité n'est pas forcément dans la réalité, et la réalité n'est peut-être pas la seule vérité."

Chroniques de l'oiseau à ressort est un roman inclassable, dense, opaque et clair à la fois. Il est le symbole de l'univers de Murakami, le va et vient constant entre le monde réel et celui fantasmé. Les personnages secondaires sont à la fois bien présents et symboliques.

La frontière entre les deux mondes est ténue; le puits est le chemin pour y accéder. Il faut libérer sa conscience pour trouver le monde englouti qui existe en chacun de nous, cet angle mort qui permettrait d'être réellement soi-même.
"Il y a une sorte de faille entre ce que je pense être la réalité, et ce qui est vraiment la réalité. J'ai l'impression que quelque chose se cache à l'intérieur de moi. Comme un cambrioleur entré dans la maison qui resterait dissimulé dans le placard. Parfois il sort et trouble mon ordre et ma logique intérieurs. De la même manière qu'un champ magnétique dérègle une machine."
Ainsi, la communauté, les gens, deviennent "une masse informe et vague", tandis que le nouvel entourage de Toru est bien présent.

Mon avis :


Avec des allers retours dans le passé, le récit s'épaissit encore. En effet, tout à une signification: la perte du chat, le cri de l'oiseau, Kumiko disparue, la tâche bleue, la boîte de Mr Honda... La vérité est ailleurs, mais c'est le frère de l'épouse disparue, l'étrange Noboru Wataya, un "homme insaisissable" qui tire apparemment les ficelles de cette étrange aventure.
"Chaque fois que l'oiseau à ressort venait remonter les ressorts dans mon jardin, l'état de confusion du monde s'accentuait.(...) Son cri, audible seulement à certaines personnes, guidait ceux qui l'entendaient vers d'inéluctables catastrophes. Dans le monde de l'oiseau à ressort le libre arbitre n'avait aucun sens."

Finalement, ne serions nous pas que "de simples poupées mécaniques" dont les volontés seraient guidées par des forces supérieures? Ce roman ne donne aucune réponse; il est le témoignage d'une situation lambda, le basculement dans le fantastique, la possibilité d'une autre vérité, bref l'univers entier de Murakami que l'on reconnaît bien là !

Malgré quelques longueurs relatives aux guerres sino-soviétiques, aux détails parfois insoutenables, j'ai été une fois de plus, subjuguée par ce nouveau récit initiatique !

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Arun
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Re: Haruki Murakami

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