Henri Gougaud

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Henri Gougaud

Message  Arun le Ven 7 Oct 2016 - 15:01


A lire ou relire si vous ne l'avez point lu, ce fabuleux roman initiatique de Henri Gougaud ... je l'ai lu et relu, un livre magnifique qui fait voyager dans toute l'Amérique latine jusqu'en Espagne et pour la finale Paris. J'ai beaucoup apprécié !

Résumé :
Luis A. n'est pas un personnage de roman mais un homme
bien vivant, même s'il tient à rester anonyme. Ce livre raconte son histoire, de sa lointaine enfance argentine aux événements qui l'ont conduit aux portes de la France, où il demeure aujourd'hui.

II a quitté très tôt la maison de son père, à Côrdoba, au pied de la Sierra Grande. Sa mère venait de mourir, loin de lui, une nuit d'orage. C'était une Indienne Quechua, et le seul être aimé de sa jeune existence. II a refusé l'insupportable.

II a préféré imaginer qu'elle avait fui la ville, qu'elle était allée rejoindre son peuple, dans la montagne. II est donc parti à sa recherche. C'est ainsi qu'il s'est retrouvé sur le chemin de l'impossible, le seul qui vaille aux yeux des fous de vie.

II a connu, bien sûr, l'omniprésente misère des enfants perdus. Puis un jour, le hasard-qui-n'existe-pas a voulu qu'il rencontre El Chura, le gardien des ruines de Tiahuanaco, l'homme au plumage de renard. El Chura était un sorcier.

Un chaman. II l'a instruit, puis il l'a poussé vers d'autres lieux, à la poursuite des pierres vivantes et des sept plumes de l'aigle où sont les sept secrets de la vie. Son errance fut longue, étrange, tourmentée.

D'autres maîtres l'ont recueilli et l'ont guidé, don Benito, le vieux Chipés, le père Sébastian, des femmes aussi. Itinéraire où chaque rencontre, où chaque événement, même le plus trivial, fut un pas de plus vers I'« épice », vers « ce qui fait que la vie ne passe pas pour rien ».
J'ai écrit ce qu'il m'a confié de son aventureuse existence et de ses apprentissages. A la fin, il m'a dit : « Maintenant, que le vent emporte nos paroles, comme il emporte tout, pollen, poussière, feuilles mortes. Si elles ne sont que poussière, qu'elles retournent à la poussière. Si elles sont vivantes, qu'elles nourrissent la vie. » Et il est parti d'un grand rire.
La route continue...

" L’importance d’une parole se mesure à la place qu’elle prend durablement en chacun de nous, à ce qu’elle fait bouger en nous, à la terre intime qu’elle remue et fertilise. "Henri Gougaud

Je vous conseille le lien de son site : ICI


"Le mouton n'a pas mangé la rose et le Petit Prince n'est pas mort"

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Arun
Tour de contrôle


http://www.suzannephilippe.com

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Re: Henri Gougaud

Message  Sapho le Ven 7 Oct 2016 - 15:39

Livre initiatique de grand intérêt qu'il me plairait certes de lire un jour !Merci Arun de nous le signaler merci messages panca merci messages panca

Je connais Henri Gougaud surtout pour ses contes dont j'ai trouvé un exemple ici qui pourrait vous plaire :


Le chercheur de vérité

J'ai entendu cette parabole soufie. Elle parle d'un chercheur de vérité qui gravit patiemment la montagne, celle sur laquelle il espère trouver ce qu'il cherche. La paroi de cette montagne est abrupte, tant abrupte qu'il doit à chaque pas se tailler une marche dans le roc. Et ce roc est de telle sorte que chaque fois qu'il parvient à tailler une marche et à y poser le pied, la précédente s'effondre, si bien que toute retraite lui est à jamais interdite. Il parvient, à bout d'efforts, à la cime de la montagne. Sur sa tête, le vaste ciel. A ses pieds, les brumes de la terre. Et là, sur le sommet, une échelle couchée. L'homme la saisit, la dresse, mais où l'appuyer ? Il n'y a rien au-dessus de lui, que le ciel. L'enfoncer dans le roc ? Impossible. Que faire ? Il réfléchit, il prie peut-être. Il trouve. Il se met debout, il appuie l'échelle contre son dos. Et que se passe-t-il ? Vous avez deviné ? Un ange apparaît, en haut de l'échelle, et descend. Il descend en lui disant, je suppose : " Eh ben dis donc, ce n’est pas trop tôt, depuis le temps que je t'attends ! " Ceci pour vous dire que nous n'avons pas tout le chemin à faire. Nous devons grimper aussi haut que possible, et là, au sommet de nous-mêmes, attendre l'aide. L'ange. "


Mont du Chat Savoie. février 2016
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Sapho
Le sage ArtiLittere


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Re: Henri Gougaud

Message  Sapho le Ven 7 Oct 2016 - 15:46


Contes d'Henri Gougaud : Yamamba


Yamamba
Deux voyageurs dans la forêt piétinaient les hautes fougères. Ils ont du mal à cheminer. Il est midi mais le sous-bois ne veut rien savoir du soleil. Pour l’un, qu’importe, il est aveugle. Son compagnon lui tient le bras. Il le guide, tant bien que mal. Son œil est l’affût de tout, il frémit dès qu’un buisson tremble, car quelque part dans ces fourrés, il en est sûr, quelqu’un les guette. On l’a prévenu à l’auberge. Ces branches basses, sont hantées par une sorcière, la massacrante, l’horrifique, l’abominable Yamamba. Sa bouche est un four embrasé, son nez un monstrueux bec d’aigle. De ses yeux ronds comme des roues ruisselle du sang enflammé. Sa langue pend jusqu’à ses cuisses, elle s’en sert comme d’un battoir. Au bout de ses bras décharnés, des mains, croyez-vous ? Non des griffes.
- Mon frère dit l’aveugle, as-tu mal aux genoux ? Je te sens
grelotter. Parle-moi, tu m’inquiète.
L’autre ne peut le moindre mot, la terreur pétrifie ses membres. Yamamba, répugnante énorme, vient de sortir, là du brouillard, il la voit, aussi vraie que lui, elle s’approche, elle leur vient dessus.
Ces lèvres sont comme une plaie, elles se tordent, son regard bave, ses cheveux font fuir les oiseaux, ses pieds écrasent les buissons, elle n’est plus qu’à dix pas devant.
- Qu’elle fièvre te tient mon frère ? dit le compagnon sans
regard. Quel mal sournois ronge tes os ? Décidément, tu n’es pas bien. Je suis aveugle, mais qu’importe, je ne perdrai pas le chemin. Appuie-toi sur moi, je te guide, c’est bine mon tour. Prends mon bâton.
L’infirme entraîne son compère. Ils marchent droit sur Yamanba. Elle paraît surprise un instant, ravale sa langue, grimace, crache des cendres et des fumées. Le voyageur aux yeux fermés ne s’arrête ni ne recule. Alors elle se défait en lambeaux misérables parmi les arbres indifférents.

« Quand vient un monstre sur ta route ou quand tu imagines sombre un temps pas encore accouché, ce n’est pas la vie que tu vois, c’est le théâtre de ta peur. Alors ferme les yeux et ris de ta panique, ou résiste, car elle fait de toi un enfant effrayé par l’ombre d’un loup sur un rideau de saltimbanque. »




(Extrait du livre « Les voyageurs de l’aube » de Henri Gougaud.)
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Sapho
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